Coronavirus. Le recours au confinement n'est pas exclu

Le confinement devient une hypothèse évidente. De nombreux appels sont lancés dans ce sens. Voici pourquoi il est nécessaire. Mais il ne résout pas définitivement le problème.

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Coronavirus. Le recours au confinement n'est pas exclu

Le 18 mars 2020 à 11:24

Modifié le 18 mars 2020 à 11:56

Une phrase dans le communiqué qui a sanctionné la séance de travail sur le coronavirus présidée mardi 17 mars par le Roi, a particulièrement attiré l'attention. "Dans le même contexte, le Roi a donné ses instructions au Chef du Gouvernement et à tous les départements concernés de prendre toutes les mesures nécessaires, et de se préparer à une nouvelle étape en cas de nécessité".

Quelle pourrait être cette prochaine étape?

En se référant aux exemples d'autres pays qui ont subi les épidémies de coronavirus avant le Maroc, l'une des hypothèses est le confinement de la population pendant deux à trois semaines. Le confinement ne signifie pas le couvre-feu. Simplement, toute sortie non justifiée par des raisons professionnelles impérieuses, par des raisons médicales ou par l'approvisionnement, est prohibée.

Le confinement, partout où il a été mis en place, a donné d'excellents résultats, comme on le voit ces derniers jours en Lombardie (Italie). L'expérience récente des autres pays montre qu'il est plus efficace s'il est instauré très tôt.

Depuis trois jours, des équipes mixtes composées de représentants des autorités locales, progressant en convois encadrés par la DGSN, parcourent les villes pour appeler la population, à l'aide de mégaphones, à respecter les consignes des autorités, à être disciplinées, à se mobiliser face à l'épidémie, à respecter les règles de précaution sanitaire et à éviter les sorties inutiles.

49 cas détectés

Il y a au Maroc 49 cas confirmés par des analyses de laboratoire mais ce chiffre ne peut pas être exhaustif. Il reflète seulement le nombre de cas suspects dont les symptômes ont conduit les patients à se présenter spontanément aux autorités sanitaires et qui ont été confirmés. Hormis ces cas, il n'y a pas eu à notre connaissance de politique de dépistage.

Le pays va certainement décréter le passage en phase 2 de l'épidémie.

Il ne faut pas croire que 49 cas c'est facilement maîtrisable. 49 cas, c'est la partie visible.

L'exemple de la Corée est édifiant. Ce pays a bien maîtrisé sa situation jusqu'à son 31e cas. Un seul cas qui a fait exploser l'épidémie. Il s'agissait d'une dame qui avait été en contact avec ... 1.650 personnes. Cet épisode a été magnifiquement reconstitué par l'agence Reuters.

Le confinement pour aplatir la courbe

La problématique marocaine en particulier, et que l'on retrouve d'ailleurs dans de nombreux pays, a été très bien expliquée par le Dr Youssef Oulhote, épidémiologiste, enseignant-chercheur marocain aux USA, dans l'article publié par le centre de recherche Tafra. L'épidémie est inévitable. Il faut absolument aplatir la courbe pour que les systèmes de santé ne soient pas débordés (voir ci-dessous la courbe publiée par Tafra):

Dans des pays développés comme l'Italie, on a vu le système de santé au bord de l'effondrement à cause de la progression trop rapide de l'épidémie.

Au Maroc, la carte sanitaire montre une insuffisance criante par rapport aux besoins. Le ministère de la santé a annoncé disposer de 250 lits de réanimation susceptibles de recevoir les malades en situation de détresse. C'est trop peu. C'est pourquoi le Roi Mohammed VI avait fait construire des centres médicalement équipés, par les FAR, qui seront mis à la disposition du ministère en cas de besoin.

Le confinement est la seule solution à ce stade des connaissances scientifiques, pour aplatir la courbe. Et donc freiner le virus, mais pas le stopper totalement.

Après le confinement, nous ne nous retrouverons pas tous sains et immunisés. Le virus n'aura pas forcément quitté la Terre et changé de système solaire. Non, il peut y avoir de nouveaux cas. La seule solution consistera alors à maintenir une courbe plate, à garder les bonnes pratiques (hygiène, distanciation sociale, télétravail) apprises de la crise; et à espérer un vaccin au plus tôt.

Au Maroc, la prochaine étape sera donc probablement le confinement.

Coronavirus. Le recours au confinement n'est pas exclu

Le 18 mars 2020 à11:37

Modifié le 18 mars 2020 à 11:56

Le confinement devient une hypothèse évidente. De nombreux appels sont lancés dans ce sens. Voici pourquoi il est nécessaire. Mais il ne résout pas définitivement le problème.

Une phrase dans le communiqué qui a sanctionné la séance de travail sur le coronavirus présidée mardi 17 mars par le Roi, a particulièrement attiré l'attention. "Dans le même contexte, le Roi a donné ses instructions au Chef du Gouvernement et à tous les départements concernés de prendre toutes les mesures nécessaires, et de se préparer à une nouvelle étape en cas de nécessité".

Quelle pourrait être cette prochaine étape?

En se référant aux exemples d'autres pays qui ont subi les épidémies de coronavirus avant le Maroc, l'une des hypothèses est le confinement de la population pendant deux à trois semaines. Le confinement ne signifie pas le couvre-feu. Simplement, toute sortie non justifiée par des raisons professionnelles impérieuses, par des raisons médicales ou par l'approvisionnement, est prohibée.

Le confinement, partout où il a été mis en place, a donné d'excellents résultats, comme on le voit ces derniers jours en Lombardie (Italie). L'expérience récente des autres pays montre qu'il est plus efficace s'il est instauré très tôt.

Depuis trois jours, des équipes mixtes composées de représentants des autorités locales, progressant en convois encadrés par la DGSN, parcourent les villes pour appeler la population, à l'aide de mégaphones, à respecter les consignes des autorités, à être disciplinées, à se mobiliser face à l'épidémie, à respecter les règles de précaution sanitaire et à éviter les sorties inutiles.

49 cas détectés

Il y a au Maroc 49 cas confirmés par des analyses de laboratoire mais ce chiffre ne peut pas être exhaustif. Il reflète seulement le nombre de cas suspects dont les symptômes ont conduit les patients à se présenter spontanément aux autorités sanitaires et qui ont été confirmés. Hormis ces cas, il n'y a pas eu à notre connaissance de politique de dépistage.

Le pays va certainement décréter le passage en phase 2 de l'épidémie.

Il ne faut pas croire que 49 cas c'est facilement maîtrisable. 49 cas, c'est la partie visible.

L'exemple de la Corée est édifiant. Ce pays a bien maîtrisé sa situation jusqu'à son 31e cas. Un seul cas qui a fait exploser l'épidémie. Il s'agissait d'une dame qui avait été en contact avec ... 1.650 personnes. Cet épisode a été magnifiquement reconstitué par l'agence Reuters.

Le confinement pour aplatir la courbe

La problématique marocaine en particulier, et que l'on retrouve d'ailleurs dans de nombreux pays, a été très bien expliquée par le Dr Youssef Oulhote, épidémiologiste, enseignant-chercheur marocain aux USA, dans l'article publié par le centre de recherche Tafra. L'épidémie est inévitable. Il faut absolument aplatir la courbe pour que les systèmes de santé ne soient pas débordés (voir ci-dessous la courbe publiée par Tafra):

Dans des pays développés comme l'Italie, on a vu le système de santé au bord de l'effondrement à cause de la progression trop rapide de l'épidémie.

Au Maroc, la carte sanitaire montre une insuffisance criante par rapport aux besoins. Le ministère de la santé a annoncé disposer de 250 lits de réanimation susceptibles de recevoir les malades en situation de détresse. C'est trop peu. C'est pourquoi le Roi Mohammed VI avait fait construire des centres médicalement équipés, par les FAR, qui seront mis à la disposition du ministère en cas de besoin.

Le confinement est la seule solution à ce stade des connaissances scientifiques, pour aplatir la courbe. Et donc freiner le virus, mais pas le stopper totalement.

Après le confinement, nous ne nous retrouverons pas tous sains et immunisés. Le virus n'aura pas forcément quitté la Terre et changé de système solaire. Non, il peut y avoir de nouveaux cas. La seule solution consistera alors à maintenir une courbe plate, à garder les bonnes pratiques (hygiène, distanciation sociale, télétravail) apprises de la crise; et à espérer un vaccin au plus tôt.

Au Maroc, la prochaine étape sera donc probablement le confinement.

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