Covid: Le Conseil scientifique français préconise une réponse différente à la 2e vague

Quel impact de la baisse des températures sur le nombre de cas Covid ? Confinement, couvre-feu, comment limiter la propagation du virus et à quel coût ? Voici l'analyse du Conseil scientifique français concernant la deuxième vague.

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Covid: Le Conseil scientifique français préconise une réponse différente à la 2e vague (Photo AFP)

Le 11 novembre 2020 à 16:39

Modifié le 11 novembre 2020 à 19:41

Le Conseil scientifique français a publié le 26 octobre dernier une note relative à la "deuxième vague entraînant une situation sanitaire critique". 

Cette note a été mise à jour le 28 octobre 2020 et a été établie dans l'objectif d'éclairer les autorités sanitaires françaises dans la prise de décisions dont l'objectif est de limiter la propagation du virus. 

Cet article vise à ressortir les principales analyses et conclusions du Conseil scientifique. L'intégralité de ladite note est accessible ici.

"Remontée rapide du nombre de cas suite à une baisse des températures"

Il convient de préciser que même si le Conseil scientifique évoque une accélération du nombre de cas journaliers "dont la brutalité est surprenante", la deuxième vague était tout de même attendue par le conseil qui, depuis le mois de juillet, alerte sur la potentielle "circulation du virus à un haut niveau dès l'automne 2020", précisément à la fin du mois de septembre. 

Selon le Conseil scientifique, cette accélération pourrait être expliquée par le refroidissement climatique observé en fin septembre, qui favoriserait la persistance du virus et le retour des personnes en milieu intérieur".

"A partir du premier octobre, on constate une remontée extrêmement rapide du nombre de nouveaux cas, qui fait suite à une baisse généralisée des températures (baisse atteignant 25°C pour les maximales par endroit) qui a débuté entre le 20 et le 25 septembre selon les régions". 

"Le refroidissement, et la hausse du nombre de cas, ont été observés dans la très grande majorité des pays européens et ce depuis le 1er octobre 2020. Les seuls pays qui semblent avoir été épargnés pour l’instant sont la Finlande, la Norvège, l’Estonie, la Grèce et Chypre."

Face à cette situation critique, le Conseil scientifique a préconisé une réponse à cette deuxième vague qui serait différente de celle donnée à la première, de manière à "s'appuyer sur un choix politique et sociétal et pas seulement sanitaire". 

"Le temps qui s'écoule entre l'infection et l'hospitalisation est de 11 jours"

Pour éclairer les autorités sanitaires, le Conseil scientifique français a proposé trois options de réponse pour faire face à la circulation massive du virus et donc à une seconde vague covid-19 potentiellement plus sévère que la première. 

Avant de s'attarder sur chacune de ces options, il convient de préciser que leur mise en place repose sur quelques piliers. Il s'agit de protéger les personnes vulnérables (âgées, fragiles ou en situation de précarité), de préserver l'économie et la vie scolaire "même partiellement" et de limiter la circulation du virus. 

Dans le même document, le Conseil scientifique note trois séries d'indicateurs "qui peuvent participer au suivi des mesures de contrôle de la circulation du virus". Il s'agit des indicateurs sur la mobilité des personnes qui constituent des "indices de mobilité produits par Google sur la base des positions de smartphones". 

Cet indicateur a permis de constater que "l'arrivée du froid entre le 17 et le 24 septembre s'est accompagnée d'une diminution de la fréquentation des parcs à partir du 18 septembre, traduisant vraisemblablement le fait que les personnes sont plus restées en milieu intérieur, favorisant la reprise de l'épidémie". 

Le second indicateur est celui de la survenue des cas, basé sur "le taux d'incidence des cas diagnostiqués à tous les âges, des cas diagnostiqués chez les plus de 65 ans et du taux de positivité des tests RT-PCR", lit-on dans la note du Conseil scientifique qui souligne également que "le taux d'incidence dans la population de plus de 65 ans est un marqueur particulièrement important". 

Selon le même document, le taux d'incidence des cas a baissé depuis le 17 octobre, soit depuis la mise en place du couvre-feu et ce, uniquement dans les métropoles concernées par cette mesure, puisque à cette date, le couvre-feu n'était pas généralisé en France. 

Enfin, le troisième indicateur est celui de la survenue des formes graves. Même s'il s'agit d'un indicateur "robuste" il reste tout de même "décalé dans le temps" puisqu'en moyenne, le temps qui s'écoule entre l'infection et l'hospitalisation est de 11 jours

Ne rien faire n'est pas une option! 

La première option de réponse identifiée par le Conseil scientifique est de garder les "mesures actuelles sans décisions supplémentaires. Elle donne une idée des évolutions si rien n'est fait ou si les effets attendus ne sont pas obtenus". Mais cette option n'est pas retenue par le Conseil. 

La seconde option est l'instauration de couvre-feu qui sera mué en confinement en cas d'inefficacité. 

"L'extension du couvre-feu sanitaire est susceptible de limiter la circulation du virus, en proportion de la limitation des contacts sociaux obtenue. La réussite de cette stratégie dépend de l'adaptation et des comportements de chacun". 

Le Conseil scientifique propose, par ailleurs, d'accompagner le couvre-feu sanitaire de certaines mesures telles que l'ouverture des restaurants uniquement en journée, l'interdiction de tout événement, la mise en place "accentuée" du télétravail etc. 

"En cas d'échec, des mesures plus contraignantes pourraient être envisagées. La seule mesure à disposition serait alors un confinement, plus ou moins strict, localisé ou plus étendu, voire généralisé à l'ensemble du territoire". 

D'où la troisième option qui porte sur "un confinement aménagé suivi d'un couvre-feu sanitaire dans la phase de déconfinement". 

Dans tous les cas, le Conseil scientifique estime que pour être efficaces, les mesures doivent être prises précocement.

"Cette période de confinement pourrait être envisagée pour une courte durée, de quelques semaines (environ quatre semaines), et être suivie, selon les effets obtenus, par une période de couvre-feu sanitaire". 

Or, si de nombreuses études ont estimé que le confinement avait permis une réduction très importante du taux de transmission du virus (-80% en France), certaines restrictions ont un coût majeur. 

En effet, s'agissant d'un couvre-feu national et élargi, la Direction du trésor en a estimé le coût à 1 milliard d'euros par mois et de 10 milliards d'euros par mois pour un confinement élargi.

Deuxième et dernière vague ? 

Selon le Conseil scientifique français "la pandémie Covid-19 va durer dans le temps", mais la durée de la deuxième vague est "difficile à prévoir" car cela dépend de plusieurs paramètres (le virus, le climat, les mesures des autorités, leur application par les citoyens etc.). 

Cela dit, le Conseil scientifique a quand même émis une hypothèse dans ce sens, en estimant que la deuxième vague risque de durer jusqu'en "fin d'année ou début 2021" suivie d'un "retour de la circulation du virus à un niveau très contrôlé". Mais cette vague sera-t-elle la dernière ? 

"Il est probable que ces mesures optimisées ne suffiront pas pour éviter d'autres vagues après la deuxième. On peut ainsi avoir plusieurs vagues successives durant la fin de l'hiver/printemps 2021, en fonction de différents éléments: état climatique, niveau et efficacité opérationnelle de la stratégie Tester, Tracer, Isoler". 

"L'immunité en population va mettre de nombreux mois à monter de façon significative et commencer à ralentir la rapidité de la circulation du virus en population générale. On ne sait pas exactement pendant quelle durée les personnes déjà atteintes par le Covid-19 auraient une immunité protectrice". 

"Une dernière stratégie consisterait, une fois le contrôle de la circulation du virus rétabli, à le maintenir à un taux inférieur en suivant une stratégie de suppression de la circulation virale, comme l'ont effectué plusieurs pays d'Asie, à chaque reprise épidémique. Elle est cependant la meilleure garante du maintien de l'activité économique dans l'attente de l'arrivée d'un traitement et surtout d'un vaccin". 

(Photo AFP)

Covid: Le Conseil scientifique français préconise une réponse différente à la 2e vague

Le 11 novembre 2020 à16:51

Modifié le 11 novembre 2020 à 19:41

Quel impact de la baisse des températures sur le nombre de cas Covid ? Confinement, couvre-feu, comment limiter la propagation du virus et à quel coût ? Voici l'analyse du Conseil scientifique français concernant la deuxième vague.

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Le Conseil scientifique français a publié le 26 octobre dernier une note relative à la "deuxième vague entraînant une situation sanitaire critique". 

Cette note a été mise à jour le 28 octobre 2020 et a été établie dans l'objectif d'éclairer les autorités sanitaires françaises dans la prise de décisions dont l'objectif est de limiter la propagation du virus. 

Cet article vise à ressortir les principales analyses et conclusions du Conseil scientifique. L'intégralité de ladite note est accessible ici.

"Remontée rapide du nombre de cas suite à une baisse des températures"

Il convient de préciser que même si le Conseil scientifique évoque une accélération du nombre de cas journaliers "dont la brutalité est surprenante", la deuxième vague était tout de même attendue par le conseil qui, depuis le mois de juillet, alerte sur la potentielle "circulation du virus à un haut niveau dès l'automne 2020", précisément à la fin du mois de septembre. 

Selon le Conseil scientifique, cette accélération pourrait être expliquée par le refroidissement climatique observé en fin septembre, qui favoriserait la persistance du virus et le retour des personnes en milieu intérieur".

"A partir du premier octobre, on constate une remontée extrêmement rapide du nombre de nouveaux cas, qui fait suite à une baisse généralisée des températures (baisse atteignant 25°C pour les maximales par endroit) qui a débuté entre le 20 et le 25 septembre selon les régions". 

"Le refroidissement, et la hausse du nombre de cas, ont été observés dans la très grande majorité des pays européens et ce depuis le 1er octobre 2020. Les seuls pays qui semblent avoir été épargnés pour l’instant sont la Finlande, la Norvège, l’Estonie, la Grèce et Chypre."

Face à cette situation critique, le Conseil scientifique a préconisé une réponse à cette deuxième vague qui serait différente de celle donnée à la première, de manière à "s'appuyer sur un choix politique et sociétal et pas seulement sanitaire". 

"Le temps qui s'écoule entre l'infection et l'hospitalisation est de 11 jours"

Pour éclairer les autorités sanitaires, le Conseil scientifique français a proposé trois options de réponse pour faire face à la circulation massive du virus et donc à une seconde vague covid-19 potentiellement plus sévère que la première. 

Avant de s'attarder sur chacune de ces options, il convient de préciser que leur mise en place repose sur quelques piliers. Il s'agit de protéger les personnes vulnérables (âgées, fragiles ou en situation de précarité), de préserver l'économie et la vie scolaire "même partiellement" et de limiter la circulation du virus. 

Dans le même document, le Conseil scientifique note trois séries d'indicateurs "qui peuvent participer au suivi des mesures de contrôle de la circulation du virus". Il s'agit des indicateurs sur la mobilité des personnes qui constituent des "indices de mobilité produits par Google sur la base des positions de smartphones". 

Cet indicateur a permis de constater que "l'arrivée du froid entre le 17 et le 24 septembre s'est accompagnée d'une diminution de la fréquentation des parcs à partir du 18 septembre, traduisant vraisemblablement le fait que les personnes sont plus restées en milieu intérieur, favorisant la reprise de l'épidémie". 

Le second indicateur est celui de la survenue des cas, basé sur "le taux d'incidence des cas diagnostiqués à tous les âges, des cas diagnostiqués chez les plus de 65 ans et du taux de positivité des tests RT-PCR", lit-on dans la note du Conseil scientifique qui souligne également que "le taux d'incidence dans la population de plus de 65 ans est un marqueur particulièrement important". 

Selon le même document, le taux d'incidence des cas a baissé depuis le 17 octobre, soit depuis la mise en place du couvre-feu et ce, uniquement dans les métropoles concernées par cette mesure, puisque à cette date, le couvre-feu n'était pas généralisé en France. 

Enfin, le troisième indicateur est celui de la survenue des formes graves. Même s'il s'agit d'un indicateur "robuste" il reste tout de même "décalé dans le temps" puisqu'en moyenne, le temps qui s'écoule entre l'infection et l'hospitalisation est de 11 jours

Ne rien faire n'est pas une option! 

La première option de réponse identifiée par le Conseil scientifique est de garder les "mesures actuelles sans décisions supplémentaires. Elle donne une idée des évolutions si rien n'est fait ou si les effets attendus ne sont pas obtenus". Mais cette option n'est pas retenue par le Conseil. 

La seconde option est l'instauration de couvre-feu qui sera mué en confinement en cas d'inefficacité. 

"L'extension du couvre-feu sanitaire est susceptible de limiter la circulation du virus, en proportion de la limitation des contacts sociaux obtenue. La réussite de cette stratégie dépend de l'adaptation et des comportements de chacun". 

Le Conseil scientifique propose, par ailleurs, d'accompagner le couvre-feu sanitaire de certaines mesures telles que l'ouverture des restaurants uniquement en journée, l'interdiction de tout événement, la mise en place "accentuée" du télétravail etc. 

"En cas d'échec, des mesures plus contraignantes pourraient être envisagées. La seule mesure à disposition serait alors un confinement, plus ou moins strict, localisé ou plus étendu, voire généralisé à l'ensemble du territoire". 

D'où la troisième option qui porte sur "un confinement aménagé suivi d'un couvre-feu sanitaire dans la phase de déconfinement". 

Dans tous les cas, le Conseil scientifique estime que pour être efficaces, les mesures doivent être prises précocement.

"Cette période de confinement pourrait être envisagée pour une courte durée, de quelques semaines (environ quatre semaines), et être suivie, selon les effets obtenus, par une période de couvre-feu sanitaire". 

Or, si de nombreuses études ont estimé que le confinement avait permis une réduction très importante du taux de transmission du virus (-80% en France), certaines restrictions ont un coût majeur. 

En effet, s'agissant d'un couvre-feu national et élargi, la Direction du trésor en a estimé le coût à 1 milliard d'euros par mois et de 10 milliards d'euros par mois pour un confinement élargi.

Deuxième et dernière vague ? 

Selon le Conseil scientifique français "la pandémie Covid-19 va durer dans le temps", mais la durée de la deuxième vague est "difficile à prévoir" car cela dépend de plusieurs paramètres (le virus, le climat, les mesures des autorités, leur application par les citoyens etc.). 

Cela dit, le Conseil scientifique a quand même émis une hypothèse dans ce sens, en estimant que la deuxième vague risque de durer jusqu'en "fin d'année ou début 2021" suivie d'un "retour de la circulation du virus à un niveau très contrôlé". Mais cette vague sera-t-elle la dernière ? 

"Il est probable que ces mesures optimisées ne suffiront pas pour éviter d'autres vagues après la deuxième. On peut ainsi avoir plusieurs vagues successives durant la fin de l'hiver/printemps 2021, en fonction de différents éléments: état climatique, niveau et efficacité opérationnelle de la stratégie Tester, Tracer, Isoler". 

"L'immunité en population va mettre de nombreux mois à monter de façon significative et commencer à ralentir la rapidité de la circulation du virus en population générale. On ne sait pas exactement pendant quelle durée les personnes déjà atteintes par le Covid-19 auraient une immunité protectrice". 

"Une dernière stratégie consisterait, une fois le contrôle de la circulation du virus rétabli, à le maintenir à un taux inférieur en suivant une stratégie de suppression de la circulation virale, comme l'ont effectué plusieurs pays d'Asie, à chaque reprise épidémique. Elle est cependant la meilleure garante du maintien de l'activité économique dans l'attente de l'arrivée d'un traitement et surtout d'un vaccin". 

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