Elections: la question du seuil électoral divise encore les partis (Débat)

Membres du PAM, PJD et USFP, 3 politiciens débattent de l'intérêt du seuil électoral, lors d'un webinaire organisé par TIZI jeudi 15 octobre. Voici les avantages des options envisagées selon chacune de leurs analyses.

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Elections: la question du seuil électoral divise encore les partis (Débat)

Le 18 octobre 2020 à 11:41

Modifié le 19 octobre 2020 à 11:10

Supprimer, réduire ou relever le seuil électoral ? Ce sont des interrogations qui entourent un débat politique récent à l’approche des élections de 2021. 

Ces questions ont également fait l’objet d’une discussion, jeudi 15 octobre, entre les représentants de 3 partis politiques (PAM, PJD et USFP) avec la participation de Yassine Alia, membre fondateur du mouvement Maân, dans le cadre d’un webinaire organisé par Tariq Ibnou Ziyad Initiative (TIZI). 

Amina Maelainine (PJD), Mohamed Soloh (PAM) et Mehdi Mezouari (USFP) ont tour à tour exprimé leur opinion à l’égard des réformes électorales nécessaires, en s’arrêtant sur la faiblesse de la participation politique, la discrimination positive à l'égard des femmes et des jeunes, ou encore sur la balkanisation du champ politique. Les intervenants ont également abordé le sujet du seuil électoral qui fait débat aujourd'hui. 

"Plus le seuil est élevé mieux la démocratie est servie"

Si le PAM a proposé la suppression du seuil électoral, le PJD est, au contraire, favorable à un seuil élevé (6%) sauf pour la liste nationale pour laquelle le parti propose un seuil de 3%. 

Au sein du mouvement Maân, on considère que “plus le seuil est élevé mieux la démocratie est servie”. 

Dans ce sens, Yassine Alia déclare que lorsqu’un parti politique “qui profite d’un seuil bas pour gagner des sièges se retrouve avec moins voire pas du tout de siège lorsque le seuil est élevé, c’est alors une occasion pour le pousser à faire une rétrospection sur le choix qu’il donne aux citoyens”. 

Quel est l’intérêt d’un seuil électoral élevé ? C’est la question que pose Mehdi Mezouari. 

“Est-ce qu’élever le seuil va faire naître des érudits parmi les élus ou laisser place à des législateurs de haut niveau ? Va-t-il nous débarrasser des opportunistes ? Au final, c’est une question technique qui ne constitue pas une priorité pour les Marocains dans ce contexte particulier”, ajoute-t-il. 

Faut-il supprimer le seuil pour assurer la diversité ? 

Pour Amina Maelainine c’est un non catégorique. La députée est ferme et estime que ce sont “les partis politiques handicapés, incapables, morts, qui ont tout perdu qui mendient (des sièges, ndlr) derrière des slogans de diversité”. 

“Aucun système électoral dans le monde ne dit que pour assurer la présence des partis politiques, il faut créer des mécanismes qui garantissent la diversité, car la diversité c’est se distinguer par ses références et son bagage”, martèle la députée. 

Selon M. Soloh, “la diversité n’est pas créée par les partis mais par les individus”. 

Le Pamiste se positionne en faveur de l’établissement d’un seuil électoral afin "d'assurer la légitimité de représenter les citoyens”. Cela dit, il ne faut pas que ce seuil soit élevé, car Mohamed Soloh y voit une occasion pour les “professionnels des élections” de "piquer" des sièges sans laisser une chance aux femmes et aux jeunes compétents. Ces derniers "seront automatiquement mis à l'écart car ils ne seront pas aptes à atteindre le seuil", explique-t-il. 

“Le seuil est local tandis que la balkanisation est nationale”

Pour Mohamed Soloh, la question du seuil est "une solution et un problème à la fois". Il déplore que les élections se soient transformées en une "bataille quantitative au lieu de se focaliser sur le qualitatif".

"On ne demande plus si le candidat va produire, contrôler le gouvernement ou encore participer au travail législatif, ce qui importe c’est de savoir s’il va réussir à gagner un siège ou pas", ajoute-t-il.

"Il suffit de revenir sur le parcours politique de certaines personnes pour voir qu'elles sont passées par tous les partis depuis les années 70. Certains ont des sièges garantis, il ne reste plus qu’à savoir quelles couleurs vont-ils représenter. Ce sont les professionnels des élections pour lesquels les gens sans appartenance politique votent”. 

Pour M. Soloh, le réel problème réside dans le fait que “le seuil est local tandis que la balkanisaiton est nationale”.

Dans ce sens, il suggère que, “peu importe le résultat obtenu au niveau des arrondissements, tant que le parti politique n’obtient pas un minimum de 4 ou 6% au niveau national, le candidat ne doit pas accéder au Parlement”. 

Elections: la question du seuil électoral divise encore les partis (Débat)

Le 18 octobre 2020 à11:46

Modifié le 19 octobre 2020 à 11:10

Membres du PAM, PJD et USFP, 3 politiciens débattent de l'intérêt du seuil électoral, lors d'un webinaire organisé par TIZI jeudi 15 octobre. Voici les avantages des options envisagées selon chacune de leurs analyses.

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Supprimer, réduire ou relever le seuil électoral ? Ce sont des interrogations qui entourent un débat politique récent à l’approche des élections de 2021. 

Ces questions ont également fait l’objet d’une discussion, jeudi 15 octobre, entre les représentants de 3 partis politiques (PAM, PJD et USFP) avec la participation de Yassine Alia, membre fondateur du mouvement Maân, dans le cadre d’un webinaire organisé par Tariq Ibnou Ziyad Initiative (TIZI). 

Amina Maelainine (PJD), Mohamed Soloh (PAM) et Mehdi Mezouari (USFP) ont tour à tour exprimé leur opinion à l’égard des réformes électorales nécessaires, en s’arrêtant sur la faiblesse de la participation politique, la discrimination positive à l'égard des femmes et des jeunes, ou encore sur la balkanisation du champ politique. Les intervenants ont également abordé le sujet du seuil électoral qui fait débat aujourd'hui. 

"Plus le seuil est élevé mieux la démocratie est servie"

Si le PAM a proposé la suppression du seuil électoral, le PJD est, au contraire, favorable à un seuil élevé (6%) sauf pour la liste nationale pour laquelle le parti propose un seuil de 3%. 

Au sein du mouvement Maân, on considère que “plus le seuil est élevé mieux la démocratie est servie”. 

Dans ce sens, Yassine Alia déclare que lorsqu’un parti politique “qui profite d’un seuil bas pour gagner des sièges se retrouve avec moins voire pas du tout de siège lorsque le seuil est élevé, c’est alors une occasion pour le pousser à faire une rétrospection sur le choix qu’il donne aux citoyens”. 

Quel est l’intérêt d’un seuil électoral élevé ? C’est la question que pose Mehdi Mezouari. 

“Est-ce qu’élever le seuil va faire naître des érudits parmi les élus ou laisser place à des législateurs de haut niveau ? Va-t-il nous débarrasser des opportunistes ? Au final, c’est une question technique qui ne constitue pas une priorité pour les Marocains dans ce contexte particulier”, ajoute-t-il. 

Faut-il supprimer le seuil pour assurer la diversité ? 

Pour Amina Maelainine c’est un non catégorique. La députée est ferme et estime que ce sont “les partis politiques handicapés, incapables, morts, qui ont tout perdu qui mendient (des sièges, ndlr) derrière des slogans de diversité”. 

“Aucun système électoral dans le monde ne dit que pour assurer la présence des partis politiques, il faut créer des mécanismes qui garantissent la diversité, car la diversité c’est se distinguer par ses références et son bagage”, martèle la députée. 

Selon M. Soloh, “la diversité n’est pas créée par les partis mais par les individus”. 

Le Pamiste se positionne en faveur de l’établissement d’un seuil électoral afin "d'assurer la légitimité de représenter les citoyens”. Cela dit, il ne faut pas que ce seuil soit élevé, car Mohamed Soloh y voit une occasion pour les “professionnels des élections” de "piquer" des sièges sans laisser une chance aux femmes et aux jeunes compétents. Ces derniers "seront automatiquement mis à l'écart car ils ne seront pas aptes à atteindre le seuil", explique-t-il. 

“Le seuil est local tandis que la balkanisation est nationale”

Pour Mohamed Soloh, la question du seuil est "une solution et un problème à la fois". Il déplore que les élections se soient transformées en une "bataille quantitative au lieu de se focaliser sur le qualitatif".

"On ne demande plus si le candidat va produire, contrôler le gouvernement ou encore participer au travail législatif, ce qui importe c’est de savoir s’il va réussir à gagner un siège ou pas", ajoute-t-il.

"Il suffit de revenir sur le parcours politique de certaines personnes pour voir qu'elles sont passées par tous les partis depuis les années 70. Certains ont des sièges garantis, il ne reste plus qu’à savoir quelles couleurs vont-ils représenter. Ce sont les professionnels des élections pour lesquels les gens sans appartenance politique votent”. 

Pour M. Soloh, le réel problème réside dans le fait que “le seuil est local tandis que la balkanisaiton est nationale”.

Dans ce sens, il suggère que, “peu importe le résultat obtenu au niveau des arrondissements, tant que le parti politique n’obtient pas un minimum de 4 ou 6% au niveau national, le candidat ne doit pas accéder au Parlement”. 

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