Colombie: des Amérindiens abattent la statue d'un conquistador espagnol

(AFP)

Une statue équestre représentant le conquistador espagnol Sebastian de Belalcazar a été abattue mercredi par un groupe d'amérindiens colombiens, qui ont dénoncé pour l'occasion les violences à leur encontre tout au long de l'histoire du pays.

Selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, plusieurs dizaines d'Amérindiens du sud-ouest du pays ont abattu le monument équestre du conquistador à l'aide de cordes, en présence d'officiers de police.

Les manifestants ont célébré la mise à terre de la statue du fondateur des villes de Cali et Popayan, dans le sud-ouest de la Colombie.

"Par la force du peuple nous avons réussi à la renverser, pour acter symboliquement lerejet de l'extermination des peuples", a déclaré à l'AFP Diana Jembuel, membre du peuple amérindien des Misak.

Selon Mme Jembuel, l'événement s'est déroulé à la suite d'un appel à la mobilisation des peuples indigènes Misak, Nasa et Pijao afin de protester contre "l'extermination culturelle et physique des peuples indigènes" du département du Cauca, dont le chef-lieu est Popayan, et des "différents leaders sociaux du pays".

La manifestation n'était pas sans rappeler les images récentes de statues de personnalités esclavagistes ou colonisateurs mises à terre notamment aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Belgique ou en Martinique, dans le sillage des protestations provoquées par la mort d'un Afro-Américain, George Floyd, sous le genou d'un policier blanc à Minneapolis (Etats-Unis) fin mai.

Le maire de Popayan, Juan Carlos Lopez, a dénoncé l'acte qu'il a qualifié d'"acte violent contre un symbole d'une ville qui est multiculturelle".

Les peuples indigènes mènent depuis longtemps une lutte pour réclamer la réappropriation de terres dans le département du Cauca.

Ces peuples ont par ailleurs été confrontés à la violences des groupes financés par les narcotrafiquants depuis l'accord de paix signé en 2016 ayant entraîné le désarment de la guérilla marxiste des FARC.

La statue de Sebastian de Belalcazar, qui a également jeté les bases des villes de Quito et Guayaquil en Equateur voisin, avait été édifiée en 1937 sur une colline voisine de Popayan.

Pour le peuple Misak, le conquistador "a été l'un des principaux responsables de la servitude et de l'extermination des peuples indigènes et des esclaves africains dans la région, a expliqué Mme Jenbuel.

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Colombie: des Amérindiens abattent la statue d'un conquistador espagnol

Le 17 septembre 2020 à02:56

Une statue équestre représentant le conquistador espagnol Sebastian de Belalcazar a été abattue mercredi par un groupe d'amérindiens colombiens, qui ont dénoncé pour l'occasion les violences à leur encontre tout au long de l'histoire du pays.

Selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, plusieurs dizaines d'Amérindiens du sud-ouest du pays ont abattu le monument équestre du conquistador à l'aide de cordes, en présence d'officiers de police.

Les manifestants ont célébré la mise à terre de la statue du fondateur des villes de Cali et Popayan, dans le sud-ouest de la Colombie.

"Par la force du peuple nous avons réussi à la renverser, pour acter symboliquement lerejet de l'extermination des peuples", a déclaré à l'AFP Diana Jembuel, membre du peuple amérindien des Misak.

Selon Mme Jembuel, l'événement s'est déroulé à la suite d'un appel à la mobilisation des peuples indigènes Misak, Nasa et Pijao afin de protester contre "l'extermination culturelle et physique des peuples indigènes" du département du Cauca, dont le chef-lieu est Popayan, et des "différents leaders sociaux du pays".

La manifestation n'était pas sans rappeler les images récentes de statues de personnalités esclavagistes ou colonisateurs mises à terre notamment aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Belgique ou en Martinique, dans le sillage des protestations provoquées par la mort d'un Afro-Américain, George Floyd, sous le genou d'un policier blanc à Minneapolis (Etats-Unis) fin mai.

Le maire de Popayan, Juan Carlos Lopez, a dénoncé l'acte qu'il a qualifié d'"acte violent contre un symbole d'une ville qui est multiculturelle".

Les peuples indigènes mènent depuis longtemps une lutte pour réclamer la réappropriation de terres dans le département du Cauca.

Ces peuples ont par ailleurs été confrontés à la violences des groupes financés par les narcotrafiquants depuis l'accord de paix signé en 2016 ayant entraîné le désarment de la guérilla marxiste des FARC.

La statue de Sebastian de Belalcazar, qui a également jeté les bases des villes de Quito et Guayaquil en Equateur voisin, avait été édifiée en 1937 sur une colline voisine de Popayan.

Pour le peuple Misak, le conquistador "a été l'un des principaux responsables de la servitude et de l'extermination des peuples indigènes et des esclaves africains dans la région, a expliqué Mme Jenbuel.

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