Covid-19. Explications et révélations de Dr Lyoubi et Dr Slaoui sur 2M

Intéressante édition de "Confidences de presse" sur 2M, dimanche en début de soirée. Le thème était le coronavirus et la pandémie actuelle, avec deux invités très bien choisis. Une émission plutôt rassurante et didactique, avec des révélations à la clé.

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Covid-19. Explications et révélations de Dr Lyoubi et Dr Slaoui sur 2M

Le 13 avril 2020 à 08:49

Modifié le 14 avril 2020 à 10:48

"Le Maroc a gagné trois semaines" grâce aux mesures drastiques prises très tôt comparativement aux autres pays, estime le Dr Mohamed Lyoubi, directeur de l'épidémiologie et de la lutte contre les maladies au ministère de la Santé. Lyoubi est devenu le visage de la lutte contre la propagation, grâce à son rendez-vous quotidien à 18H. Il porte une partie non négligeable de la tension provoquée par cette situation sanitaire inédite.

Lyoubi a été mesuré dans ses réponses. "Nous avons maîtrisé un tant soit peu cette épidémie", mais il refuse d'avancer des pronostics. "A ce stade, il est difficile de répondre avec certitude, nous n'avons pas un recul suffisant". On apprend également que le ministère travaille avec des modèles mathématiques: nous aurions eu davantage de cas et davantage de patients en réanimation sans ces mesures. "La courbe marocaine s'est aplatie", selon les indications préliminaires, consent-il à dire.

L'apparition de foyers familiaux ? S'il n'y avait pas eu de confinement, il y aurait eu les foyers familiaux et la propagation pour chaque cas. "la virulence de la propagation ne se juge pas sur des chiffres absolus mais sur le taux d'attaque, c'est-à-dire le nombre de cas rapportés à la population". Le Maroc fait partie des pays les moins touchés, avec 46 cas par million d'habitants à ce jour (ou 0,46 cas pour 10.000 habitants).

Sur les tests, Lyoubi n'a pas été toujours convaincant. Il explique la différence entre détection précoce (politique suivie par le Maroc) et dépistage. Le Maroc a élargi plusieurs fois la définition des cas suspects ou cas possibles, ceux qui sont soumis à des tests dont l'objectif est la détection précoce.

Bien sûr le Maroc n'a pas les moyens de dépister la totalité de la population. Plus encore, si une personne est testée négative, rien ne garantit qu'elle ne tombera pas malade deux jours plus tard. Cet argument n'est fondé qu'en apparence: si vous dépistez 100, il y aura selon les sources et les pays, 10 ou 20 cas asymptomatiques qui seront détectés. Et dans ce cas, ils sont mis en isolement, évitant des contaminations. Voilà à quoi servent les tests.

Bref, on ne saura ni de combien de tests dispose le Maroc, ni combien de personnes se trouvent hospitalisées ou en réanimation, ni combien de lits de réanimation équipés sont désormais opérationnels...

Dr Slaoui raisonnablement optimiste

Le deuxième invité de cette émission était Moncef Slaoui, spécialiste en vaccins et en immunologie, installé aux Etats-Unis, expert reconnu à l'échelle internationale.

"On savait et je fais partie de ceux qui ont alerté à ce sujet, qu'il y aura un jour une pandémie. Mais on ne savait pas quand" et elle est arrivée assez vite finalement. C'est ce que rapporte le Dr Slaoui. On ne dira pas qu'on ne savait pas.

Actuellement, il y a 800 études cliniques simultanées dans le monde, pour trouver un médicament, annonce-t-il. Les molécules testées sont de plusieurs familles: celles qui inhibent le virus (hydroxycholoroquine par exemple); celles qui suivent une stratégie d'immunité, et par exemple les anticorps monoclonaux...

Dr Slaoui est optimiste pour les quelques mois qui viennent. Il espère que d'ici fin mai début juin, il y aura des réponses scientifiques sur l'efficacité des médicaments testés. 

Il rapporte également que plus de 30 vaccins sont en développement pré-clinique, dont deux arrivés au stade des essais cliniques. En 8 semaines, les chercheurs ont parcouru un chemin qui nécessite d'habitude 3 à 7 ans. "Je pense que d'ici la fin de l'année, nous disposerons de vaccins safe et efficaces, mais il sera impossible d'en fabriquer suffisamment en peu de temps pour les 8 milliards d'êtres humains".

Dernier point, Dr Slaoui conclut sur l'importance des nouvelles technologies pour sortir définitivement de cette crise.

Covid-19. Explications et révélations de Dr Lyoubi et Dr Slaoui sur 2M

Le 13 avril 2020 à09:10

Modifié le 14 avril 2020 à 10:48

Intéressante édition de "Confidences de presse" sur 2M, dimanche en début de soirée. Le thème était le coronavirus et la pandémie actuelle, avec deux invités très bien choisis. Une émission plutôt rassurante et didactique, avec des révélations à la clé.

"Le Maroc a gagné trois semaines" grâce aux mesures drastiques prises très tôt comparativement aux autres pays, estime le Dr Mohamed Lyoubi, directeur de l'épidémiologie et de la lutte contre les maladies au ministère de la Santé. Lyoubi est devenu le visage de la lutte contre la propagation, grâce à son rendez-vous quotidien à 18H. Il porte une partie non négligeable de la tension provoquée par cette situation sanitaire inédite.

Lyoubi a été mesuré dans ses réponses. "Nous avons maîtrisé un tant soit peu cette épidémie", mais il refuse d'avancer des pronostics. "A ce stade, il est difficile de répondre avec certitude, nous n'avons pas un recul suffisant". On apprend également que le ministère travaille avec des modèles mathématiques: nous aurions eu davantage de cas et davantage de patients en réanimation sans ces mesures. "La courbe marocaine s'est aplatie", selon les indications préliminaires, consent-il à dire.

L'apparition de foyers familiaux ? S'il n'y avait pas eu de confinement, il y aurait eu les foyers familiaux et la propagation pour chaque cas. "la virulence de la propagation ne se juge pas sur des chiffres absolus mais sur le taux d'attaque, c'est-à-dire le nombre de cas rapportés à la population". Le Maroc fait partie des pays les moins touchés, avec 46 cas par million d'habitants à ce jour (ou 0,46 cas pour 10.000 habitants).

Sur les tests, Lyoubi n'a pas été toujours convaincant. Il explique la différence entre détection précoce (politique suivie par le Maroc) et dépistage. Le Maroc a élargi plusieurs fois la définition des cas suspects ou cas possibles, ceux qui sont soumis à des tests dont l'objectif est la détection précoce.

Bien sûr le Maroc n'a pas les moyens de dépister la totalité de la population. Plus encore, si une personne est testée négative, rien ne garantit qu'elle ne tombera pas malade deux jours plus tard. Cet argument n'est fondé qu'en apparence: si vous dépistez 100, il y aura selon les sources et les pays, 10 ou 20 cas asymptomatiques qui seront détectés. Et dans ce cas, ils sont mis en isolement, évitant des contaminations. Voilà à quoi servent les tests.

Bref, on ne saura ni de combien de tests dispose le Maroc, ni combien de personnes se trouvent hospitalisées ou en réanimation, ni combien de lits de réanimation équipés sont désormais opérationnels...

Dr Slaoui raisonnablement optimiste

Le deuxième invité de cette émission était Moncef Slaoui, spécialiste en vaccins et en immunologie, installé aux Etats-Unis, expert reconnu à l'échelle internationale.

"On savait et je fais partie de ceux qui ont alerté à ce sujet, qu'il y aura un jour une pandémie. Mais on ne savait pas quand" et elle est arrivée assez vite finalement. C'est ce que rapporte le Dr Slaoui. On ne dira pas qu'on ne savait pas.

Actuellement, il y a 800 études cliniques simultanées dans le monde, pour trouver un médicament, annonce-t-il. Les molécules testées sont de plusieurs familles: celles qui inhibent le virus (hydroxycholoroquine par exemple); celles qui suivent une stratégie d'immunité, et par exemple les anticorps monoclonaux...

Dr Slaoui est optimiste pour les quelques mois qui viennent. Il espère que d'ici fin mai début juin, il y aura des réponses scientifiques sur l'efficacité des médicaments testés. 

Il rapporte également que plus de 30 vaccins sont en développement pré-clinique, dont deux arrivés au stade des essais cliniques. En 8 semaines, les chercheurs ont parcouru un chemin qui nécessite d'habitude 3 à 7 ans. "Je pense que d'ici la fin de l'année, nous disposerons de vaccins safe et efficaces, mais il sera impossible d'en fabriquer suffisamment en peu de temps pour les 8 milliards d'êtres humains".

Dernier point, Dr Slaoui conclut sur l'importance des nouvelles technologies pour sortir définitivement de cette crise.

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