Covid-19 : Envolée des frais du transport international routier de marchandises

Les hausses vont de 50% à 75% en fonction de la destination. En cause, beaucoup de camions rentrent vides de l’Europe et les chauffeurs qui parviennent à renouveler leurs visas craignent de traverser les frontières. Les exportateurs marocains et leurs clients supportent le surcoût.

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Covid-19 : Envolée des frais du transport international routier de marchandises

Le 24 mars 2020 à 17:24

Modifié le 24 mars 2020 à 17:34

Les exportations marocaines subissent de plein fouet l’impact local et international de la crise liée à la pandémie du Coronavirus : industrie automobile, textile… sont pénalisés soit par la baisse de la demande étrangère adressée au Maroc et les perturbations des chaines d’approvisionnement, soit par les restrictions et mesures de précaution décidées au niveau national.

Certains secteurs parviennent tout de même à tirer leur épingle du jeu. C’est le cas du secteur agricole qui connait une forte demande étrangère sur les fruits et légumes en raison des conditions difficiles que vivent les principaux pays producteurs en Europe (Espagne, Italie, Portugal).

Sauf que ce secteur, qui commence à peine à profiter du renchérissement des produits marocains sur les marchés européens, se trouve aujourd’hui confronté à une envolée des frais du transport international routier de marchandises qui, quand elle ne peut pas être répercutée sur le client étranger, vient absorber une bonne partie de la marge additionnelle de l’exportateur marocain.

Selon un grand groupe agricole actif à l’export, les frais ont augmenté de 50% à destination de l’Espagne et du Portugal, de 60% pour la France, la Pologne et l’Angleterre, de 70% pour la Belgique et les Pays-Bas, et de 75% pour l’Allemagne.

Ces augmentations correspondent à un surplus variant entre 2.100 euros et 3.500 euros par livraison.

Chute des importations et pénurie de chauffeurs

Aussi bien les exportateurs de fruits et légumes que les transporteurs marocains sondés confirment cette hausse et sont unanimes quant aux raisons qui l’expliquent.

La première raison est que les camions de transport international routier partent pleins du Maroc mais rentrent vides, à cause de la baisse de la demande des importateurs marocains et des perturbations de production en Europe. Du coût, l’exportateur marocain supporte les frais de l’aller-retour au lieu de l’aller simple.

« La logistique est un métier d’équilibriste. Et aujourd’hui, les flux sont complètement déséquilibrés à cause de la pandémie du Coronavirus, affirme Driss Bernoussi, président de l’association marocaine des transporteurs routiers inter-continentaux du Nord (AMTRI Nord) qui confirme ce premier facteur de hausse des prix.

Un autre facteur, évoqué par ce professionnel mais également par Ahmed Saoudi, président de l’AMTRI Sud, est la pénurie de chauffeurs professionnels sur le marché. « A cause de la pandémie, peu de chauffeurs acceptent de franchir les frontières et de traverser l’Europe », explique M. Saoudi qui ajoute que pour les inciter à travailler, des efforts en matière de frais de déplacement sont consentis par les transporteurs, ce qui renchérit davantage la facture.

Blocage d'octroi des visas espagnols et français

Le représentant des transporteurs du Sud souligne un autre problème qui contribue à la pénurie de chauffeurs opérationnels : le non-renouvellement des visas arrivés à leur terme par l’Espagne et la France.

« Le prestataire chargé du traitement des demandes de visas (NDLR, la société TLS) a fermé ses portes. Du coup, on n’a aucun moyen de déposer nos demandes. Nous avons adressé un courrier aux consulats de ces pays à Agadir pour que l’association puisse déposer directement les demandes groupés des chauffeurs professionnels qui ont toujours eu leurs visas. A ce jour, nous n’avons reçu aucune réponse », se désole Ahmed Saoudi.

Le problème ne se pose pas pour les transporteurs du Nord. l’AMTRI de la région ayant conclu un accord avec les consulats basés à Tanger. Mais selon Driss Bernoussi, le problème se pose toujours à Casablanca, Rabat, Agadir et l’Oriental.

« Il faut savoir que ce blocage pénalisera non seulement les exportateurs, mais impactera aussi le marché local car malgré la baisse des importations, les camions reviennent toujours avec des produits essentiels comme les médicaments, certains produits alimentaires… », alerte le président de l’AMTRI Sud.

Les exportateurs s'adaptent

En tous les cas, malgré le ralentissement de l’activité des transporteurs inter-continentaux à cause de la crise du Coronavirus (une grosse partie du parc de véhicules est immobilisée), le prix de leurs prestation a flambée à cause de ces facteurs.

Et les exportateurs marocains de fruits et légumes ne peuvent que s’en accommoder. « Dans certains cas, nos clients européens acceptent de supporter la totalité ou une partie des frais supplémentaires. Mais quand ce n’est pas possible, nous supportons malgré nous ces frais. Malgré tout, nous sommes soulagés que l’export continue pour le moment, en dépits des difficultés qui peuvent être rencontrées aux frontières et que les transporteurs ont pris l’habitude de gérer », conclut un exportateur d’agrumes. 

Covid-19 : Envolée des frais du transport international routier de marchandises

Le 24 mars 2020 à17:26

Modifié le 24 mars 2020 à 17:34

Les hausses vont de 50% à 75% en fonction de la destination. En cause, beaucoup de camions rentrent vides de l’Europe et les chauffeurs qui parviennent à renouveler leurs visas craignent de traverser les frontières. Les exportateurs marocains et leurs clients supportent le surcoût.

Les exportations marocaines subissent de plein fouet l’impact local et international de la crise liée à la pandémie du Coronavirus : industrie automobile, textile… sont pénalisés soit par la baisse de la demande étrangère adressée au Maroc et les perturbations des chaines d’approvisionnement, soit par les restrictions et mesures de précaution décidées au niveau national.

Certains secteurs parviennent tout de même à tirer leur épingle du jeu. C’est le cas du secteur agricole qui connait une forte demande étrangère sur les fruits et légumes en raison des conditions difficiles que vivent les principaux pays producteurs en Europe (Espagne, Italie, Portugal).

Sauf que ce secteur, qui commence à peine à profiter du renchérissement des produits marocains sur les marchés européens, se trouve aujourd’hui confronté à une envolée des frais du transport international routier de marchandises qui, quand elle ne peut pas être répercutée sur le client étranger, vient absorber une bonne partie de la marge additionnelle de l’exportateur marocain.

Selon un grand groupe agricole actif à l’export, les frais ont augmenté de 50% à destination de l’Espagne et du Portugal, de 60% pour la France, la Pologne et l’Angleterre, de 70% pour la Belgique et les Pays-Bas, et de 75% pour l’Allemagne.

Ces augmentations correspondent à un surplus variant entre 2.100 euros et 3.500 euros par livraison.

Chute des importations et pénurie de chauffeurs

Aussi bien les exportateurs de fruits et légumes que les transporteurs marocains sondés confirment cette hausse et sont unanimes quant aux raisons qui l’expliquent.

La première raison est que les camions de transport international routier partent pleins du Maroc mais rentrent vides, à cause de la baisse de la demande des importateurs marocains et des perturbations de production en Europe. Du coût, l’exportateur marocain supporte les frais de l’aller-retour au lieu de l’aller simple.

« La logistique est un métier d’équilibriste. Et aujourd’hui, les flux sont complètement déséquilibrés à cause de la pandémie du Coronavirus, affirme Driss Bernoussi, président de l’association marocaine des transporteurs routiers inter-continentaux du Nord (AMTRI Nord) qui confirme ce premier facteur de hausse des prix.

Un autre facteur, évoqué par ce professionnel mais également par Ahmed Saoudi, président de l’AMTRI Sud, est la pénurie de chauffeurs professionnels sur le marché. « A cause de la pandémie, peu de chauffeurs acceptent de franchir les frontières et de traverser l’Europe », explique M. Saoudi qui ajoute que pour les inciter à travailler, des efforts en matière de frais de déplacement sont consentis par les transporteurs, ce qui renchérit davantage la facture.

Blocage d'octroi des visas espagnols et français

Le représentant des transporteurs du Sud souligne un autre problème qui contribue à la pénurie de chauffeurs opérationnels : le non-renouvellement des visas arrivés à leur terme par l’Espagne et la France.

« Le prestataire chargé du traitement des demandes de visas (NDLR, la société TLS) a fermé ses portes. Du coup, on n’a aucun moyen de déposer nos demandes. Nous avons adressé un courrier aux consulats de ces pays à Agadir pour que l’association puisse déposer directement les demandes groupés des chauffeurs professionnels qui ont toujours eu leurs visas. A ce jour, nous n’avons reçu aucune réponse », se désole Ahmed Saoudi.

Le problème ne se pose pas pour les transporteurs du Nord. l’AMTRI de la région ayant conclu un accord avec les consulats basés à Tanger. Mais selon Driss Bernoussi, le problème se pose toujours à Casablanca, Rabat, Agadir et l’Oriental.

« Il faut savoir que ce blocage pénalisera non seulement les exportateurs, mais impactera aussi le marché local car malgré la baisse des importations, les camions reviennent toujours avec des produits essentiels comme les médicaments, certains produits alimentaires… », alerte le président de l’AMTRI Sud.

Les exportateurs s'adaptent

En tous les cas, malgré le ralentissement de l’activité des transporteurs inter-continentaux à cause de la crise du Coronavirus (une grosse partie du parc de véhicules est immobilisée), le prix de leurs prestation a flambée à cause de ces facteurs.

Et les exportateurs marocains de fruits et légumes ne peuvent que s’en accommoder. « Dans certains cas, nos clients européens acceptent de supporter la totalité ou une partie des frais supplémentaires. Mais quand ce n’est pas possible, nous supportons malgré nous ces frais. Malgré tout, nous sommes soulagés que l’export continue pour le moment, en dépits des difficultés qui peuvent être rencontrées aux frontières et que les transporteurs ont pris l’habitude de gérer », conclut un exportateur d’agrumes. 

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