Dr Saïd Afif : "Un retour à la vie normale aura lieu à partir de l’été"

Malgré les retards de livraison des vaccins commandés aux laboratoires AstraZeneca et Sinopharm, le Maroc sera un des premiers pays du continent à commencer cette semaine sa campagne de vaccination. Selon le docteur Saïd Afif, membre du comité national technique de vaccination, les Marocains pourront revivre normalement à partir de juillet, après avoir atteint l’immunité collective.

0-https://medias24.com//photos_articles/big/26-01-2021/MySaidAfif0.jpg-oui
Dr Saïd Afif :

Le 26 janvier 2021 à 19:24

Modifié le 26 janvier 2021 à 21:14

Si l’Union européenne commence à s’inquiéter du retard des livraisons du laboratoire britannique qui produit les vaccins AstraZeneca, le Maroc ne semble pas craindre de ne pas être livré dans les délais impartis sachant qu’il a commandé l’essentiel de ses 66 millions de doses au Chinois Sinopharm.

Des retards de livraison qui n’impacteront pas la campagne de vaccination

C’est en tout cas ce que laisse entendre Dr Saïd Afif, président la Société marocaine des sciences médicales et d’InfoVac Maroc, qui se veut optimiste et ne table pas sur des retards assez importants pouvant reporter jusqu’à la fin de l’année en cours, la fin de la campagne nationale de vaccination.

Interrogé sur les reports incessants du début de cette campagne qui devait commencer à la mi-décembre et qui pourrait en cas de nouveaux retards de livraison démentir l’optimisme du ministre de la Santé qui avait promis un retour à la vie normale en mai prochain, celui qui préside aussi la fédération nationale de la santé (FNS) se veut rassurant en confirmant que les vaccinations devraient démarrer rapidement juste après la réception des vaccins chinois prévue pour le 27 janvier.

« Il faudra attendre la semaine prochaine pour voir comment les choses vont évoluer mais malgré les retards de livraison, le Maroc est quand même un des premiers pays africains à avoir reçu autant de vaccins sachant qu’à ce jour l’Egypte qui compte 100 millions d’habitants n’a reçu que 100.000 doses », explique le pédiatre pour qui, il n’y a pas lieu de s’inquiéter d’un nouveau retard important.

La vraie priorité est à la prévention et aux mesures-barrières

« Notre seule priorité actuelle est de respecter les mesures barrières car en réalité c’est l’arme la plus efficace qui sera complétée par la campagne nationale de vaccination.

« De plus, pour éviter une explosion de patients admis en réanimation, il faut absolument que les personnes âgées et souffrant de comorbidités se fassent tester au lieu de croire à une simple grippe.

« Si les jeunes peuvent attendre, ce n’est pas le cas des aînés qui arrivent souvent aux urgences avec des scanners montrant des atteintes pulmonaires de 70% faute d’avoir effectué un test PCR à temps.

« Sachant que notre situation est bien meilleure que dans des pays comme la France, l’Angleterre, le Brésil ou l’Afrique du Sud, il ne faut surtout pas répéter certaines erreurs, comme relâcher notre vigilance, et que nos concitoyens s’autorisent à baisser la garde en termes de distanciation sociale », tient à prévenir le membre du comité scientifique national mis en place par les autorités publiques.

La campagne de vaccination nationale est beaucoup moins urgente qu’en Europe

« Quant à une comparaison du Maroc avec les pays européens qui n'arriveraient pas à vacciner assez vite leur population, notre situation sanitaire est beaucoup moins grave et urgente que chez eux.

« Ainsi, grâce aux mesures prises par le gouvernement comme par exemple l’instauration d’un couvre-feu national et surtout à la vigilance dont font preuve les Marocains, la courbe épidémiologique n’a pas cessé de s'améliorer car même si le nombre de tests pratiqués a diminué, au final le taux de positivité est passé de 25 % en août à seulement 6% hier (25/01).

« Idem pour le nombre des patients en réanimation qui a baissé de 1100 à 770 personnes et pour la mortalité qui est passée de 70 victimes quotidiennes à 22 décès par jour », se félicite le praticien qui ajoute que les progrès enregistrés depuis l’été par le Maroc sont palpables et même flagrants.

« Si l’on devait se comparer avec la Grande-Bretagne qui est très durement touchée par la pandémie, ce pays aimerait dans l’idéal arriver à notre situation épidémiologique avec le vaccin alors que le Maroc n’a, contrairement aux Anglais, pas encore commencé à vacciner sa propre population.

La fin de la vaccination est prévue pour fin avril

« A partir de là, si la situation reste stable, le Maroc va certainement démarrer rapidement sa vaccination dans de bonnes conditions et sans aucune pression malgré les retards de livraison ».

Sur le délai qui sera nécessaire pour vacciner 80% de la population de plus de 18 ans, soit 25 millions de Marocains, Afif croit toujours à une durée de 3 mois après le début imminent de la campagne.

« C’est une prévision réalisable avec nos 3.047 centres de vaccination mais nous n’en saurons plus que quelques jours après le début de la campagne qui devra atteindre une vitesse de croisière.

« Nous nous devons de rester prudent sur sa durée véritable parce que ce virus nous a appris à tous (médecins, journalistes …) à rester modestes et à ne pas avoir des certitudes sur nos prévisions.

« Si ce délai de 3 mois a été le fruit d’un calcul qui n’est pas tombé par hasard, nous verrons sur le terrain comment respecter le timing imparti qui dépendra aussi de paramètres externes comme l’adhésion de la population et l’arrivage des vaccins commandés.

Le Maroc est d'ores et déjà prêt à vacciner 25 millions de personnes

« En effet, sachant que l’on va vacciner des millions de personnes en période de pandémie, il va falloir mettre en œuvre un circuit dans chaque région (prise de rendez-vous, interrogatoire du personnel avant le vaccin, attente après avoir été vacciné pour voir s’il n’y a pas de problèmes).

« Ce n’est qu’à partir de ce moment que l’on pourra voir si on est en mesure de tenir le cap des prévisions et éventuellement d’ajuster ou d’ajouter des points de vaccination de Tanger à Lagouira.

« Sans avoir les moyens européens, le Maroc a préparé une vraie armada en termes de logistique de vaccination avec notamment 10.000 équipes mobiles qui s’ajouteront aux centres fixes », se félicite Afif qui refuse d’envisager un scénario catastrophe avec des vaccins non livrés dans les délais prévus.

Le calendrier final de livraison des vaccins sera annoncé la semaine prochaine

Devant notre insistance, le médecin rappelle que le Maroc vient de recevoir d’Inde 2 millions de vaccins AstraZeneca et que la réception des premières doses du Chinois Sinopharm prévue demain (27/01) n’a pas été reportée.

« Si tout se passe bien, nous serons fixés la semaine prochaine lorsque le ministère de la Santé annoncera le calendrier de livraison du reste des vaccins commandés », répond Afif, optimiste.

La fin du cauchemar prévue à partir de juillet prochain

A la dernière question portant sur la fin espérée de la campagne de vaccination, le président avance que la population marocaine pourra enfin souffler et retrouver une vie normale dès l’été prochain sans port obligatoire de masque ou de mesures barrières.

« Si aux Etats-Unis, l’épidémiologiste Moncef Slaoui a parlé d’un retour à la normale en avril, au Maroc il faudra attendre juin ou juillet prochain sachant qu’après avoir vacciné les 25 millions de Marocains, il faudra encore patienter quatre semaines pour atteindre une vraie immunité collective.

La vraie durée de l’efficacité du vaccin ne sera connue que vers janvier 2022

« Il ne faut donc pas baisser la garde avant d’atteindre cette immunité qui empêchera le virus de circuler et de muter.

« Ce n’est que 6 à 9 mois après que nous ferons des séro-tests qui permettront de déterminer la durée de cette immunité nouvellement acquise.

« Sera-t-elle à vie, tous les 3 ans ? ou faudra-t-il se faire vacciner chaque année comme pour une grippe normale ? », conclut Afif en ajoutant que personne n’a d’assurance sur la durée de ces vaccins.

Dr Saïd Afif : "Un retour à la vie normale aura lieu à partir de l’été"

Le 26 janvier 2021 à19:24

Modifié le 26 janvier 2021 à 21:14

Malgré les retards de livraison des vaccins commandés aux laboratoires AstraZeneca et Sinopharm, le Maroc sera un des premiers pays du continent à commencer cette semaine sa campagne de vaccination. Selon le docteur Saïd Afif, membre du comité national technique de vaccination, les Marocains pourront revivre normalement à partir de juillet, après avoir atteint l’immunité collective.

com_redaction-96

Si l’Union européenne commence à s’inquiéter du retard des livraisons du laboratoire britannique qui produit les vaccins AstraZeneca, le Maroc ne semble pas craindre de ne pas être livré dans les délais impartis sachant qu’il a commandé l’essentiel de ses 66 millions de doses au Chinois Sinopharm.

Des retards de livraison qui n’impacteront pas la campagne de vaccination

C’est en tout cas ce que laisse entendre Dr Saïd Afif, président la Société marocaine des sciences médicales et d’InfoVac Maroc, qui se veut optimiste et ne table pas sur des retards assez importants pouvant reporter jusqu’à la fin de l’année en cours, la fin de la campagne nationale de vaccination.

Interrogé sur les reports incessants du début de cette campagne qui devait commencer à la mi-décembre et qui pourrait en cas de nouveaux retards de livraison démentir l’optimisme du ministre de la Santé qui avait promis un retour à la vie normale en mai prochain, celui qui préside aussi la fédération nationale de la santé (FNS) se veut rassurant en confirmant que les vaccinations devraient démarrer rapidement juste après la réception des vaccins chinois prévue pour le 27 janvier.

« Il faudra attendre la semaine prochaine pour voir comment les choses vont évoluer mais malgré les retards de livraison, le Maroc est quand même un des premiers pays africains à avoir reçu autant de vaccins sachant qu’à ce jour l’Egypte qui compte 100 millions d’habitants n’a reçu que 100.000 doses », explique le pédiatre pour qui, il n’y a pas lieu de s’inquiéter d’un nouveau retard important.

La vraie priorité est à la prévention et aux mesures-barrières

« Notre seule priorité actuelle est de respecter les mesures barrières car en réalité c’est l’arme la plus efficace qui sera complétée par la campagne nationale de vaccination.

« De plus, pour éviter une explosion de patients admis en réanimation, il faut absolument que les personnes âgées et souffrant de comorbidités se fassent tester au lieu de croire à une simple grippe.

« Si les jeunes peuvent attendre, ce n’est pas le cas des aînés qui arrivent souvent aux urgences avec des scanners montrant des atteintes pulmonaires de 70% faute d’avoir effectué un test PCR à temps.

« Sachant que notre situation est bien meilleure que dans des pays comme la France, l’Angleterre, le Brésil ou l’Afrique du Sud, il ne faut surtout pas répéter certaines erreurs, comme relâcher notre vigilance, et que nos concitoyens s’autorisent à baisser la garde en termes de distanciation sociale », tient à prévenir le membre du comité scientifique national mis en place par les autorités publiques.

La campagne de vaccination nationale est beaucoup moins urgente qu’en Europe

« Quant à une comparaison du Maroc avec les pays européens qui n'arriveraient pas à vacciner assez vite leur population, notre situation sanitaire est beaucoup moins grave et urgente que chez eux.

« Ainsi, grâce aux mesures prises par le gouvernement comme par exemple l’instauration d’un couvre-feu national et surtout à la vigilance dont font preuve les Marocains, la courbe épidémiologique n’a pas cessé de s'améliorer car même si le nombre de tests pratiqués a diminué, au final le taux de positivité est passé de 25 % en août à seulement 6% hier (25/01).

« Idem pour le nombre des patients en réanimation qui a baissé de 1100 à 770 personnes et pour la mortalité qui est passée de 70 victimes quotidiennes à 22 décès par jour », se félicite le praticien qui ajoute que les progrès enregistrés depuis l’été par le Maroc sont palpables et même flagrants.

« Si l’on devait se comparer avec la Grande-Bretagne qui est très durement touchée par la pandémie, ce pays aimerait dans l’idéal arriver à notre situation épidémiologique avec le vaccin alors que le Maroc n’a, contrairement aux Anglais, pas encore commencé à vacciner sa propre population.

La fin de la vaccination est prévue pour fin avril

« A partir de là, si la situation reste stable, le Maroc va certainement démarrer rapidement sa vaccination dans de bonnes conditions et sans aucune pression malgré les retards de livraison ».

Sur le délai qui sera nécessaire pour vacciner 80% de la population de plus de 18 ans, soit 25 millions de Marocains, Afif croit toujours à une durée de 3 mois après le début imminent de la campagne.

« C’est une prévision réalisable avec nos 3.047 centres de vaccination mais nous n’en saurons plus que quelques jours après le début de la campagne qui devra atteindre une vitesse de croisière.

« Nous nous devons de rester prudent sur sa durée véritable parce que ce virus nous a appris à tous (médecins, journalistes …) à rester modestes et à ne pas avoir des certitudes sur nos prévisions.

« Si ce délai de 3 mois a été le fruit d’un calcul qui n’est pas tombé par hasard, nous verrons sur le terrain comment respecter le timing imparti qui dépendra aussi de paramètres externes comme l’adhésion de la population et l’arrivage des vaccins commandés.

Le Maroc est d'ores et déjà prêt à vacciner 25 millions de personnes

« En effet, sachant que l’on va vacciner des millions de personnes en période de pandémie, il va falloir mettre en œuvre un circuit dans chaque région (prise de rendez-vous, interrogatoire du personnel avant le vaccin, attente après avoir été vacciné pour voir s’il n’y a pas de problèmes).

« Ce n’est qu’à partir de ce moment que l’on pourra voir si on est en mesure de tenir le cap des prévisions et éventuellement d’ajuster ou d’ajouter des points de vaccination de Tanger à Lagouira.

« Sans avoir les moyens européens, le Maroc a préparé une vraie armada en termes de logistique de vaccination avec notamment 10.000 équipes mobiles qui s’ajouteront aux centres fixes », se félicite Afif qui refuse d’envisager un scénario catastrophe avec des vaccins non livrés dans les délais prévus.

Le calendrier final de livraison des vaccins sera annoncé la semaine prochaine

Devant notre insistance, le médecin rappelle que le Maroc vient de recevoir d’Inde 2 millions de vaccins AstraZeneca et que la réception des premières doses du Chinois Sinopharm prévue demain (27/01) n’a pas été reportée.

« Si tout se passe bien, nous serons fixés la semaine prochaine lorsque le ministère de la Santé annoncera le calendrier de livraison du reste des vaccins commandés », répond Afif, optimiste.

La fin du cauchemar prévue à partir de juillet prochain

A la dernière question portant sur la fin espérée de la campagne de vaccination, le président avance que la population marocaine pourra enfin souffler et retrouver une vie normale dès l’été prochain sans port obligatoire de masque ou de mesures barrières.

« Si aux Etats-Unis, l’épidémiologiste Moncef Slaoui a parlé d’un retour à la normale en avril, au Maroc il faudra attendre juin ou juillet prochain sachant qu’après avoir vacciné les 25 millions de Marocains, il faudra encore patienter quatre semaines pour atteindre une vraie immunité collective.

La vraie durée de l’efficacité du vaccin ne sera connue que vers janvier 2022

« Il ne faut donc pas baisser la garde avant d’atteindre cette immunité qui empêchera le virus de circuler et de muter.

« Ce n’est que 6 à 9 mois après que nous ferons des séro-tests qui permettront de déterminer la durée de cette immunité nouvellement acquise.

« Sera-t-elle à vie, tous les 3 ans ? ou faudra-t-il se faire vacciner chaque année comme pour une grippe normale ? », conclut Afif en ajoutant que personne n’a d’assurance sur la durée de ces vaccins.

A lire aussi


6
Les dernières annonces judiciaires
5
Les dernières annonces légales

Communication financière

S2M : Communiqué Financier des Indicateurs du 4e trimestre 2020

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.