Coronavirus : Ait Taleb rassurant face aux députés

Préparation du Maroc, prise en charge des cas confirmés, masques de protection... A la commission des secteurs sociaux, le ministre de la Santé fait le point. 

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Coronavirus : Ait Taleb rassurant face aux députés

Le 06 mars 2020 à 18:50

Modifié le 07 mars 2020 à 20:41

Face au Coronavirus, le Maroc n'envisage pas le pire, mais s'y prépare. C'est le message que l'on retient du passage de Khalid Ait Taleb devant les membres de la commission des secteurs sociaux, ce vendredi 6 mars à la Chambre des représentants. Assailli de questions, le ministre de la Santé s'est montré globalement rassurant. Verbatim.

En cas de « plan blanc », 670 lits déjà opérationnels

« Nous disposons d’un comité technique et scientifique désigné par arrêté ministériel. Il assure le suivi de l’épidémie et prendra les mesures nécessaires même en cas de plan blanc. Dans ce scénario exceptionnel, le sujet devient une priorité nationale et de grandes décisions sont prises. Nous avons déjà recensé les hôpitaux et les lits pouvant servir dans telle situation. En cas de hausse (du nombre de cas confirmés, NDLR), nous avons déjà 670 lits vides dédiés à cette maladie. »

« Un comité de pilotage opère en coordination avec un poste central de commandement regroupant tous les départements gouvernementaux. Ce dernier est en contact direct avec le centre national d’opération d’urgence en santé publique (CNOUSP) qui assure la veille épidémiologique au niveau central, régional et provincial. La coordination existe, et elle est facilitée par les expériences passées du Maroc avec le SARS, l’Ebola et le H1N1. Le Covid-19 fait face à un personnel expérimenté qui maîtrise ce type de situation. »

« Nous avons enregistré 2 cas confirmés. Beaucoup d’autres cas ont été signalés mais les tests se sont tous révélés négatifs. Les effectifs du personnel médical ne sont pas suffisamment fournis, ce qui produit une certaine fatigue sachant qu’il faut agir rapidement. Mais aujourd’hui, tout le monde apporte sa contribution y compris le secteur privé, notamment en ce qui concerne la sensibilisation et l’orientation. L’idée est d’éviter à tout prix les services d’urgence car ces derniers doivent remplir leurs tâches. »

L’Etat prend en charge gratuitement les cas épidémiques

« Tous les cas épidémiques sont traités gratuitement. L’analyse coûte à l’Etat 500 DH. »

« Nous avons trois importants laboratoires qui se chargent des analyses. Il s’agit de l’Institut Pasteur, l’Institut national d’hygiène et le laboratoire de l’hôpital militaire. Mais tous les centres hospitaliers universitaires sont outillés pour effectuer les analyses. (…) La situation actuelle ne nécessite le recours qu’à deux ou trois laboratoires ».

« Contrairement à d’autres pays comme les Etats-Unis ou la France, la prise en charge au Maroc ne se fait pas à domicile. Par excès, nous avons choisi de traiter les cas à l’hôpital, à l’isolement. Si nous atteignons une certaine ampleur de propagation, nous pourrions considérer la prise en charge à domicile. Aujourd’hui, tout est fait pour stopper la propagation du virus. »

Masques de protection, plus de 12 millions en stock

« Nous avons suffisamment de masques pour protéger nos professionnels et à destination des personnes contaminées ».

« Toutes les unités disposent des masques de protection et de l’équipement nécessaire. Nous avons désigné dans chaque zone une cellule spéciale et des chambres d’isolement au cas où on aurait à traiter un cas suspect. »

« Comme en France, le Maroc a pris des mesures tendant à l’interdiction de l’exportation des masques de protection. Nous avons, en outre, instauré un système de facilitation de l’importation de ces produits consistant en des dérogations au niveau des certificats d’enregistrement ».

« Le Maroc dispose de trois usines de fabrication de masques de protection : une usine de la Gendarmerie, une autre de la Protection civile et une troisième située à Berrechid. Il s'agit des masques FFP2 et des masques chirurgicaux normaux. »

« Nous disposons d’un stock de plus de 12 millions de masques et avons requis la fabrication d’autres quantités. En cas de besoin, nous pourrions demander à certaines sociétés de diriger momentanément leur activité vers la production de masques. »

« Idem pour les gels hydroalcooliques. Nous en avons suffisamment. Mais il faut savoir que le virus est très fragile. Le savon ou le javel sont suffisants pour le tuer. Idem pour la chaleur. Avec le printemps puis l’été, la propagation du virus sera probablement réduite. Ce qui ne nous empêche pas de préparer la prochaine saison hivernale. »

Les personnes non contaminées ne doivent pas porter de masques

« C’est un masque anti-projection. Ce n’est pas le masque qui prémunit du virus. C’est un masque que doivent porter les personnes contaminées pour que leurs projections n’atteignent pas les autres personnes. »

«Les personnes indemnes ne doivent absolument pas le porter. Parfois, cela peut même constituer un facteur de risque. Nous devons vivre normalement, mais en observant quelques réflexes de prévention. »

« Même le médecin généraliste ne doit pas porter un masque de protection lors de la consultation, car c’est un mauvais signal. Parmi les mesures préventives, il suffit de s’éloigner un mètre du cas suspect. La transmission du virus n’est pas aérienne. Elle nécessite un contact avec une surface infectée. »

« Nous avons pour l’heure pris des mesure préventives, dans l’optique de bloquer le virus. Les endroits encombrés sont proscrits.»

« Nous faisons face à un virus dont l’identité est connue, mais pas le comportement. Les pays les plus développés n’ont pas encore maîtrisé ce comportement, mais ce que nous pouvons faire, c’est de maîtriser celui des citoyens. D’où l’importance des mesures de sensibilisation ».

>> Lire aussi :

Coronavirus : Le risque d’enregistrer des « cas contact » au Maroc est élevé

Exclusif. OMS : Voici pourquoi il faut rester vigilant sur le coronavirus

Coronavirus : Ait Taleb rassurant face aux députés

Le 06 mars 2020 à18:55

Modifié le 07 mars 2020 à 20:41

Préparation du Maroc, prise en charge des cas confirmés, masques de protection... A la commission des secteurs sociaux, le ministre de la Santé fait le point. 

Face au Coronavirus, le Maroc n'envisage pas le pire, mais s'y prépare. C'est le message que l'on retient du passage de Khalid Ait Taleb devant les membres de la commission des secteurs sociaux, ce vendredi 6 mars à la Chambre des représentants. Assailli de questions, le ministre de la Santé s'est montré globalement rassurant. Verbatim.

En cas de « plan blanc », 670 lits déjà opérationnels

« Nous disposons d’un comité technique et scientifique désigné par arrêté ministériel. Il assure le suivi de l’épidémie et prendra les mesures nécessaires même en cas de plan blanc. Dans ce scénario exceptionnel, le sujet devient une priorité nationale et de grandes décisions sont prises. Nous avons déjà recensé les hôpitaux et les lits pouvant servir dans telle situation. En cas de hausse (du nombre de cas confirmés, NDLR), nous avons déjà 670 lits vides dédiés à cette maladie. »

« Un comité de pilotage opère en coordination avec un poste central de commandement regroupant tous les départements gouvernementaux. Ce dernier est en contact direct avec le centre national d’opération d’urgence en santé publique (CNOUSP) qui assure la veille épidémiologique au niveau central, régional et provincial. La coordination existe, et elle est facilitée par les expériences passées du Maroc avec le SARS, l’Ebola et le H1N1. Le Covid-19 fait face à un personnel expérimenté qui maîtrise ce type de situation. »

« Nous avons enregistré 2 cas confirmés. Beaucoup d’autres cas ont été signalés mais les tests se sont tous révélés négatifs. Les effectifs du personnel médical ne sont pas suffisamment fournis, ce qui produit une certaine fatigue sachant qu’il faut agir rapidement. Mais aujourd’hui, tout le monde apporte sa contribution y compris le secteur privé, notamment en ce qui concerne la sensibilisation et l’orientation. L’idée est d’éviter à tout prix les services d’urgence car ces derniers doivent remplir leurs tâches. »

L’Etat prend en charge gratuitement les cas épidémiques

« Tous les cas épidémiques sont traités gratuitement. L’analyse coûte à l’Etat 500 DH. »

« Nous avons trois importants laboratoires qui se chargent des analyses. Il s’agit de l’Institut Pasteur, l’Institut national d’hygiène et le laboratoire de l’hôpital militaire. Mais tous les centres hospitaliers universitaires sont outillés pour effectuer les analyses. (…) La situation actuelle ne nécessite le recours qu’à deux ou trois laboratoires ».

« Contrairement à d’autres pays comme les Etats-Unis ou la France, la prise en charge au Maroc ne se fait pas à domicile. Par excès, nous avons choisi de traiter les cas à l’hôpital, à l’isolement. Si nous atteignons une certaine ampleur de propagation, nous pourrions considérer la prise en charge à domicile. Aujourd’hui, tout est fait pour stopper la propagation du virus. »

Masques de protection, plus de 12 millions en stock

« Nous avons suffisamment de masques pour protéger nos professionnels et à destination des personnes contaminées ».

« Toutes les unités disposent des masques de protection et de l’équipement nécessaire. Nous avons désigné dans chaque zone une cellule spéciale et des chambres d’isolement au cas où on aurait à traiter un cas suspect. »

« Comme en France, le Maroc a pris des mesures tendant à l’interdiction de l’exportation des masques de protection. Nous avons, en outre, instauré un système de facilitation de l’importation de ces produits consistant en des dérogations au niveau des certificats d’enregistrement ».

« Le Maroc dispose de trois usines de fabrication de masques de protection : une usine de la Gendarmerie, une autre de la Protection civile et une troisième située à Berrechid. Il s'agit des masques FFP2 et des masques chirurgicaux normaux. »

« Nous disposons d’un stock de plus de 12 millions de masques et avons requis la fabrication d’autres quantités. En cas de besoin, nous pourrions demander à certaines sociétés de diriger momentanément leur activité vers la production de masques. »

« Idem pour les gels hydroalcooliques. Nous en avons suffisamment. Mais il faut savoir que le virus est très fragile. Le savon ou le javel sont suffisants pour le tuer. Idem pour la chaleur. Avec le printemps puis l’été, la propagation du virus sera probablement réduite. Ce qui ne nous empêche pas de préparer la prochaine saison hivernale. »

Les personnes non contaminées ne doivent pas porter de masques

« C’est un masque anti-projection. Ce n’est pas le masque qui prémunit du virus. C’est un masque que doivent porter les personnes contaminées pour que leurs projections n’atteignent pas les autres personnes. »

«Les personnes indemnes ne doivent absolument pas le porter. Parfois, cela peut même constituer un facteur de risque. Nous devons vivre normalement, mais en observant quelques réflexes de prévention. »

« Même le médecin généraliste ne doit pas porter un masque de protection lors de la consultation, car c’est un mauvais signal. Parmi les mesures préventives, il suffit de s’éloigner un mètre du cas suspect. La transmission du virus n’est pas aérienne. Elle nécessite un contact avec une surface infectée. »

« Nous avons pour l’heure pris des mesure préventives, dans l’optique de bloquer le virus. Les endroits encombrés sont proscrits.»

« Nous faisons face à un virus dont l’identité est connue, mais pas le comportement. Les pays les plus développés n’ont pas encore maîtrisé ce comportement, mais ce que nous pouvons faire, c’est de maîtriser celui des citoyens. D’où l’importance des mesures de sensibilisation ».

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