Abderrahman El Mezouari El Glaoui

Acteur associatif

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Comment atténuer la fracture numérique en montagne? Cas de la commune de Télouet

Comment atténuer la fracture numérique en montagne? Cas de la commune de Télouet

Le 23 juin 2020 à 15:35

Modifié le 23 juin 2020 à 15:36

Dans le désert numérique de la commune de Télouet, la société civile a créé un centre communautaire d'accès à Internet réservé aux élèves du collège. Abderrahman El Mezouari El Glaoui nous rapporte cette expérience qui peut servir de modèle.

La crise multiforme que nous traversons à cause du coronavirus a mis en lumière toute l'importance que revêtent les technologies de l’information et de la communication (TIC) pour assurer la continuité du secteur public et la poursuite des activités du secteur privé. L’internet a démontré sa nature de “bien public” (et même de “bien public mondial”), c’est à dire de bien ayant vocation à être ouvert à tous, sans exclusive.

Au Maroc, la loi n° 24-96 du 7 août 1997 relative à la poste et aux télécommunications, considère que l’internet s'inscrit dans le cadre du “service universel’’. Ceci veut dire que les pouvoirs publics sont tenus de mettre en place les infrastructures nécessaires devant permettre l’accès à l’internet, comme ils doivent le faire pour les services de téléphonie et autres services de télécommunications, sur l’ensemble du territoire national.

Cela est loin d’être le cas. En comparaison des villes, les zones rurales restent très défavorisées en matière digitale ; parmi elles, les régions montagneuses accusent un déficit encore plus aigu et sont de véritables “zones blanches”.

Depuis quelques années, les hivers rigoureux de nos montagnes attirent l’attention du public. Les images montrées à la télévision ont permis de jeter une lumière crue sur les pénibles conditions de vie de nos concitoyens habitant ces régions.

À ce rude climat, s’ajoutent plusieurs contraintes majeures (enclavement, faiblesse des services de santé et d’éducation, manque d’activités sportives et culturelles, infrastructures insuffisantes, indices de développement humains inférieurs aux moyennes nationales etc.). Ainsi la ”montagne reste à la traîne”, malgré les efforts importants réalisés par les pouvoirs publics depuis le début des années 2000 en matière d’électrification, d’adduction d’eau, de routes et de construction d’écoles et de collèges.

En plus de ces déficits, la fracture numérique dont soufrent les zones de montagne est de plus en plus handicapante au fur et à mesure que la digitalisation se développe dans le reste du pays, avec ce que cela implique en termes de freins au progrès et à l’acquisition de savoirs.

Pour illustrer ce point, nous prendrons le cas de Télouet, commune du Haut Atlas (1.800 mètres d’altitude, 14.000 habitants répartis en 52 douars), qui se situe dans la province de Ouarzazate.

L’opérateur historique national y a introduit la 3G en 2013, mais la commune n’a pas été équipée en lignes téléphoniques. Par conséquent, la mise en place de l’ADSL (qui est une technologie d'accès à l’internet sur ligne téléphonique) est irréalisable. Pour les PC, seule est possible une connexion par satellite selon la technique VSAT. Le coût du forfait mensuel, qui commence à  250 dirhams pour un débit de 10 Mbps, est hors de portée de la plupart des familles, encore faut-il qu’elles possèdent un ordinateur. Conséquence : l’écrasante majorité des enfants n’ont pas accès à l’internet !

Qu’ont fait l’État et les Régions, que font les parlementaires pour éliminer cette discrimination dont soufrent les habitants des régions reculées et plus particulièrement les enfants sur lesquels nous concentrerons nos propos?

Le Plan Maroc Numeric 2013 (couvrant la période 2009-2013) ambitionnait de ”généraliser l’usage et l’équipement en TI des acteurs de l’enseignement, équiper en accès Internet et ressources multimédias les établissements scolaires publics, subventionner l’équipement des enseignants en ordinateurs et connexions Internet…”

Maroc Numeric 2013 entendait également ”faciliter l’accès internet et l’usage des TI hors domicile” à travers la mise en place de 400 Centres d’Accès Communautaires (CAC) sur la période 2009-2013, Toujours selon cette stratégie, ”chaque CAC sera équipé d’ordinateurs, d’un accès à internet et d’appareils téléphoniques.” Ce programme, intéressant dans l’absolu, s’est soldé par un échec quant à l’équipement en accès internet dans les établissements scolaires publics. Télouet n’en a pas profité à ce jour.

Un rapport de la Cour des Comptes de février 2014 a relevé d’importantes faiblesses de ce plan tant concernant ses modalités de préparation, que par rapport à ses choix et à ses retards de réalisation. Concernant les CAC, la Cour des Comptes a relevé que sur les 400 prévus, “seuls 74 ont été réalisés (sans pour autant être tous fonctionnels).”

Plusieurs causes expliquent cet échec parmi lesquelles une difficulté à mobiliser les locaux devant abriter les CAC, le manque d’intérêt des fournisseurs d’accès pour cette opération et la faible coordination entre les trois institutions impliquées dans la réalisation de ce programme (ministère de l'industrie, de l'investissement, du commerce et de l'économie numérique, ministère de la jeunesse et des sports et ANRT).

La seconde stratégie en matière de TIC (Plan Maroc Numéric 2020) cherchait à travers son initiative n° 2 à réduire la fracture digitale au profit des citoyens (connectivité pour tous, programmes de l’enseignement primaire, secondaire et supérieur, accès public à la Wifi et des régions défavorisées en matière de connectivité). Mais, tout comme le précédent, ce plan a laissé de côté les zones rurales et a été loin de tenir ses promesses.

La troisième stratégie (couvrant la période 2020-2025) a été préparée sous l’autorité de l’Agence de développement digital (ADD) créée en septembre 2017. Cette stratégie comporte des objectifs relativement similaires à ceux des deux précédents plans et ambitionne “de mettre en place à l'horizon 2025 une administration digitale au service des citoyens et des entreprises, une économie compétitive grâce aux gains de performance amenés par un écosystème digital et par l’innovation, ainsi qu’une société inclusive grâce au digital”.

Pour ce qui est des régions reculées, l’ADD vise une intégration du digital dans l’éducation qui permettrait la création de classes numériques et la sensibilisation des jeunes aux technologies de l’information et de la communication. Il est trop tôt pour juger de l’efficacité de ce nouveau plan. Espérons qu’il ne restera pas lettre morte pour les enfants de nos montagnes.

Le manque d’action des institutions publiques a poussé la société civile de Télouet à créer son propre centre d’accès (sous le nom d’Espace Numérique) qui s’inspire du modèle CAC, sauf qu’il est réservé aux seuls élèves du collège local et non pas à un public adulte extérieur, pour des raisons d’efficacité et de bon usage des matériels.

Autre différence majeure avec les CAC : le “business model” du projet repose sur un partenariat entre une association locale (Association Télouet pour le développement humain), responsable de la conception du centre, de la mobilisation de son financement et  de la couverture de ses frais de fonctionnement, et la Commune de Télouet (mise à disposition des locaux et couverture des frais de consommation d’eau et d’électricité).

Le fait que l’Espace Numérique de Télouet résulte d’une initiative purement “grassroots” lui assure un ancrage fort, nécessaire à son appropriation par les usagers et gage de sa pérennité à long terme. Le coût de réalisation de l’Espace Numérique a été de l’ordre de 250.000 dirhams (acquisitions de 20 PC et équipements connexes, mobilier, équipement KU BAND VSAT, équipement de sécurité etc.). Les frais de fonctionnement sont de l’ordre de 50.000 dirhams par an.

Ouvert depuis trois ans aux collégiennes et collégiens de 2ème et 3ème années qui n’avaient jamais pour la plupart touché un ordinateur, ce centre agit comme un déclencheur de “l’apprivoisement” de l’internet par les élèves et de l’apprentissage à la manipulation d’un ordinateur. L’Espace Numérique a pu former environ 600 élèves du collège de Télouet à utiliser Word, Excel, PowerPoint etc. Ils savent à présent créer des fichiers, faire des recherches, produire des rapports, en plus d’avoir des adresses emails et d’avoir été initiés aux réseaux sociaux.

De même, l’Espace Numérique constitue une base pour organiser des événements dans le but de développer la compréhension des jeunes et leurs capacités en matière de TIC (conférences, rencontres, ateliers d’informatique). L’expérience de Télouet a prouvé qu’elle permettait aux élèves d’être mieux armés une fois qu’ils vont poursuivre leur études secondaires post-collège à Ouarzazate ou à Marrakech.

Les habitants de Télouet sont fiers de leur centre tout à fait unique dans des communes rurales similaires. Conscients de l’importance d’outiller leurs enfants en compétences numériques, ils souhaitent désormais transformer l’Espace Numérique en un centre de formation avancée qui pourrait initier les jeunes filles et garçons à des applications plus poussées : codage, confection de documents audio-visuels de qualité, création de sites web, techniques de programmation etc.

Pour cela, l’association aurait besoin d’un appui public pour développer des cursus adaptés, garder ouvert l’Espace pendant les vacances scolaires d’été et pour prendre en charge les frais de fonctionnement supplémentaires (en particulier tout ou partie du salaire d’un instructeur spécialisé) générés par cet “upgrade”. Ainsi d’un désert informatique, la commune de Télouet pourrait se transformer, à moindre frais, en une pépinière de jeunes talents issus de la ruralité, pouvant détenir les clés d’un futur en phase avec leur époque et mieux être utiles à leur pays.

Il faut espérer que l’Espace Numérique de Télouet puisse servir de modèle pour d’autres communes éloignées disposant d’un collège (sachant que le coût de réalisation de ces projets pourrait être amoindri en ayant recours à des PC recyclés). La combinaison association locale + Commune + institution publique ou Région assurerait à ce type de centres pertinence et soutenabilité.

Espérons que l’ADD s’intéressera (plus que cela ne fut le cas auparavant) au Maroc de la montagne, qui aspire autant que le reste du pays à s’engager pleinement sur la route du numérique. Prendre langue avec les acteurs locaux constituerait un premier pas dans ce sens. La crise du corona a montré qu’il était utile de faire confiance au “terrain”.

Abderrahman El Mezouari El Glaoui

Acteur associatif

Comment atténuer la fracture numérique en montagne? Cas de la commune de Télouet

Le 23 juin 2020 à15:36

Modifié le 23 juin 2020 à 15:36

Dans le désert numérique de la commune de Télouet, la société civile a créé un centre communautaire d'accès à Internet réservé aux élèves du collège. Abderrahman El Mezouari El Glaoui nous rapporte cette expérience qui peut servir de modèle.

La crise multiforme que nous traversons à cause du coronavirus a mis en lumière toute l'importance que revêtent les technologies de l’information et de la communication (TIC) pour assurer la continuité du secteur public et la poursuite des activités du secteur privé. L’internet a démontré sa nature de “bien public” (et même de “bien public mondial”), c’est à dire de bien ayant vocation à être ouvert à tous, sans exclusive.

Au Maroc, la loi n° 24-96 du 7 août 1997 relative à la poste et aux télécommunications, considère que l’internet s'inscrit dans le cadre du “service universel’’. Ceci veut dire que les pouvoirs publics sont tenus de mettre en place les infrastructures nécessaires devant permettre l’accès à l’internet, comme ils doivent le faire pour les services de téléphonie et autres services de télécommunications, sur l’ensemble du territoire national.

Cela est loin d’être le cas. En comparaison des villes, les zones rurales restent très défavorisées en matière digitale ; parmi elles, les régions montagneuses accusent un déficit encore plus aigu et sont de véritables “zones blanches”.

Depuis quelques années, les hivers rigoureux de nos montagnes attirent l’attention du public. Les images montrées à la télévision ont permis de jeter une lumière crue sur les pénibles conditions de vie de nos concitoyens habitant ces régions.

À ce rude climat, s’ajoutent plusieurs contraintes majeures (enclavement, faiblesse des services de santé et d’éducation, manque d’activités sportives et culturelles, infrastructures insuffisantes, indices de développement humains inférieurs aux moyennes nationales etc.). Ainsi la ”montagne reste à la traîne”, malgré les efforts importants réalisés par les pouvoirs publics depuis le début des années 2000 en matière d’électrification, d’adduction d’eau, de routes et de construction d’écoles et de collèges.

En plus de ces déficits, la fracture numérique dont soufrent les zones de montagne est de plus en plus handicapante au fur et à mesure que la digitalisation se développe dans le reste du pays, avec ce que cela implique en termes de freins au progrès et à l’acquisition de savoirs.

Pour illustrer ce point, nous prendrons le cas de Télouet, commune du Haut Atlas (1.800 mètres d’altitude, 14.000 habitants répartis en 52 douars), qui se situe dans la province de Ouarzazate.

L’opérateur historique national y a introduit la 3G en 2013, mais la commune n’a pas été équipée en lignes téléphoniques. Par conséquent, la mise en place de l’ADSL (qui est une technologie d'accès à l’internet sur ligne téléphonique) est irréalisable. Pour les PC, seule est possible une connexion par satellite selon la technique VSAT. Le coût du forfait mensuel, qui commence à  250 dirhams pour un débit de 10 Mbps, est hors de portée de la plupart des familles, encore faut-il qu’elles possèdent un ordinateur. Conséquence : l’écrasante majorité des enfants n’ont pas accès à l’internet !

Qu’ont fait l’État et les Régions, que font les parlementaires pour éliminer cette discrimination dont soufrent les habitants des régions reculées et plus particulièrement les enfants sur lesquels nous concentrerons nos propos?

Le Plan Maroc Numeric 2013 (couvrant la période 2009-2013) ambitionnait de ”généraliser l’usage et l’équipement en TI des acteurs de l’enseignement, équiper en accès Internet et ressources multimédias les établissements scolaires publics, subventionner l’équipement des enseignants en ordinateurs et connexions Internet…”

Maroc Numeric 2013 entendait également ”faciliter l’accès internet et l’usage des TI hors domicile” à travers la mise en place de 400 Centres d’Accès Communautaires (CAC) sur la période 2009-2013, Toujours selon cette stratégie, ”chaque CAC sera équipé d’ordinateurs, d’un accès à internet et d’appareils téléphoniques.” Ce programme, intéressant dans l’absolu, s’est soldé par un échec quant à l’équipement en accès internet dans les établissements scolaires publics. Télouet n’en a pas profité à ce jour.

Un rapport de la Cour des Comptes de février 2014 a relevé d’importantes faiblesses de ce plan tant concernant ses modalités de préparation, que par rapport à ses choix et à ses retards de réalisation. Concernant les CAC, la Cour des Comptes a relevé que sur les 400 prévus, “seuls 74 ont été réalisés (sans pour autant être tous fonctionnels).”

Plusieurs causes expliquent cet échec parmi lesquelles une difficulté à mobiliser les locaux devant abriter les CAC, le manque d’intérêt des fournisseurs d’accès pour cette opération et la faible coordination entre les trois institutions impliquées dans la réalisation de ce programme (ministère de l'industrie, de l'investissement, du commerce et de l'économie numérique, ministère de la jeunesse et des sports et ANRT).

La seconde stratégie en matière de TIC (Plan Maroc Numéric 2020) cherchait à travers son initiative n° 2 à réduire la fracture digitale au profit des citoyens (connectivité pour tous, programmes de l’enseignement primaire, secondaire et supérieur, accès public à la Wifi et des régions défavorisées en matière de connectivité). Mais, tout comme le précédent, ce plan a laissé de côté les zones rurales et a été loin de tenir ses promesses.

La troisième stratégie (couvrant la période 2020-2025) a été préparée sous l’autorité de l’Agence de développement digital (ADD) créée en septembre 2017. Cette stratégie comporte des objectifs relativement similaires à ceux des deux précédents plans et ambitionne “de mettre en place à l'horizon 2025 une administration digitale au service des citoyens et des entreprises, une économie compétitive grâce aux gains de performance amenés par un écosystème digital et par l’innovation, ainsi qu’une société inclusive grâce au digital”.

Pour ce qui est des régions reculées, l’ADD vise une intégration du digital dans l’éducation qui permettrait la création de classes numériques et la sensibilisation des jeunes aux technologies de l’information et de la communication. Il est trop tôt pour juger de l’efficacité de ce nouveau plan. Espérons qu’il ne restera pas lettre morte pour les enfants de nos montagnes.

Le manque d’action des institutions publiques a poussé la société civile de Télouet à créer son propre centre d’accès (sous le nom d’Espace Numérique) qui s’inspire du modèle CAC, sauf qu’il est réservé aux seuls élèves du collège local et non pas à un public adulte extérieur, pour des raisons d’efficacité et de bon usage des matériels.

Autre différence majeure avec les CAC : le “business model” du projet repose sur un partenariat entre une association locale (Association Télouet pour le développement humain), responsable de la conception du centre, de la mobilisation de son financement et  de la couverture de ses frais de fonctionnement, et la Commune de Télouet (mise à disposition des locaux et couverture des frais de consommation d’eau et d’électricité).

Le fait que l’Espace Numérique de Télouet résulte d’une initiative purement “grassroots” lui assure un ancrage fort, nécessaire à son appropriation par les usagers et gage de sa pérennité à long terme. Le coût de réalisation de l’Espace Numérique a été de l’ordre de 250.000 dirhams (acquisitions de 20 PC et équipements connexes, mobilier, équipement KU BAND VSAT, équipement de sécurité etc.). Les frais de fonctionnement sont de l’ordre de 50.000 dirhams par an.

Ouvert depuis trois ans aux collégiennes et collégiens de 2ème et 3ème années qui n’avaient jamais pour la plupart touché un ordinateur, ce centre agit comme un déclencheur de “l’apprivoisement” de l’internet par les élèves et de l’apprentissage à la manipulation d’un ordinateur. L’Espace Numérique a pu former environ 600 élèves du collège de Télouet à utiliser Word, Excel, PowerPoint etc. Ils savent à présent créer des fichiers, faire des recherches, produire des rapports, en plus d’avoir des adresses emails et d’avoir été initiés aux réseaux sociaux.

De même, l’Espace Numérique constitue une base pour organiser des événements dans le but de développer la compréhension des jeunes et leurs capacités en matière de TIC (conférences, rencontres, ateliers d’informatique). L’expérience de Télouet a prouvé qu’elle permettait aux élèves d’être mieux armés une fois qu’ils vont poursuivre leur études secondaires post-collège à Ouarzazate ou à Marrakech.

Les habitants de Télouet sont fiers de leur centre tout à fait unique dans des communes rurales similaires. Conscients de l’importance d’outiller leurs enfants en compétences numériques, ils souhaitent désormais transformer l’Espace Numérique en un centre de formation avancée qui pourrait initier les jeunes filles et garçons à des applications plus poussées : codage, confection de documents audio-visuels de qualité, création de sites web, techniques de programmation etc.

Pour cela, l’association aurait besoin d’un appui public pour développer des cursus adaptés, garder ouvert l’Espace pendant les vacances scolaires d’été et pour prendre en charge les frais de fonctionnement supplémentaires (en particulier tout ou partie du salaire d’un instructeur spécialisé) générés par cet “upgrade”. Ainsi d’un désert informatique, la commune de Télouet pourrait se transformer, à moindre frais, en une pépinière de jeunes talents issus de la ruralité, pouvant détenir les clés d’un futur en phase avec leur époque et mieux être utiles à leur pays.

Il faut espérer que l’Espace Numérique de Télouet puisse servir de modèle pour d’autres communes éloignées disposant d’un collège (sachant que le coût de réalisation de ces projets pourrait être amoindri en ayant recours à des PC recyclés). La combinaison association locale + Commune + institution publique ou Région assurerait à ce type de centres pertinence et soutenabilité.

Espérons que l’ADD s’intéressera (plus que cela ne fut le cas auparavant) au Maroc de la montagne, qui aspire autant que le reste du pays à s’engager pleinement sur la route du numérique. Prendre langue avec les acteurs locaux constituerait un premier pas dans ce sens. La crise du corona a montré qu’il était utile de faire confiance au “terrain”.

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