0-https://medias24.com//photos_articles/big/21-04-2020/confinementedeuropeafp0.jpg-oui
L'Europe entame un déconfinement à hauts risques, les USA ne sont pas prêts

L'Europe entame un déconfinement à hauts risques, les USA ne sont pas prêts

Le 21 avril 2020 à 14:19

Modifié le 21 avril 2020 à 14:22

Des pays d'Europe ont déjà entamé un début de déconfinement notamment l'Allemagne, l'Autriche, et la Norvège tandis que d'autres s'y préparent. Les Etats-Unis ne sont pas encore prêts selon des experts du pays. 

Jugeant le coronavirus "sous contrôle", l'Allemagne a débuté lundi 20 avril son déconfinement, une lente et délicate opération dans une Europe cloîtrée depuis des semaines, encore meurtrie par la pandémie mais impatiente de relancer son économie.

A ce jour, le continent européen a payé le plus lourd tribut à la maladie, comptabilisant près des deux tiers des 165.216 morts recensés dans le monde lundi à la mi-journée.

L'Italie a été le pays le plus touché, suivi de l'Espagne, la France et du Royaume-Uni.

Avec 135.000 cas recensés et environ 4.000 décès, la pandémie est en Allemagne "sous contrôle et gérable", ont jugé les autorités, qui ont donc autorisé la réouverture lundi matin des magasins d'une surface inférieure à 800 m2.

Commerces d'alimentation, librairies, garages, magasins de vêtements et autres fleuristes pourront de nouveau accueillir des clients. Fédéralisme oblige, la mesure sera appliquée de façon sensiblement différente dans les seize Etats-régions du pays, et de nombreux commerces resteront encore porte close dans la capitale Berlin lundi.

Lieux culturels, bars, restaurants, terrains de sports demeurent néanmoins fermés. Les grands rassemblements tels que les concerts ou compétitions sportives, sont toujours interdits, au moins jusqu'à fin août. Ecoles et lycées rouvriront progressivement à partir du 4 mai.

Les rassemblements de plus de deux personnes restent proscrits, une distance minimale de 1,5 mètre est censée être observée dans les lieux publics, et le port du masque "fortement recommandé".

La situation reste "fragile", a prévenu la chancelière Angela Merkel. Lundi, elle n'a d'ailleurs pas caché son irritation devant les discussions dans le pays sur un éventuel déconfinement total, et le non-respect croissant selon elle des règles de distanciation.

Cette stratégie de sortie de crise, mise en oeuvre par l'Allemagne, locomotive économique du vieux continent, est scrutée par une Europe qui vit sous cloche depuis près d'un mois, et dont certains pays s'apprêtent à entamer le défi du confinement à mesure que la maladie y apparait contenue.

D'autres pays suivront en mai 

Le défi est énorme: relancer progressivement l'activité, contenir les impatiences des populations enfermées, voire les risques d'explosion sociale, tout en prévenant une possible résurgence du virus et en préservant des systèmes sanitaires saturés.

Signe de l'urgence économique, la Banque d'Espagne prévoit pour 2020 une chute vertigineuse, "sans précédent dans l'histoire récente", de 6,6% à 13,6% du PIB de la quatrième économie de la zone euro en raison de la pandémie.

L'Autriche avait permis mardi dernier la réouverture prudente de ses petits commerces et jardins publics. La Norvège a commencé lundi à rouvrir ses crèches, premier pas d'une levée lente et progressive des restrictions décrétées mi-mars.

L'Albanie a autorisé la relance de l'activité économique dans quelque 600 secteurs, dont l'agriculture, l'élevage, la production alimentaire, l'industrie minière et textile, la pêche...

La France, l'Espagne et l'Italie, qui enregistrent des nombres de malades et de décès en baisse, après des semaines de hausse, se préparent elles aussi à de premières mesures de déconfinement.

"Nous allons devoir apprendre à vivre avec le virus", a prévenu dimanche soir le Premier ministre français Edouard Philippe. L'exécutif français, critiqué pour avoir tardé à généraliser les tests et le port du masque, travaille à un très progressif déconfinement à partir du 11 mai.

En Italie, les premières mesures d'allègement ne seront pas prises avant le 3 mai. Mais peu à peu les entreprises rouvrent, même si c'est de façon partielle et avec beaucoup de précautions.

En Espagne, la morgue improvisée dans une patinoire de Madrid, un moment symbole l'hécatombe, fermera mercredi 22 avril.

En revanche au Royaume-Uni, le confinement instauré le 23 mars a été prolongé d'au moins trois semaines jeudi dernier et le gouvernement n'envisage pas encore d'en sortir.

Trump pour une reprise rapide de l'activité

Aux Etats-Unis, où un bras de fer oppose le président Donald Trump, partisan d'une reprise rapide de l'activité économique, à plusieurs gouverneurs démocrates, le gouverneur de l'Etat de New York, épicentre de l'épidémie dans le pays, a annoncé que la pandémie avait pour la première fois amorcé une courbe "descendante".

La barre des 40.000 morts a cependant été franchie dimanche dans tout le pays, selon le comptage de l'université américaine Johns Hopkins.

"Les Etats-Unis sont loin d'être équipés pour déconfiner le pays", prévient dans un entretien Tom Frieden, ancien directeur des Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) pendant la présidence de Barack Obama, avant la présentation jeudi dernier par Donald Trump de son plan de réouverture de l'économie.

"On parle de retracer les contacts avec des applications et des téléphones, je suis sceptique, je ne suis pas sûr que cela marchera. Mais il faut utiliser ces outils pour aider les 'traceurs de contacts'".

Après les Pâques chrétiennes et juives, le monde musulman se prépare à son tour cette année à un ramadan des plus mornes, dans un Moyen-Orient au confinement généralisé. "Nos coeurs pleurent", se désole le muezzin de la Grande Mosquée de La Mecque, la ville sainte de l'islam, désertée.

En Afrique, où le seuil des 1.000 morts a été dépassé ce week-end, de violents heurts ont eu lieu dimanche dernier dans plusieurs quartiers de la capitale du Niger, Niamey, entre forces de l'ordre et habitants opposés au couvre-feu et à l'interdiction des prières collectives. Aux cris de "la lutte continue!", "ne reculez pas!", les manifestants ont brûlé des pneus et érigé des barricades de pierres dans les rues.

(Avec AFP)

L'Europe entame un déconfinement à hauts risques, les USA ne sont pas prêts

Le 21 avril 2020 à14:22

Modifié le 21 avril 2020 à 14:22

Des pays d'Europe ont déjà entamé un début de déconfinement notamment l'Allemagne, l'Autriche, et la Norvège tandis que d'autres s'y préparent. Les Etats-Unis ne sont pas encore prêts selon des experts du pays. 

Jugeant le coronavirus "sous contrôle", l'Allemagne a débuté lundi 20 avril son déconfinement, une lente et délicate opération dans une Europe cloîtrée depuis des semaines, encore meurtrie par la pandémie mais impatiente de relancer son économie.

A ce jour, le continent européen a payé le plus lourd tribut à la maladie, comptabilisant près des deux tiers des 165.216 morts recensés dans le monde lundi à la mi-journée.

L'Italie a été le pays le plus touché, suivi de l'Espagne, la France et du Royaume-Uni.

Avec 135.000 cas recensés et environ 4.000 décès, la pandémie est en Allemagne "sous contrôle et gérable", ont jugé les autorités, qui ont donc autorisé la réouverture lundi matin des magasins d'une surface inférieure à 800 m2.

Commerces d'alimentation, librairies, garages, magasins de vêtements et autres fleuristes pourront de nouveau accueillir des clients. Fédéralisme oblige, la mesure sera appliquée de façon sensiblement différente dans les seize Etats-régions du pays, et de nombreux commerces resteront encore porte close dans la capitale Berlin lundi.

Lieux culturels, bars, restaurants, terrains de sports demeurent néanmoins fermés. Les grands rassemblements tels que les concerts ou compétitions sportives, sont toujours interdits, au moins jusqu'à fin août. Ecoles et lycées rouvriront progressivement à partir du 4 mai.

Les rassemblements de plus de deux personnes restent proscrits, une distance minimale de 1,5 mètre est censée être observée dans les lieux publics, et le port du masque "fortement recommandé".

La situation reste "fragile", a prévenu la chancelière Angela Merkel. Lundi, elle n'a d'ailleurs pas caché son irritation devant les discussions dans le pays sur un éventuel déconfinement total, et le non-respect croissant selon elle des règles de distanciation.

Cette stratégie de sortie de crise, mise en oeuvre par l'Allemagne, locomotive économique du vieux continent, est scrutée par une Europe qui vit sous cloche depuis près d'un mois, et dont certains pays s'apprêtent à entamer le défi du confinement à mesure que la maladie y apparait contenue.

D'autres pays suivront en mai 

Le défi est énorme: relancer progressivement l'activité, contenir les impatiences des populations enfermées, voire les risques d'explosion sociale, tout en prévenant une possible résurgence du virus et en préservant des systèmes sanitaires saturés.

Signe de l'urgence économique, la Banque d'Espagne prévoit pour 2020 une chute vertigineuse, "sans précédent dans l'histoire récente", de 6,6% à 13,6% du PIB de la quatrième économie de la zone euro en raison de la pandémie.

L'Autriche avait permis mardi dernier la réouverture prudente de ses petits commerces et jardins publics. La Norvège a commencé lundi à rouvrir ses crèches, premier pas d'une levée lente et progressive des restrictions décrétées mi-mars.

L'Albanie a autorisé la relance de l'activité économique dans quelque 600 secteurs, dont l'agriculture, l'élevage, la production alimentaire, l'industrie minière et textile, la pêche...

La France, l'Espagne et l'Italie, qui enregistrent des nombres de malades et de décès en baisse, après des semaines de hausse, se préparent elles aussi à de premières mesures de déconfinement.

"Nous allons devoir apprendre à vivre avec le virus", a prévenu dimanche soir le Premier ministre français Edouard Philippe. L'exécutif français, critiqué pour avoir tardé à généraliser les tests et le port du masque, travaille à un très progressif déconfinement à partir du 11 mai.

En Italie, les premières mesures d'allègement ne seront pas prises avant le 3 mai. Mais peu à peu les entreprises rouvrent, même si c'est de façon partielle et avec beaucoup de précautions.

En Espagne, la morgue improvisée dans une patinoire de Madrid, un moment symbole l'hécatombe, fermera mercredi 22 avril.

En revanche au Royaume-Uni, le confinement instauré le 23 mars a été prolongé d'au moins trois semaines jeudi dernier et le gouvernement n'envisage pas encore d'en sortir.

Trump pour une reprise rapide de l'activité

Aux Etats-Unis, où un bras de fer oppose le président Donald Trump, partisan d'une reprise rapide de l'activité économique, à plusieurs gouverneurs démocrates, le gouverneur de l'Etat de New York, épicentre de l'épidémie dans le pays, a annoncé que la pandémie avait pour la première fois amorcé une courbe "descendante".

La barre des 40.000 morts a cependant été franchie dimanche dans tout le pays, selon le comptage de l'université américaine Johns Hopkins.

"Les Etats-Unis sont loin d'être équipés pour déconfiner le pays", prévient dans un entretien Tom Frieden, ancien directeur des Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) pendant la présidence de Barack Obama, avant la présentation jeudi dernier par Donald Trump de son plan de réouverture de l'économie.

"On parle de retracer les contacts avec des applications et des téléphones, je suis sceptique, je ne suis pas sûr que cela marchera. Mais il faut utiliser ces outils pour aider les 'traceurs de contacts'".

Après les Pâques chrétiennes et juives, le monde musulman se prépare à son tour cette année à un ramadan des plus mornes, dans un Moyen-Orient au confinement généralisé. "Nos coeurs pleurent", se désole le muezzin de la Grande Mosquée de La Mecque, la ville sainte de l'islam, désertée.

En Afrique, où le seuil des 1.000 morts a été dépassé ce week-end, de violents heurts ont eu lieu dimanche dernier dans plusieurs quartiers de la capitale du Niger, Niamey, entre forces de l'ordre et habitants opposés au couvre-feu et à l'interdiction des prières collectives. Aux cris de "la lutte continue!", "ne reculez pas!", les manifestants ont brûlé des pneus et érigé des barricades de pierres dans les rues.

(Avec AFP)

A lire aussi


Communication financière

Communiqué post AG 30 juin 2020 - LafargeHolcim Maroc

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.