Etats-Unis: le patron d'une grande banque crée la polémique avec ses propos sur les Noirs

(AFP)

Le patron de Wells Fargo, une des plus grandes banques américaines, s'est excusé mercredi pour avoir récemment imputé l'absence de diversité dans son établissement à un manque de personnes noires qualifiées.

Dans un message adressé aux salariés de l'entreprise, Charles Scharf a tenté de faire amende honorable en regrettant d'avoir récemment fait "des commentaires dépourvus de tact" et reflétant ses "propres préjugés".

"Il existe de nombreuses personnes issues de la diversité talentueuses qui travaillent à Wells Fargo et dans le secteur des services financiers et je n'ai jamais voulu laisser entendre le contraire", ajoute le dirigeant, arrivé à la tête de Wells Fargo en octobre pour redorer la réputation de l'établissement ternie par un retentissant scandale de comptes fictifs et plusieurs autres affaires portant sur ses pratiques commerciales.

Les propos qui font polémique ont été tenus par M. Scharf dans un précédent message datant du 18 juin, consulté par l'AFP, en pleines manifestations aux Etats-Unis contre les violences policières envers les minorités et les injustices raciales suite à la mort, aux mains de la police, de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans.

Si la banque n'est pas parvenue à intégrer plus de diversité au sein de son comité opérationnel, y écrivait M. Scharf, c'est à cause d'un "vivier très limité de talents noirs avec l'expérience nécessaire".

Des commentaires qu'il aurait réitérés dans une conférence Zoom avec des salariés Afro-Américains de la banque au cours de l'été.

Leur publication mardi et mercredi a suscité de vives critiques.

"Peut-être que c'est le patron de Wells Fargo qui manque de talent pour recruter des salariés noirs", a réagi avec ironie sur Twitter l'étoile montante du parti démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, issue de la diversité.

Al Green, un autre élu démocrate, a jugé pour sa part que "nier l'existence de talents noirs qualifiés est une façon pour Wells Fargo de maintenir le statu quo et de ne pas répondre à la nécessité d'une plus grande diversité".

- Objectifs chiffrés -

Mercredi, M. Scharf a reconnu des torts, affirmant que le secteur bancaire n'avait "pas fait assez pour améliorer la diversité, en particulier au niveau de ses dirigeants".

La firme a bien promu quelques personnes issues de la diversité à des postes de direction ces derniers mois, mais elles restent encore largement minoritaires.

M. Scharf s'est engagé à en faire plus, en diversifiant par exemple les sources de recrutement ou en développant une formation de sensibilisation au racisme pour ses salariés.

Pour les postes payés plus de 100.000 dollars, le grand patron a aussi exigé que la liste des candidats comporte des femmes et des personnes issues des minorités.

Les personnes du comité opérationnel seront aussi évaluées et rémunérées sur leur capacité à faire progresser la diversité au sein de leurs équipes, a-t-il assuré.

Les grandes banques de Wall Street sont régulièrement pointées du doigt pour leur manque de diversité, dans un monde de la finance encore largement dominé par les hommes blancs.

La récente annonce de la nomination de Jane Fraser à la tête de Citigroup a fait les gros titres car elle est la première femme à diriger une grande banque américaine.

Certaines femmes occupent certes des postes de premier ordre, à l'instar de la patronne de la société d'investissements Fidelity, Abigail Johnson, et d'autres sont pressenties pour succéder à leur patron.

Mais ce sont encore des hommes, blancs, qui dirigent JPMorgan Chase, Bank of America, Wells Fargo, Goldman Sachs ou Morgan Stanley, les fleurons de la finance américaine.

En avril 2019, les dirigeants de sept grands établissements de Wall Street avaient été interpellés par des parlementaires qui leur avaient demandé, au cours d'une audition télévisée, si leur successeur serait une femme ou une personne issue des minorités. Aucun n'avait répondu.

Les géants de Wall Street disent faire des efforts.

Wells Fargo, qui compte 6% de personnes noires parmi ses managers, s'est engagé en juin à doubler ce nombre au cours des cinq prochaines années.

BlackRock a promis de doubler le nombre de personnes noires parmi ses dirigeants d'ici 2024. Ils ne sont que 3% actuellement.

Les proportions sont similaires chez Goldman Sachs, où 77,3% des membres de la direction sont blancs et 2,7% sont noirs.

Quoi de neuf ?
La carte de l'épidémie de coronavirus en temps réel
Rendez-vous Partenaires
(AFP)

Etats-Unis: le patron d'une grande banque crée la polémique avec ses propos sur les Noirs

Le 23 septembre 2020 à18:25

Le patron de Wells Fargo, une des plus grandes banques américaines, s'est excusé mercredi pour avoir récemment imputé l'absence de diversité dans son établissement à un manque de personnes noires qualifiées.

Dans un message adressé aux salariés de l'entreprise, Charles Scharf a tenté de faire amende honorable en regrettant d'avoir récemment fait "des commentaires dépourvus de tact" et reflétant ses "propres préjugés".

"Il existe de nombreuses personnes issues de la diversité talentueuses qui travaillent à Wells Fargo et dans le secteur des services financiers et je n'ai jamais voulu laisser entendre le contraire", ajoute le dirigeant, arrivé à la tête de Wells Fargo en octobre pour redorer la réputation de l'établissement ternie par un retentissant scandale de comptes fictifs et plusieurs autres affaires portant sur ses pratiques commerciales.

Les propos qui font polémique ont été tenus par M. Scharf dans un précédent message datant du 18 juin, consulté par l'AFP, en pleines manifestations aux Etats-Unis contre les violences policières envers les minorités et les injustices raciales suite à la mort, aux mains de la police, de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans.

Si la banque n'est pas parvenue à intégrer plus de diversité au sein de son comité opérationnel, y écrivait M. Scharf, c'est à cause d'un "vivier très limité de talents noirs avec l'expérience nécessaire".

Des commentaires qu'il aurait réitérés dans une conférence Zoom avec des salariés Afro-Américains de la banque au cours de l'été.

Leur publication mardi et mercredi a suscité de vives critiques.

"Peut-être que c'est le patron de Wells Fargo qui manque de talent pour recruter des salariés noirs", a réagi avec ironie sur Twitter l'étoile montante du parti démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, issue de la diversité.

Al Green, un autre élu démocrate, a jugé pour sa part que "nier l'existence de talents noirs qualifiés est une façon pour Wells Fargo de maintenir le statu quo et de ne pas répondre à la nécessité d'une plus grande diversité".

- Objectifs chiffrés -

Mercredi, M. Scharf a reconnu des torts, affirmant que le secteur bancaire n'avait "pas fait assez pour améliorer la diversité, en particulier au niveau de ses dirigeants".

La firme a bien promu quelques personnes issues de la diversité à des postes de direction ces derniers mois, mais elles restent encore largement minoritaires.

M. Scharf s'est engagé à en faire plus, en diversifiant par exemple les sources de recrutement ou en développant une formation de sensibilisation au racisme pour ses salariés.

Pour les postes payés plus de 100.000 dollars, le grand patron a aussi exigé que la liste des candidats comporte des femmes et des personnes issues des minorités.

Les personnes du comité opérationnel seront aussi évaluées et rémunérées sur leur capacité à faire progresser la diversité au sein de leurs équipes, a-t-il assuré.

Les grandes banques de Wall Street sont régulièrement pointées du doigt pour leur manque de diversité, dans un monde de la finance encore largement dominé par les hommes blancs.

La récente annonce de la nomination de Jane Fraser à la tête de Citigroup a fait les gros titres car elle est la première femme à diriger une grande banque américaine.

Certaines femmes occupent certes des postes de premier ordre, à l'instar de la patronne de la société d'investissements Fidelity, Abigail Johnson, et d'autres sont pressenties pour succéder à leur patron.

Mais ce sont encore des hommes, blancs, qui dirigent JPMorgan Chase, Bank of America, Wells Fargo, Goldman Sachs ou Morgan Stanley, les fleurons de la finance américaine.

En avril 2019, les dirigeants de sept grands établissements de Wall Street avaient été interpellés par des parlementaires qui leur avaient demandé, au cours d'une audition télévisée, si leur successeur serait une femme ou une personne issue des minorités. Aucun n'avait répondu.

Les géants de Wall Street disent faire des efforts.

Wells Fargo, qui compte 6% de personnes noires parmi ses managers, s'est engagé en juin à doubler ce nombre au cours des cinq prochaines années.

BlackRock a promis de doubler le nombre de personnes noires parmi ses dirigeants d'ici 2024. Ils ne sont que 3% actuellement.

Les proportions sont similaires chez Goldman Sachs, où 77,3% des membres de la direction sont blancs et 2,7% sont noirs.

Quoi de neuf ?
La carte de l'épidémie de coronavirus en temps réel

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.