Entretien. Covid, réforme de la santé..., Khalid Ait Taleb sans langue de bois

Il y a eu tellement de questions qui se sont accumulées depuis l’annonce du premier cas au Maroc le 2 mars dernier, que notre interview avec le ministre de la Santé a duré 1 heure et 40 mn. La dernière partie de l'entretien, consacrée à la vaccination anti-Covid, a déjà fait l’objet d’un article. Voici la vidéo des échanges ainsi qu’un verbatim résumé et regroupé par axes.

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Entretien. Covid, réforme de la santé..., Khalid Ait Taleb sans langue de bois (Photo Médias24)

Le 21 octobre 2020 à 20:14

Modifié le 22 octobre 2020 à 08:04

Khalid Ait Taleb a été nommé ministre de la Santé le 9 octobre 2019. Trois jours auparavant, il avait été désigné comme secrétaire général par intérim, après avoir dirigé pendant 15 ans le CHU de Fès et l’avoir considérablement structuré et développé. Il a appris sa nomination par un coup de fil qu’il a reçu au moment où il était en réunion avec son équipe dans les locaux du ministère.

 12 mois qui pèsent lourd

Il vient donc de boucler 12 mois à la tête du ministère, “12 mois qui ont pesé assez lourd, au point que l’on a perdu la notion du temps“, nous explique-t-il. Il accepte de nous faire un récit assez sommaire, vu la contrainte de temps, de cette année et des événements qui l’ont jalonnée.

“Nous avions l’intention d’initier certains chantiers, d’en continuer d’autres qui étaient déjà amorcés. (...) Au final, il y a des aspects négatifs et d’autres qui sont positifs dans cette crise. Je pense qu'il faut toujours voir la moitié pleine du verre et on va construire pour le mieux“.

Aït Taleb a-t-il eu, aura-t-il un jour, une étiquette politique ? “Jamais“, répond-il. Avant d’ajouter : “Je n’ai pas répondu non, j’ai répondu jamais“.

Tout au long de sa vie estudiantine puis professionnelle, il n’avait jamais fait de politique. Il s’était consacré totalement à ses études. A son arrivée au CHU de Fès, il y avait la faculté de médecine et son doyen le Pr Maouni. Au CHU, les équipes se sont constituées autour de Ait Taleb.

Aujourd’hui [l’interview a eu lieu le samedi 17 Octobre], le ministre n'a toujours pas constitué une équipe stable autour de lui. Plusieurs postes de directeurs restent non pourvus. Il acquiesce. Et donne son explication : D’une part, “il faut du temps pour construire une équipe liée par la confiance autour d’un projet“. D’autre part, il estime que malgré la période pré-électorale que nous traversons, il faut travailler en profondeur pour bâtir le nouveau système de santé. Il espère avoir le temps de réaliser des réformes pour construire quelque chose de solide.

Des idées fortes au départ: la formation est inadaptée, la technologie, les marchés publics et enfin la fin du cloisonnement dans la santé

Lorsqu’il prend les rênes du ministère, qu’avait-il en tête ? “Avant la nomination, j’avais toujours en tête, des projets, des suggestions pour des changements. Par exemple, la formation des ressources humaines est inadaptée aux besoins du système de santé. Vous savez très bien que le système de santé aujourd'hui est soumis à des progrès technologiques qui sont importants de par le monde entier. C'est ce qui crée un glissement de compétences. Les compétences ne sont pas adaptées au métier de la santé. Il va falloir repenser un peu la formation“. Le ministre rappelle que le progrès technologique va de plus en plus vite et que même lorsqu’on a achevé sa formation initiale, “de petites formations d’adaptation sont nécessaires“.

La deuxième grande réforme de Ait Taleb concernerait, si elle aboutit, les marchés publics destinés à la santé. “Le système de santé a besoin d'une célérité dans l'acquisition. Ce ne sont pas des fournitures que nous achetons, ce sont des médicaments, pour des besoins urgents et pressants. Nous avons besoin d’adapter le règlement, d’avoir de la souplesse. La question des marchés de la santé a été l’une des premières questions que j’ai soulevées auprès du Chef du gouvernement après ma nomination“.

En troisième lieu, Ait Taleb s’inscrit contre le cloisonnement actuel dans la santé, entre des secteurs public, privé et mutualiste : “Dans les ressources humaines médicales et paramédicales, nous sommes en deçà des normes internationales. Dans cette insuffisance, nous avons des problèmes de rationalisation, d’optimisation ; on a des problèmes d’homologation, d’équivalence de diplômes et on a besoin de tout le monde. Comment se fait-il qu'on ait besoin de tout le monde et qu'on n'arrive pas à travailler ensemble ? Il y a quelque chose qui cloche.“

D’où les deux conventions de partenariat signées le 10 octobre à Rabat: “Cela fait partie de mes convictions personnelles, parce qu'il faudrait mettre le malade au centre et essayer d'utiliser toutes les potentialités qui sont présentes au Maroc. Cette démarche nécessite un cadrage. Et le cadrage serait, bien sûr, demain imposé par la loi qui est la carte sanitaire régionale et qui permettra de définir les besoins de santé au niveau d'une région, que ce soit en ressources, en matériels, en procédures ou en parcours de soins“. 

 Les conventions AMO de janvier 2020 non appliquées

Le 13 janvier 2020, toujours avant l’arrivée de la Covid au Maroc et dans la région, différentes conventions sont signées par le ministère de la Santé pour réviser la tarification de référence de l'AMO. Des conventions qui n’ont pas été appliquées. “Mon intention a toujours été de réduire le reste à charge pour le patient. Bien sûr, c'est une opération qui ne sera pas acceptée par tout le monde, vu qu'elle doit mobiliser quand même des dépenses supplémentaires“. Le ministre fait clairement allusion à la CNOPS qui n’a pas accepté cette révision ; mais ne nomme pas cet organisme “pour ne pas le stigmatiser“.

>>LIRE: 

AMO: Blocage des conventions, silence des acteurs et des politiques

La convention de révision des tarifs de médecine libérale bloquée à la primature

Ait Taleb estime toutefois que le contexte a changé : “Sa Majesté a demandé la généralisation de la couverture médicale. On n'est plus dans cette logique. Les choses sont faites de facto. Il y aura une couverture pour tout le monde. (…) On ne sera plus dans la gestion en silo.

La tarification de référence est sous-estimée, la nomenclature est obsolète. Vous ne pouvez pas avoir de soins de qualité sans technologie, et la technologie est onéreuse

Le ministre évoque une question centrale, la tarification de référence : “la tarification pratiquée est sous-estimée. Je mesure mes mots. Parce que nous travaillons toujours avec une nomenclature qui est obsolète. C'est une tarification de référence de 1998, qui a été revue en 2006 et qui ne correspond pas à la réalité. Le progrès technologique créé un surcoût. Alors vous ne pouvez pas demander des soins de qualité sans utiliser la technologie. On ne voudrait pas que notre pays reste à la traîne dans la technologie“. 

 Le 2 mars, premier cas au Maroc

Pour en revenir au récit, c’est à partir de la mi-janvier que l’on a commencé à se pencher sérieusement sur le nouveau coronavirus. Le ministre se rappelle très bien de la date où la Chine a déclaré le premier cas, le 29 décembre 2019.

Au départ, tout le monde s’est souvenu des alertes antérieures concernant les précédents virus et qui n’avaient pas pris d’ampleur. C'est quand le premier cas est apparu en Europe, “que ça nous a alertés“, raconte notre interlocuteur. Là, on a considéré que lerisque est à nos portes“.

Le ministre réunit alors le comité technique et scientifique sur les infections respiratoires sévères

Ce comité d’une vingtaine de membres a accompagné la crise du Covid depuis le début.

Le 2 mars, le Chef du gouvernement Saâdeddine Elotmani accompagné de Khalid Ait Taleb, donne une conférence de presse au sujet de la Covid-19, pour informer et rassurer l’opinion publique. Au milieu de l’événement, un cadre de la santé publique chuchote quelque chose à l’oreille du ministre. On saura ultérieurement qu’il lui annonçait le premier cas de Covid. Ce moment, cette conférence de presse et l'annonce discrète du premier cas, sont les souvenirs les plus vifs que garde Ait Taleb de cette période.

 Rapidement, nous avons compris que la gestion de la pandémie devait être décentralisée

Le comité technique et scientifique est mobilisé, avec ses compétences pluridisciplinaires : infectiologues, épidémiologistes, pneumologues, réanimateurs, microbiologistes… Il est de toutes les décisions, de toutes les consultations. Il joue un rôle consultatif certes, mais qui sera souvent décisif dans la prise de décision. Il donne son avis [purement scientifique] sur tout : confinement, Aïd, plan de riposte, définition des cas, prise en charge des malades, frontières, tourisme, écoles,…

Rapidement, “nous avons compris que la gestion qui était centralisée devait impérativement, inéluctablement devenir une gestion régionale, déconcentrée“, nous confie Ait Taleb.

Au mois de mars, la situation prend un tour anxiogène, presque dramatique, avec des décisions jamais vécues auparavant, qui tombaient les unes après les autres : fermeture des écoles, suspension de liaisons aériennes, fermeture des frontières, confinement... Toutes ces décisions ont été basées sur des avis du comité technique et scientifique.

 Certaines recommandations et décisions ont été prises à contrecoeur

“Certaines décisions peuvent paraître très douloureuses sur le coup, la population n’a pas toujours été alertée à temps, mais le virus n'a pas le temps pour nous laisser le temps, nous avons pris des avis et des recommandations à contrecœur, mais c'est la situation qui l'imposait“, confie Ait Taleb.

“Les avis et recommandations du comité technique et scientifique sont ensuite discutés dans le comité de sécurité, composé entre autres des ministres de l'Intérieur, de le Santé, des Affaires étrangères, de la Gendarmerie royale, de la Santé militaire... “ Avec le recul, Ait Taleb estime que toutes les décisions prises étaient les bonnes et il cite “les orientations royales, Sa Majesté bien sûr nous a boostés dans ce sens et nous avons obtenu de très, très bons résultats. Sa Majesté suit la situation pas au jour le jour mais dans l’heure“.

Il y avait solidarité de tous les secteurs, sous le commandement de Sa Majesté

Khalid Ait Taleb embraie sur la solidarité, “une solidarité de tous les secteurs, avec un seul commandement, celui de Sa Majesté. Ce fut le génie de cette situation“.

Il avoue avoir eu des inquiétudes mais jamais de doutes. Il a toujours été sûr des recommandations prises. Même le fait que le confinement ait duré plus de 3 mois dans certaines régions ? Même pour l’Aïd ?

Il n’élude pas la question : “A posteriori, vous pouvez dire ce que vous voulez. Nous étions dans l’action. Chaque avis ou décision étaient justifiés et sur le moment, avec les connaissances qu’il y avait, étaient les meilleurs“.

Juillet, le mois du relâchement

Début juillet, l’atmosphère est à l’optimisme. Le pays est sorti du confinement strict. On décide de regrouper les malades à Benguérir et Benslimane. “On voyait un peu le bout du tunnel“, résume le ministre. Lui, s’attend à “un petit rebond“. Ce sera un grand, un énorme rebond.

Il estime que la levée progressive des restrictions a été mal vécue par la population, ça avait été trop long et il y a eu “un relâchement total“. Il désigne la “mobilité, celle de l’Aid (al Adha) et celle des vacances estivales“. Pour lui, les rebonds ont suivi les mouvements de la population : Tanger puis Casablanca, pour citer les villes les plus touchées. Aujourd’hui il estime que le Nord, Tanger et Fès sont dans une situation acceptable et sereine.

A Agadir, où un pic a été constaté la semaine écoulée, il s’agit d’un cluster industriel, nous explique le ministre. Il ne s’agit pas de transmission communautaire, contrairement à Casa aujourd’hui, et Tanger ou Fès en été.  Le pic enregistré à Oujda il y a quelques jours est pour sa part d’origine familiale. Le ministre estime que dans cette ville, la situation est maîtrisée.

 Changement stratégique: se concentrer sur les cas graves

A partir de fin juillet, le ministère a changé considérablement sa stratégie : les cas asymptomatiques sont désormais suivis à domicile sous certaines conditions ; à partir du 7e jour, tout cas asymptomatique ou pauci-symptomatique est déclaré guéri sans avoir besoin de refaire un test ; in fine, le Maroc se concentre sur les cas graves ou fortement symptomatiques.

“Comme je vous l’ai dit, nous sommes en face d'une pandémie avec beaucoup d'incertitudes scientifiques et dans ces incertitudes scientifiques, il y avait une évolution. Je peux vous citer l'exemple du port du masque. Le Maroc a toujours suivi les recommandations de l’OMS. Désormais, les indicateurs les plus fiables de surveillance épidémiologique, ce sont le nombre de cas graves, le nombre de malades en réanimation, le nombre de malades qui sont intubés, ventilés et aussi le nombre de décès". 

Ait Taleb poursuit : “Quand vous arrivez à une phase où il y a davantage de contaminations mais que les cas sont majoritairement asymptomatiques, vous vous concentrez sur le risque de saturation des structures sanitaires, automatiquement, c'est ce que fait aujourd'hui la France, ce qu'a fait l'Italie, il y a de l'orientation vers ce qu'on appelle le ciblage“.

 13.000 lits dédiés à la Covid-19, saturés ou presque; 2.013 lits de réanimation

Le Maroc dispose aujourd’hui de 2.013 lits de réanimation, tous secteurs confondus : public, privé, mutualiste et militaire. Le mardi 20 octobre, le taux d’occupation était de 26%. Le seuil d’alerte est de 65%. Le taux de 26% est une moyenne nationale, à Casablanca on est presqu’en saturation : près de 60% samedi 17 octobre et probablement davantage en milieu de cette semaine. Le ministre nous précise en effet que 40% des cas graves sont hospitalisés à Casablanca.

Le Maroc compte au total 25.000 lits d’hospitalisation, dont 13.000 dédiés au Covid-19 et quasiment tous occupés.

Ait Taleb reconnaît que l’ensemble de ces 2.013 lits de réanimation n’ont pas tous les ressources humaines suffisantes mais estime que lorsqu’il s'avèrerait nécessaire de les utiliser, le ministère pourra mobiliser des médecins d’autres spécialités comme les pneumologues.

 Annuler ou maintenir le sacrifice? La question a été discutée

Début juillet donc, il ne reste que 600 cas actifs dans tout le Maroc. On décide de les regrouper dans deux hôpitaux de campagne, Benslimane et Benguerir. C’est à ce moment-là que la décision de maintenir l’Aid est prise. Seule une petite hausse du nombre de cas était anticipée. Les restrictions imposées au niveau des déplacements inter-régions n’ont pas été respectées, estime le ministre.

Est-ce qu’il n’aurait pas fallu annuler le sacrifice cette année ? “Moi je dirais que la bonne décision, c'est la décision qui a été prise au bon moment. Je ne peux pas venir aujourd'hui regretter la décision que j'avais prise avant, à la lumière de ce que j’ai observé par la suite. Il faut juger avec les critères du moment“.

Hydroxychloroquine: je maintiens ma position et l'explique

Sur le protocole national de prise en charge des malades, Médias24 fait la remarque suivante :

Médias24 : Dès le départ, vous avez introduit l'hydroxychloroquine - tout le monde le sait - et vous avez déclaré l'autre jour, dans cette interview à Radio 2M que ce n'est pas un médicament, ce n'est pas quelque chose qui guérit de la Covid, mais que cette molécule freine l'entrée du virus.  Je vous demande si vous maintenez cette déclaration…

Khalid Ait Taleb : Je maintiens mais je peux donner plus de détails. Personne ne peut contester que la chloroquine contribue à diminuer bien sûr la charge virale aujourd’hui, parce que c’est un médicament qui est utilisé dans pas mal de pathologies. Lorsque la chloroquine a vu le jour, c'était essentiellement pour traiter le paludisme.

Comment expliquer l'évolution qu'avait connue la chloroquine en traitant certaines maladies du système, certaines vascularites, la sarcoïdose, le lupus, la polyarthrite rhumatoïde... on peut l'utiliser même contre le VIH et on avait utilisé la chloroquine contre le virus Zika. Par extrapolation, on a essayé bien sûr la chloroquine pendant bien sûr l'apparition du Covid.

Que fait la chloroquine ou sulfate de chloroquine ou sulfate d'hydroxychloroquine ? Elle agit au niveau de certains récepteurs de cellules.

Lorsque le virus entre dans la cellule, il a besoin d'un milieu favorable, qui est acide. Et bien la chloroquine augmente le PH intracytosolique de la cellule. Ça veut dire qu'elle rend le milieu défavorable pour la multiplication.

La chloroquine intervient aussi dans le blocage d'une certaine glycoprotéïne ou une enzyme ARN polymérase pour qu'elle empêche quand même le virus d'utiliser le matériel de la cellule pour se multiplier. Dans les 2 étapes, la chloroquine peut interférer pour empêcher cet environnement favorable et donc, la charge virale diminue. Cet effet peut être potentialisé encore plus avec l'utilisation du zinc.

Au Maroc et dans le monde, la chloroquine n’a pas eu l’autorisation d’utilisation pour la Covid parce que la Covid n'est pas encore reconnue comme une maladie contagieuse. Il y a débat pour la reconnaître comme maladie contagieuse à déclaration obligatoire.

180 professionnels de la santé touchés par la Covid-19

Le ministre de la Santé rend hommage aux professionnels de la santé dont 180 personnes ont été touchées par la Covid-19, payant ainsi un lourd tribut à leur engagement contre cette maladie.

“Nous sommes conscients que le métier de la santé aujourd'hui doit connaitre un autre visage parce qu'on est arrivé aujourd'hui à un point d'inflexion où la santé doit se repositionner sur l'échiquier. On ne peut avoir une économie solide sans qu'il n'y ait de santé solide. Donc cette profession doit être attractive. Il faudrait que le statut de ces professionnels soit revu dans le cadre d'une refonte du système de santé.  C’est une conviction. Le statut de la fonction publique est inadapté. Il faut tenir compte de la performance, de la rentabilité, une gestion axée sur le résultat“.

Lits marocains, respirateurs marocains: la santé du patient avant tout

Sur le recours aux capacités marocaines dans le matériel de lutte anti-Covid, le ministre est clair : la Santé du patient avant tout; ni le lit de réanimation ni le respirateur marocains ne sont encore homologués. Par contre, les tests fabriqués par MAScIR sont homologués au Maroc et en France, “et fiables à 100%“. Un marché de fourniture de 1 million de tests est en cours de discussion, après une première acquisition de 100.000 tests. Le ministre cite également les kits de prélèvement marocains que le ministère utilise, et laisse entendre que “d’autres choses sortiront incessamment, tels que les tests rapides“.

 5.500 postes budgétaires seront créés en 2021

En septembre, le ministère de la Santé avait déjà dépensé la plus grande partie du transfert de 2 milliards de DH reçus de la part du Fonds Covid. 45% avaient été réservés aux dépenses de matériel et 55% aux consommables tels que les médicaments.

Le Fonds Covid a transféré un milliard de DH supplémentaires à ce département. Ils seront dépensés de la même manière, dans les mêmes proportions.

Le projet de loi de finances 2021 prévoit une rallonge budgétaire de 2 milliards de DH au ministère.

Sur le plan des ressources humaines, 5.500 postes budgétaires supplémentaires seront créés au niveau de la santé publique, après 4.000 en 2020. Ce nombre sera-t-il suffisant au regard des besoins et des déficits criards?

“Les besoins sont très au-delà, certes mais les capacités de formation ne permettent pas de répondre rapidement. Encore aujourd’hui, nous constatons que lorsqu’on organise des concours, il reste pas mal de postes libres“.

Le ministère compte sur l’optimisation, mais également sur la réforme. En l’occurrence, il s’agit de déconcentration, de régionalisation. Dans un avenir non daté, les régions devraient gérer leurs recrutements dans la santé, voire gérer la formation localement, avec création d’un CHU par région.

Le Maroc dispose aujourd’hui des CHU de Casablanca, Rabat, Marrakech, Fès et Oujda. Le CHU de Tanger est achevé à 98% et sera probablement opérationnel avant la fin de l’année. Le CHU d’Agadir sera achevé en 2021.

>>Lire aussi: EXCLUSIF. Vaccination anti-Covid au Maroc: Médias24 fait le point avec Ait Taleb

(Photo Médias24)

Entretien. Covid, réforme de la santé..., Khalid Ait Taleb sans langue de bois

Le 21 octobre 2020 à20:22

Modifié le 22 octobre 2020 à 08:04

Il y a eu tellement de questions qui se sont accumulées depuis l’annonce du premier cas au Maroc le 2 mars dernier, que notre interview avec le ministre de la Santé a duré 1 heure et 40 mn. La dernière partie de l'entretien, consacrée à la vaccination anti-Covid, a déjà fait l’objet d’un article. Voici la vidéo des échanges ainsi qu’un verbatim résumé et regroupé par axes.

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Khalid Ait Taleb a été nommé ministre de la Santé le 9 octobre 2019. Trois jours auparavant, il avait été désigné comme secrétaire général par intérim, après avoir dirigé pendant 15 ans le CHU de Fès et l’avoir considérablement structuré et développé. Il a appris sa nomination par un coup de fil qu’il a reçu au moment où il était en réunion avec son équipe dans les locaux du ministère.

 12 mois qui pèsent lourd

Il vient donc de boucler 12 mois à la tête du ministère, “12 mois qui ont pesé assez lourd, au point que l’on a perdu la notion du temps“, nous explique-t-il. Il accepte de nous faire un récit assez sommaire, vu la contrainte de temps, de cette année et des événements qui l’ont jalonnée.

“Nous avions l’intention d’initier certains chantiers, d’en continuer d’autres qui étaient déjà amorcés. (...) Au final, il y a des aspects négatifs et d’autres qui sont positifs dans cette crise. Je pense qu'il faut toujours voir la moitié pleine du verre et on va construire pour le mieux“.

Aït Taleb a-t-il eu, aura-t-il un jour, une étiquette politique ? “Jamais“, répond-il. Avant d’ajouter : “Je n’ai pas répondu non, j’ai répondu jamais“.

Tout au long de sa vie estudiantine puis professionnelle, il n’avait jamais fait de politique. Il s’était consacré totalement à ses études. A son arrivée au CHU de Fès, il y avait la faculté de médecine et son doyen le Pr Maouni. Au CHU, les équipes se sont constituées autour de Ait Taleb.

Aujourd’hui [l’interview a eu lieu le samedi 17 Octobre], le ministre n'a toujours pas constitué une équipe stable autour de lui. Plusieurs postes de directeurs restent non pourvus. Il acquiesce. Et donne son explication : D’une part, “il faut du temps pour construire une équipe liée par la confiance autour d’un projet“. D’autre part, il estime que malgré la période pré-électorale que nous traversons, il faut travailler en profondeur pour bâtir le nouveau système de santé. Il espère avoir le temps de réaliser des réformes pour construire quelque chose de solide.

Des idées fortes au départ: la formation est inadaptée, la technologie, les marchés publics et enfin la fin du cloisonnement dans la santé

Lorsqu’il prend les rênes du ministère, qu’avait-il en tête ? “Avant la nomination, j’avais toujours en tête, des projets, des suggestions pour des changements. Par exemple, la formation des ressources humaines est inadaptée aux besoins du système de santé. Vous savez très bien que le système de santé aujourd'hui est soumis à des progrès technologiques qui sont importants de par le monde entier. C'est ce qui crée un glissement de compétences. Les compétences ne sont pas adaptées au métier de la santé. Il va falloir repenser un peu la formation“. Le ministre rappelle que le progrès technologique va de plus en plus vite et que même lorsqu’on a achevé sa formation initiale, “de petites formations d’adaptation sont nécessaires“.

La deuxième grande réforme de Ait Taleb concernerait, si elle aboutit, les marchés publics destinés à la santé. “Le système de santé a besoin d'une célérité dans l'acquisition. Ce ne sont pas des fournitures que nous achetons, ce sont des médicaments, pour des besoins urgents et pressants. Nous avons besoin d’adapter le règlement, d’avoir de la souplesse. La question des marchés de la santé a été l’une des premières questions que j’ai soulevées auprès du Chef du gouvernement après ma nomination“.

En troisième lieu, Ait Taleb s’inscrit contre le cloisonnement actuel dans la santé, entre des secteurs public, privé et mutualiste : “Dans les ressources humaines médicales et paramédicales, nous sommes en deçà des normes internationales. Dans cette insuffisance, nous avons des problèmes de rationalisation, d’optimisation ; on a des problèmes d’homologation, d’équivalence de diplômes et on a besoin de tout le monde. Comment se fait-il qu'on ait besoin de tout le monde et qu'on n'arrive pas à travailler ensemble ? Il y a quelque chose qui cloche.“

D’où les deux conventions de partenariat signées le 10 octobre à Rabat: “Cela fait partie de mes convictions personnelles, parce qu'il faudrait mettre le malade au centre et essayer d'utiliser toutes les potentialités qui sont présentes au Maroc. Cette démarche nécessite un cadrage. Et le cadrage serait, bien sûr, demain imposé par la loi qui est la carte sanitaire régionale et qui permettra de définir les besoins de santé au niveau d'une région, que ce soit en ressources, en matériels, en procédures ou en parcours de soins“. 

 Les conventions AMO de janvier 2020 non appliquées

Le 13 janvier 2020, toujours avant l’arrivée de la Covid au Maroc et dans la région, différentes conventions sont signées par le ministère de la Santé pour réviser la tarification de référence de l'AMO. Des conventions qui n’ont pas été appliquées. “Mon intention a toujours été de réduire le reste à charge pour le patient. Bien sûr, c'est une opération qui ne sera pas acceptée par tout le monde, vu qu'elle doit mobiliser quand même des dépenses supplémentaires“. Le ministre fait clairement allusion à la CNOPS qui n’a pas accepté cette révision ; mais ne nomme pas cet organisme “pour ne pas le stigmatiser“.

>>LIRE: 

AMO: Blocage des conventions, silence des acteurs et des politiques

La convention de révision des tarifs de médecine libérale bloquée à la primature

Ait Taleb estime toutefois que le contexte a changé : “Sa Majesté a demandé la généralisation de la couverture médicale. On n'est plus dans cette logique. Les choses sont faites de facto. Il y aura une couverture pour tout le monde. (…) On ne sera plus dans la gestion en silo.

La tarification de référence est sous-estimée, la nomenclature est obsolète. Vous ne pouvez pas avoir de soins de qualité sans technologie, et la technologie est onéreuse

Le ministre évoque une question centrale, la tarification de référence : “la tarification pratiquée est sous-estimée. Je mesure mes mots. Parce que nous travaillons toujours avec une nomenclature qui est obsolète. C'est une tarification de référence de 1998, qui a été revue en 2006 et qui ne correspond pas à la réalité. Le progrès technologique créé un surcoût. Alors vous ne pouvez pas demander des soins de qualité sans utiliser la technologie. On ne voudrait pas que notre pays reste à la traîne dans la technologie“. 

 Le 2 mars, premier cas au Maroc

Pour en revenir au récit, c’est à partir de la mi-janvier que l’on a commencé à se pencher sérieusement sur le nouveau coronavirus. Le ministre se rappelle très bien de la date où la Chine a déclaré le premier cas, le 29 décembre 2019.

Au départ, tout le monde s’est souvenu des alertes antérieures concernant les précédents virus et qui n’avaient pas pris d’ampleur. C'est quand le premier cas est apparu en Europe, “que ça nous a alertés“, raconte notre interlocuteur. Là, on a considéré que lerisque est à nos portes“.

Le ministre réunit alors le comité technique et scientifique sur les infections respiratoires sévères

Ce comité d’une vingtaine de membres a accompagné la crise du Covid depuis le début.

Le 2 mars, le Chef du gouvernement Saâdeddine Elotmani accompagné de Khalid Ait Taleb, donne une conférence de presse au sujet de la Covid-19, pour informer et rassurer l’opinion publique. Au milieu de l’événement, un cadre de la santé publique chuchote quelque chose à l’oreille du ministre. On saura ultérieurement qu’il lui annonçait le premier cas de Covid. Ce moment, cette conférence de presse et l'annonce discrète du premier cas, sont les souvenirs les plus vifs que garde Ait Taleb de cette période.

 Rapidement, nous avons compris que la gestion de la pandémie devait être décentralisée

Le comité technique et scientifique est mobilisé, avec ses compétences pluridisciplinaires : infectiologues, épidémiologistes, pneumologues, réanimateurs, microbiologistes… Il est de toutes les décisions, de toutes les consultations. Il joue un rôle consultatif certes, mais qui sera souvent décisif dans la prise de décision. Il donne son avis [purement scientifique] sur tout : confinement, Aïd, plan de riposte, définition des cas, prise en charge des malades, frontières, tourisme, écoles,…

Rapidement, “nous avons compris que la gestion qui était centralisée devait impérativement, inéluctablement devenir une gestion régionale, déconcentrée“, nous confie Ait Taleb.

Au mois de mars, la situation prend un tour anxiogène, presque dramatique, avec des décisions jamais vécues auparavant, qui tombaient les unes après les autres : fermeture des écoles, suspension de liaisons aériennes, fermeture des frontières, confinement... Toutes ces décisions ont été basées sur des avis du comité technique et scientifique.

 Certaines recommandations et décisions ont été prises à contrecoeur

“Certaines décisions peuvent paraître très douloureuses sur le coup, la population n’a pas toujours été alertée à temps, mais le virus n'a pas le temps pour nous laisser le temps, nous avons pris des avis et des recommandations à contrecœur, mais c'est la situation qui l'imposait“, confie Ait Taleb.

“Les avis et recommandations du comité technique et scientifique sont ensuite discutés dans le comité de sécurité, composé entre autres des ministres de l'Intérieur, de le Santé, des Affaires étrangères, de la Gendarmerie royale, de la Santé militaire... “ Avec le recul, Ait Taleb estime que toutes les décisions prises étaient les bonnes et il cite “les orientations royales, Sa Majesté bien sûr nous a boostés dans ce sens et nous avons obtenu de très, très bons résultats. Sa Majesté suit la situation pas au jour le jour mais dans l’heure“.

Il y avait solidarité de tous les secteurs, sous le commandement de Sa Majesté

Khalid Ait Taleb embraie sur la solidarité, “une solidarité de tous les secteurs, avec un seul commandement, celui de Sa Majesté. Ce fut le génie de cette situation“.

Il avoue avoir eu des inquiétudes mais jamais de doutes. Il a toujours été sûr des recommandations prises. Même le fait que le confinement ait duré plus de 3 mois dans certaines régions ? Même pour l’Aïd ?

Il n’élude pas la question : “A posteriori, vous pouvez dire ce que vous voulez. Nous étions dans l’action. Chaque avis ou décision étaient justifiés et sur le moment, avec les connaissances qu’il y avait, étaient les meilleurs“.

Juillet, le mois du relâchement

Début juillet, l’atmosphère est à l’optimisme. Le pays est sorti du confinement strict. On décide de regrouper les malades à Benguérir et Benslimane. “On voyait un peu le bout du tunnel“, résume le ministre. Lui, s’attend à “un petit rebond“. Ce sera un grand, un énorme rebond.

Il estime que la levée progressive des restrictions a été mal vécue par la population, ça avait été trop long et il y a eu “un relâchement total“. Il désigne la “mobilité, celle de l’Aid (al Adha) et celle des vacances estivales“. Pour lui, les rebonds ont suivi les mouvements de la population : Tanger puis Casablanca, pour citer les villes les plus touchées. Aujourd’hui il estime que le Nord, Tanger et Fès sont dans une situation acceptable et sereine.

A Agadir, où un pic a été constaté la semaine écoulée, il s’agit d’un cluster industriel, nous explique le ministre. Il ne s’agit pas de transmission communautaire, contrairement à Casa aujourd’hui, et Tanger ou Fès en été.  Le pic enregistré à Oujda il y a quelques jours est pour sa part d’origine familiale. Le ministre estime que dans cette ville, la situation est maîtrisée.

 Changement stratégique: se concentrer sur les cas graves

A partir de fin juillet, le ministère a changé considérablement sa stratégie : les cas asymptomatiques sont désormais suivis à domicile sous certaines conditions ; à partir du 7e jour, tout cas asymptomatique ou pauci-symptomatique est déclaré guéri sans avoir besoin de refaire un test ; in fine, le Maroc se concentre sur les cas graves ou fortement symptomatiques.

“Comme je vous l’ai dit, nous sommes en face d'une pandémie avec beaucoup d'incertitudes scientifiques et dans ces incertitudes scientifiques, il y avait une évolution. Je peux vous citer l'exemple du port du masque. Le Maroc a toujours suivi les recommandations de l’OMS. Désormais, les indicateurs les plus fiables de surveillance épidémiologique, ce sont le nombre de cas graves, le nombre de malades en réanimation, le nombre de malades qui sont intubés, ventilés et aussi le nombre de décès". 

Ait Taleb poursuit : “Quand vous arrivez à une phase où il y a davantage de contaminations mais que les cas sont majoritairement asymptomatiques, vous vous concentrez sur le risque de saturation des structures sanitaires, automatiquement, c'est ce que fait aujourd'hui la France, ce qu'a fait l'Italie, il y a de l'orientation vers ce qu'on appelle le ciblage“.

 13.000 lits dédiés à la Covid-19, saturés ou presque; 2.013 lits de réanimation

Le Maroc dispose aujourd’hui de 2.013 lits de réanimation, tous secteurs confondus : public, privé, mutualiste et militaire. Le mardi 20 octobre, le taux d’occupation était de 26%. Le seuil d’alerte est de 65%. Le taux de 26% est une moyenne nationale, à Casablanca on est presqu’en saturation : près de 60% samedi 17 octobre et probablement davantage en milieu de cette semaine. Le ministre nous précise en effet que 40% des cas graves sont hospitalisés à Casablanca.

Le Maroc compte au total 25.000 lits d’hospitalisation, dont 13.000 dédiés au Covid-19 et quasiment tous occupés.

Ait Taleb reconnaît que l’ensemble de ces 2.013 lits de réanimation n’ont pas tous les ressources humaines suffisantes mais estime que lorsqu’il s'avèrerait nécessaire de les utiliser, le ministère pourra mobiliser des médecins d’autres spécialités comme les pneumologues.

 Annuler ou maintenir le sacrifice? La question a été discutée

Début juillet donc, il ne reste que 600 cas actifs dans tout le Maroc. On décide de les regrouper dans deux hôpitaux de campagne, Benslimane et Benguerir. C’est à ce moment-là que la décision de maintenir l’Aid est prise. Seule une petite hausse du nombre de cas était anticipée. Les restrictions imposées au niveau des déplacements inter-régions n’ont pas été respectées, estime le ministre.

Est-ce qu’il n’aurait pas fallu annuler le sacrifice cette année ? “Moi je dirais que la bonne décision, c'est la décision qui a été prise au bon moment. Je ne peux pas venir aujourd'hui regretter la décision que j'avais prise avant, à la lumière de ce que j’ai observé par la suite. Il faut juger avec les critères du moment“.

Hydroxychloroquine: je maintiens ma position et l'explique

Sur le protocole national de prise en charge des malades, Médias24 fait la remarque suivante :

Médias24 : Dès le départ, vous avez introduit l'hydroxychloroquine - tout le monde le sait - et vous avez déclaré l'autre jour, dans cette interview à Radio 2M que ce n'est pas un médicament, ce n'est pas quelque chose qui guérit de la Covid, mais que cette molécule freine l'entrée du virus.  Je vous demande si vous maintenez cette déclaration…

Khalid Ait Taleb : Je maintiens mais je peux donner plus de détails. Personne ne peut contester que la chloroquine contribue à diminuer bien sûr la charge virale aujourd’hui, parce que c’est un médicament qui est utilisé dans pas mal de pathologies. Lorsque la chloroquine a vu le jour, c'était essentiellement pour traiter le paludisme.

Comment expliquer l'évolution qu'avait connue la chloroquine en traitant certaines maladies du système, certaines vascularites, la sarcoïdose, le lupus, la polyarthrite rhumatoïde... on peut l'utiliser même contre le VIH et on avait utilisé la chloroquine contre le virus Zika. Par extrapolation, on a essayé bien sûr la chloroquine pendant bien sûr l'apparition du Covid.

Que fait la chloroquine ou sulfate de chloroquine ou sulfate d'hydroxychloroquine ? Elle agit au niveau de certains récepteurs de cellules.

Lorsque le virus entre dans la cellule, il a besoin d'un milieu favorable, qui est acide. Et bien la chloroquine augmente le PH intracytosolique de la cellule. Ça veut dire qu'elle rend le milieu défavorable pour la multiplication.

La chloroquine intervient aussi dans le blocage d'une certaine glycoprotéïne ou une enzyme ARN polymérase pour qu'elle empêche quand même le virus d'utiliser le matériel de la cellule pour se multiplier. Dans les 2 étapes, la chloroquine peut interférer pour empêcher cet environnement favorable et donc, la charge virale diminue. Cet effet peut être potentialisé encore plus avec l'utilisation du zinc.

Au Maroc et dans le monde, la chloroquine n’a pas eu l’autorisation d’utilisation pour la Covid parce que la Covid n'est pas encore reconnue comme une maladie contagieuse. Il y a débat pour la reconnaître comme maladie contagieuse à déclaration obligatoire.

180 professionnels de la santé touchés par la Covid-19

Le ministre de la Santé rend hommage aux professionnels de la santé dont 180 personnes ont été touchées par la Covid-19, payant ainsi un lourd tribut à leur engagement contre cette maladie.

“Nous sommes conscients que le métier de la santé aujourd'hui doit connaitre un autre visage parce qu'on est arrivé aujourd'hui à un point d'inflexion où la santé doit se repositionner sur l'échiquier. On ne peut avoir une économie solide sans qu'il n'y ait de santé solide. Donc cette profession doit être attractive. Il faudrait que le statut de ces professionnels soit revu dans le cadre d'une refonte du système de santé.  C’est une conviction. Le statut de la fonction publique est inadapté. Il faut tenir compte de la performance, de la rentabilité, une gestion axée sur le résultat“.

Lits marocains, respirateurs marocains: la santé du patient avant tout

Sur le recours aux capacités marocaines dans le matériel de lutte anti-Covid, le ministre est clair : la Santé du patient avant tout; ni le lit de réanimation ni le respirateur marocains ne sont encore homologués. Par contre, les tests fabriqués par MAScIR sont homologués au Maroc et en France, “et fiables à 100%“. Un marché de fourniture de 1 million de tests est en cours de discussion, après une première acquisition de 100.000 tests. Le ministre cite également les kits de prélèvement marocains que le ministère utilise, et laisse entendre que “d’autres choses sortiront incessamment, tels que les tests rapides“.

 5.500 postes budgétaires seront créés en 2021

En septembre, le ministère de la Santé avait déjà dépensé la plus grande partie du transfert de 2 milliards de DH reçus de la part du Fonds Covid. 45% avaient été réservés aux dépenses de matériel et 55% aux consommables tels que les médicaments.

Le Fonds Covid a transféré un milliard de DH supplémentaires à ce département. Ils seront dépensés de la même manière, dans les mêmes proportions.

Le projet de loi de finances 2021 prévoit une rallonge budgétaire de 2 milliards de DH au ministère.

Sur le plan des ressources humaines, 5.500 postes budgétaires supplémentaires seront créés au niveau de la santé publique, après 4.000 en 2020. Ce nombre sera-t-il suffisant au regard des besoins et des déficits criards?

“Les besoins sont très au-delà, certes mais les capacités de formation ne permettent pas de répondre rapidement. Encore aujourd’hui, nous constatons que lorsqu’on organise des concours, il reste pas mal de postes libres“.

Le ministère compte sur l’optimisation, mais également sur la réforme. En l’occurrence, il s’agit de déconcentration, de régionalisation. Dans un avenir non daté, les régions devraient gérer leurs recrutements dans la santé, voire gérer la formation localement, avec création d’un CHU par région.

Le Maroc dispose aujourd’hui des CHU de Casablanca, Rabat, Marrakech, Fès et Oujda. Le CHU de Tanger est achevé à 98% et sera probablement opérationnel avant la fin de l’année. Le CHU d’Agadir sera achevé en 2021.

>>Lire aussi: EXCLUSIF. Vaccination anti-Covid au Maroc: Médias24 fait le point avec Ait Taleb

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