TikTok doit passer sous contrôle américain, sinon rien, menace Trump

(AFP)

Donald Trump a semé le doute lundi sur l'accord trouvé pour la célèbre application TikTok, martelant qu'il ne validerait pas une transaction qui laisserait la maison mère chinoise ByteDance majoritaire de la nouvelle entité.

Si Oracle et Walmart "ne prennent pas le contrôle total (du nouveau groupe), alors nous n'approuverons pas l'accord", a déclaré le président américain sur Fox News alors que la confusion règne sur qui des Américains ou des Chinois détiendraient in fine la majorité.

TikTok, accusée par Washington d'espionnage pour le compte de Pékin, est depuis l'été sous la menace d'une interdiction aux Etats-Unis, où elle compte pourtant 100 millions d'utilisateurs.

Au nom de la sécurité nationale, l'hôte de la Maison Blanche exige qu'elle passe sous pavillon américain, faute de quoi il ne sera plus possible de la télécharger aux Etats-Unis le 27 septembre.

L'application, très populaire chez les jeunes, avait confirmé samedi un projet selon lequel elle créerait une nouvelle société impliquant Oracle en tant que partenaire technologique aux Etats-Unis et Walmart en tant que partenaire commercial.

Mais le projet doit encore être finalisé par les sociétés et, surtout, approuvé par le comité de sécurité nationale qui examine les investissements étrangers (Cfius) et dépend du Trésor.

- Précieux algorithme -

Baptisée TikTok Global, la nouvelle entreprise serait basée aux Etats-Unis et embaucherait 25.000 personnes, avaient précisé ce week-end Oracle et Walmart, qui pourraient acheter respectivement 12,5% et 7,5% des parts de TikTok.

L'objectif est d'introduire le nouveau groupe en Bourse d'ici un an afin de diluer in fine l'actionnariat chinois.

Si ce projet venait à aboutir, il apporterait un avantage non négligeable au fisc américain, selon Oracle et Walmart. TikTok Global devrait verser "plus de 5 milliards de dollars d'impôts nouveaux au Trésor américain", ont-ils assuré.

Mais lundi, la Chine est venue ajouter un nouvel épisode à la saga TikTok.

ByteDance a en effet déclaré dans un communiqué sur les réseaux sociaux que TikTok Global prévoit de lancer un "petit cycle de financement pré-introduction en Bourse", après quoi il deviendrait une filiale détenue à 80% de ByteDance.

Un information démentie par un porte-parole d'Oracle.

"Lors de la création de TikTok Global, Oracle/Walmart effectueront leur investissement et les actions de TikTok Global seront distribuées à leurs propriétaires, les Américains seront majoritaires et ByteDance n'aura aucune propriété dans TikTok Global", a-t-il déclaré.

Oracle et Walmart "ont un partenariat" pour TikTok. "Ils vont l'acheter", "ils en auront un contrôle total", a également assuré Donald Trump.

"Ils vont détenir la participation majoritaire", a-t-il poursuivi.

Le président américain a également souligné que "tout allait être transféré vers le cloud créé par Oracle" et "tout sera complètement contrôlé par Oracle".

Un élément qui n'est pas de nature à rassurer Pékin, dans une course avec les Etats-Unis pour la domination technologique.

Donald Trump affirme que grâce à TikTok, Pékin a pu collecter de nombreuses données sur les utilisateurs.

Mais ByteDance est sous pression en Chine pour ne pas céder aux demandes américaines.

Il a ainsi pris le soin de déclarer lundi que le plan actuel "n'implique le transfert d'aucun algorithme et technologie".

Alors qu'Oracle a le pouvoir de vérifier le code source de TikTok aux Etats-Unis, ByteDance a déclaré que l'affichage du code source était un moyen pour les multinationales de dissiper les problèmes de sécurité des données locales.

La Chine avait déjà vivement réagi aux menaces d'interdiction de téléchargement de TikTok et WeChat, en dénonçant samedi "l'intimidation" des Etats-Unis et en instaurant un mécanisme lui permettant de restreindre les activités d'entreprises étrangères.

Contre une "liste d'entités non fiables" - dont les noms n'ont pas été rendus publiques - Pékin prévoit par exemple des sanctions potentielles allant d'amendes à la restriction d'activités ou d'entrée de matériel et de personnel en Chine.

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(AFP)

TikTok doit passer sous contrôle américain, sinon rien, menace Trump

Le 21 septembre 2020 à17:02

Donald Trump a semé le doute lundi sur l'accord trouvé pour la célèbre application TikTok, martelant qu'il ne validerait pas une transaction qui laisserait la maison mère chinoise ByteDance majoritaire de la nouvelle entité.

Si Oracle et Walmart "ne prennent pas le contrôle total (du nouveau groupe), alors nous n'approuverons pas l'accord", a déclaré le président américain sur Fox News alors que la confusion règne sur qui des Américains ou des Chinois détiendraient in fine la majorité.

TikTok, accusée par Washington d'espionnage pour le compte de Pékin, est depuis l'été sous la menace d'une interdiction aux Etats-Unis, où elle compte pourtant 100 millions d'utilisateurs.

Au nom de la sécurité nationale, l'hôte de la Maison Blanche exige qu'elle passe sous pavillon américain, faute de quoi il ne sera plus possible de la télécharger aux Etats-Unis le 27 septembre.

L'application, très populaire chez les jeunes, avait confirmé samedi un projet selon lequel elle créerait une nouvelle société impliquant Oracle en tant que partenaire technologique aux Etats-Unis et Walmart en tant que partenaire commercial.

Mais le projet doit encore être finalisé par les sociétés et, surtout, approuvé par le comité de sécurité nationale qui examine les investissements étrangers (Cfius) et dépend du Trésor.

- Précieux algorithme -

Baptisée TikTok Global, la nouvelle entreprise serait basée aux Etats-Unis et embaucherait 25.000 personnes, avaient précisé ce week-end Oracle et Walmart, qui pourraient acheter respectivement 12,5% et 7,5% des parts de TikTok.

L'objectif est d'introduire le nouveau groupe en Bourse d'ici un an afin de diluer in fine l'actionnariat chinois.

Si ce projet venait à aboutir, il apporterait un avantage non négligeable au fisc américain, selon Oracle et Walmart. TikTok Global devrait verser "plus de 5 milliards de dollars d'impôts nouveaux au Trésor américain", ont-ils assuré.

Mais lundi, la Chine est venue ajouter un nouvel épisode à la saga TikTok.

ByteDance a en effet déclaré dans un communiqué sur les réseaux sociaux que TikTok Global prévoit de lancer un "petit cycle de financement pré-introduction en Bourse", après quoi il deviendrait une filiale détenue à 80% de ByteDance.

Un information démentie par un porte-parole d'Oracle.

"Lors de la création de TikTok Global, Oracle/Walmart effectueront leur investissement et les actions de TikTok Global seront distribuées à leurs propriétaires, les Américains seront majoritaires et ByteDance n'aura aucune propriété dans TikTok Global", a-t-il déclaré.

Oracle et Walmart "ont un partenariat" pour TikTok. "Ils vont l'acheter", "ils en auront un contrôle total", a également assuré Donald Trump.

"Ils vont détenir la participation majoritaire", a-t-il poursuivi.

Le président américain a également souligné que "tout allait être transféré vers le cloud créé par Oracle" et "tout sera complètement contrôlé par Oracle".

Un élément qui n'est pas de nature à rassurer Pékin, dans une course avec les Etats-Unis pour la domination technologique.

Donald Trump affirme que grâce à TikTok, Pékin a pu collecter de nombreuses données sur les utilisateurs.

Mais ByteDance est sous pression en Chine pour ne pas céder aux demandes américaines.

Il a ainsi pris le soin de déclarer lundi que le plan actuel "n'implique le transfert d'aucun algorithme et technologie".

Alors qu'Oracle a le pouvoir de vérifier le code source de TikTok aux Etats-Unis, ByteDance a déclaré que l'affichage du code source était un moyen pour les multinationales de dissiper les problèmes de sécurité des données locales.

La Chine avait déjà vivement réagi aux menaces d'interdiction de téléchargement de TikTok et WeChat, en dénonçant samedi "l'intimidation" des Etats-Unis et en instaurant un mécanisme lui permettant de restreindre les activités d'entreprises étrangères.

Contre une "liste d'entités non fiables" - dont les noms n'ont pas été rendus publiques - Pékin prévoit par exemple des sanctions potentielles allant d'amendes à la restriction d'activités ou d'entrée de matériel et de personnel en Chine.

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