Monsieur Attaf bafoue allègrement la résolution 2797
En réinterprétant la dernière résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara, Ahmed Attaf cherche à dédouaner l’Algérie de toute implication directe dans ce conflit régional, pourtant clairement désignée par l’ONU comme partie prenante au processus politique.
Le ministre algérien des affaires étrangères Ahmed Attaf, a saisi hier la célébration de la journée de l’Afrique pour réinterpréter à sa guise la dernière résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara. Deux préalables ont été posés par le chef de la diplomatie algérienne qui attire l’attention. Attaf réinterprète les termes de la dernière résolution en nous annonçant que les parties au conflit ne sont, à ses yeux, que deux : le Royaume du Maroc et le Front Polisario. Pour lui, ce sont les seuls protagonistes dans cette équation, qui devient ainsi un problème uniquement bilatéral entre le Maroc et le Polisario. Ensuite le rôle de son pays devient dans ce cas celui d’un pays voisin et observateur, aux côtés de la Mauritanie, autrement dit l’Algérie n’est plus partie prenante dans le conflit qui ne l’intéresse qu’indirectement.
Attaf feint d’oublier que la délégation algérienne à l’ONU a fait retarder la traduction de la dernière résolution au Conseil de sécurité pour faire figurer dans celle arabe, le terme : les deux parties, Atarafaine, au lieu des parties, al Attraf, pour semer plus de doutes et retarder tout règlement. On se demande dès lors pourquoi a-t-il participé personnellement et de son plein gré aux négociations de Madrid et de Washington ? Et pourquoi son pays, membre non-permanent du Conseil de sécurité y a mené tout ce branle-bas pour apporter des modifications à la résolution qu’il critique maintenant ?
En posant ces deux conditions, lors d’une journée censée célébrer l’unité africaine, Attaf mis à mal la dernière résolution du Conseil de sécurité. Celle-ci a appelé ouvertement les quatre parties, Maroc, Algérie, Mauritanie et Polisario, à participer à la résolution finale du conflit d’une part, et de l’autre à participer aux négociations sans conditions préalables. Est-il utile de lui rappeler que la résolution a réitéré à toutes les parties, à s’engager dans les discussions sans conditions, en prenant en compte, et comme base unique, la proposition d’autonomie, tout en affirmant le soutien au processus politique mené par l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU.
Ces deux exigences du Conseil de sécurité, à savoir la nomination des quatre parties concernées d’un côté, et de l’autre d’engager les négociations sans conditions préalables, sont les deux socles juridiques intrinsèques au texte de la résolution et sur lesquels est basée la récente résolution. En défiant volontairement la volonté de la communauté internationale par cette réinterprétation abusive et de circonstance, Attaf met la diplomatie de son pays hors de la légalité internationale, en cherchant à perpétuer le conflit au lieu de le résoudre.
Il est temps que le chef de la diplomatie algérienne, et au-delà des hauts responsables de ce pays voisin de prendre conscience qu’aux yeux de la majorité des nations, le Polisario n’existe que parce que les autorités algériennes le maintiennent sciemment en vie. La raison d’être de ce groupe séparatiste, qui rêve d’instaurer un Etat fictif au service d’Alger, ne vise qu’un seul objectif : affaiblir le Maroc et le couper définitivement de ses racines africaines. Il faut qu’ils se rendent comptent qu’en cinquante ans, la réalité des provinces du sud n’est plus celle laissée par l’Espagne en 1975. Ces provinces n’ont plus rien à envier aux régions du nord, et les populations locales sont totalement intégrées dans la dynamique que connait le royaume.
C’est ce seul constat que tirent les grands rapports des centres d’études et de recherches sur l’Afrique et le Maghreb. Il faut que le ministre Attaf et sa diplomatie prennent conscience que la politique que poursuivent les généraux algériens contre le Maroc pour freiner son évolution s’est révélée avec le temps un cuisant échec et un grand fiasco, et qu’elle n’est plus payante depuis bien longtemps. Elle n’a fait en réalité qu’isoler davantage leur propre pays au niveau régional et international. Cette posture de se cacher derrière le Polisario, devenu un paravent, ne mènera l’Algérie que vers davantage d’isolement.
D’autres gouvernements ont suivi par le passé la même politique qu’Alger pour nuire à leurs voisins sans obtenir pour autant de résultats concluants. Ils ont subventionné des mouvements sécessionnistes pour leur porter préjudice sans que cela aboutisse, avant de les abandonner sur la route. L’Inde a entrainé les Tigres Tamouls pour nuire au Sri Lanka et créer un Etat Tamoul indépendant au nord. L’Iran a soutenu les Houtis au Yémen pour affaiblir indirectement l’Arabie-Saoudite, et directement le Yémen lui-même. Sur notre continent l’exemple du soutien du Rwanda au M23 contre la RDC se perpétue sous nos yeux. Il faut espérer que les dirigeants algériens révisent leurs priorités et prennent conscience de leurs propres intérêts d’abord et celui du Maghreb ensuite. Est-ce trop leur demander ?
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