Cession, location des bacs de stockage.. A la Samir, tout le monde se renvoie la balle

Le processus de cession dans l'impasse et la location des bacs de stockage par l'ONHYM en stand-by. A la Samir, on tourne en rond.

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Cession, location des bacs de stockage.. A la Samir, tout le monde se renvoie la balle

Le 20 octobre 2020 à 18:51

Modifié le 21 octobre 2020 à 12:28

La Samir a reçu l’autorisation de « poursuivre son activité » pour 3 mois supplémentaires. C’est ce qu’a décidé le tribunal de commerce de Casablanca, qui a statué le jeudi 15 octobre sur cette requête formulée par Abdelkbir Safadi, syndic chargé de la liquidation du raffineur.

Depuis l’ouverture de la procédure en mars 2016, la même requête revient automatiquement tous les trois mois (parfois six mois). Dans les faits, la Samir a stoppé son activité dès août 2015. Les prorogations judiciaires jouent le rôle de respirateur artificiel en attendant la cession de l’entreprise.  

Une attente qui, chez les tenants du dossier, vire au désespoir. Mardi 13 octobre, le juge-commissaire a constaté pour la énième fois l’absence d’offres sérieuses. La prochaine réunion aura lieu dans 20 jours. Dans le jargon désormais classique du dossier « la Samir », l’offre « non sérieuse » correspond à toute offre déposée sans être accompagnée d’une « garantie en vue de son exécution ».

En l’occurrence et sur la trentaine de candidats au rachat, aucun n’a été en mesure d’assortir sa proposition d’une caution. C’est du moins le récit des acteurs de la procédure, notamment le syndic et le juge-commissaire. Pour leur part, certains candidats imputent l’échec de la vente à la procédure elle-même, jugée opaque, lente et complexe.

Médias24 a été saisi par un candidat au rachat basé à Londres, et qui affirme avoir abandonné pour ces mêmes raisons. Cette entité a déposé, courant 2019, une offre de 30 milliards de DH assortie d'une garantie de 10 milliards. Le juge-commissaire n'a pas donné suite à sa demande car l'acquéreur avait exigé l'exclusivité sur la procédure en cours.

Location des bacs de stockage par l’OHNYM

Autre volet en suspens, la location des bacs de stockage de la Samir. Un dossier initié par l’Etat marocain lui-même. Ici, le sérieux de l’initiateur ne fait pas de doute. D’ailleurs, le juge-commissaire a accédé à la demande de location en un temps record : la demande validée le 14 mai 2020, deux jours seulement après son dépôt. Cinq mois plus tard, le contrat de location n’a toujours pas été conclu avec la Samir.

Le bureau syndical de la Samir s’étonne « du retard » enregistré par le gouvernement dans la conclusion de la convention, craignant même « que cette initiative ne se heurte à l’opposition de lobbys contrôlant et monopolisant le marché marocain des hydrocarbures ».

Au final, cet attentisme risque de faire « perdre au pays l’occasion de renforcer sa sécurité énergétique et freiner la hausse des prix des hydrocarbures », ajoute la même source. La requête avait été initiée par l’Etat pour saisir l’opportunité de la baisse des prix exceptionnelle observée lors des premier mois de la pandémie Covid-19.

C’est l’Office national des hydrocarbures et des mines qui devait représenter l’exécutif dans cette opération. La Samir, elle, est représentée par le syndic. Sollicitée, Amina Benkhadra, directrice de l’Onhym, n’a jamais daigné répondre à l’un de nos appels, ni messages. « Dans ce dossier, tout le monde se jette la balle », déplore une source proche des tractations.

D’autres parties prenantes invoquent la complexité de la démarche: « Avant même que le juge-commissaire ne se prononce, on a fait savoir que l’exploitation, par l’Etat, des réservoirs d’une entité commerciale était compliqué à la fois sur le plan juridique et opérationnel. D’où d’ailleurs la délégation de l’opération de l’OHNYM. A un moment, il était même question de créer une société spéciale pour gérer l’affaire », raconte cette source.

Contactée ce mardi 20 octobre, une autre source concernée assure que « la convention a été finalisée ». Reste à la soumettre aux contrôleurs (Douane, BCP et les salariés) qui ont exigé, dès le dépôt de la demande, de consulter le contrat avant sa conclusion. Sollicité, un des contrôleurs affirme n’avoir rien reçu à ce jour...

Cession, location des bacs de stockage.. A la Samir, tout le monde se renvoie la balle

Le 20 octobre 2020 à19:00

Modifié le 21 octobre 2020 à 12:28

Le processus de cession dans l'impasse et la location des bacs de stockage par l'ONHYM en stand-by. A la Samir, on tourne en rond.

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La Samir a reçu l’autorisation de « poursuivre son activité » pour 3 mois supplémentaires. C’est ce qu’a décidé le tribunal de commerce de Casablanca, qui a statué le jeudi 15 octobre sur cette requête formulée par Abdelkbir Safadi, syndic chargé de la liquidation du raffineur.

Depuis l’ouverture de la procédure en mars 2016, la même requête revient automatiquement tous les trois mois (parfois six mois). Dans les faits, la Samir a stoppé son activité dès août 2015. Les prorogations judiciaires jouent le rôle de respirateur artificiel en attendant la cession de l’entreprise.  

Une attente qui, chez les tenants du dossier, vire au désespoir. Mardi 13 octobre, le juge-commissaire a constaté pour la énième fois l’absence d’offres sérieuses. La prochaine réunion aura lieu dans 20 jours. Dans le jargon désormais classique du dossier « la Samir », l’offre « non sérieuse » correspond à toute offre déposée sans être accompagnée d’une « garantie en vue de son exécution ».

En l’occurrence et sur la trentaine de candidats au rachat, aucun n’a été en mesure d’assortir sa proposition d’une caution. C’est du moins le récit des acteurs de la procédure, notamment le syndic et le juge-commissaire. Pour leur part, certains candidats imputent l’échec de la vente à la procédure elle-même, jugée opaque, lente et complexe.

Médias24 a été saisi par un candidat au rachat basé à Londres, et qui affirme avoir abandonné pour ces mêmes raisons. Cette entité a déposé, courant 2019, une offre de 30 milliards de DH assortie d'une garantie de 10 milliards. Le juge-commissaire n'a pas donné suite à sa demande car l'acquéreur avait exigé l'exclusivité sur la procédure en cours.

Location des bacs de stockage par l’OHNYM

Autre volet en suspens, la location des bacs de stockage de la Samir. Un dossier initié par l’Etat marocain lui-même. Ici, le sérieux de l’initiateur ne fait pas de doute. D’ailleurs, le juge-commissaire a accédé à la demande de location en un temps record : la demande validée le 14 mai 2020, deux jours seulement après son dépôt. Cinq mois plus tard, le contrat de location n’a toujours pas été conclu avec la Samir.

Le bureau syndical de la Samir s’étonne « du retard » enregistré par le gouvernement dans la conclusion de la convention, craignant même « que cette initiative ne se heurte à l’opposition de lobbys contrôlant et monopolisant le marché marocain des hydrocarbures ».

Au final, cet attentisme risque de faire « perdre au pays l’occasion de renforcer sa sécurité énergétique et freiner la hausse des prix des hydrocarbures », ajoute la même source. La requête avait été initiée par l’Etat pour saisir l’opportunité de la baisse des prix exceptionnelle observée lors des premier mois de la pandémie Covid-19.

C’est l’Office national des hydrocarbures et des mines qui devait représenter l’exécutif dans cette opération. La Samir, elle, est représentée par le syndic. Sollicitée, Amina Benkhadra, directrice de l’Onhym, n’a jamais daigné répondre à l’un de nos appels, ni messages. « Dans ce dossier, tout le monde se jette la balle », déplore une source proche des tractations.

D’autres parties prenantes invoquent la complexité de la démarche: « Avant même que le juge-commissaire ne se prononce, on a fait savoir que l’exploitation, par l’Etat, des réservoirs d’une entité commerciale était compliqué à la fois sur le plan juridique et opérationnel. D’où d’ailleurs la délégation de l’opération de l’OHNYM. A un moment, il était même question de créer une société spéciale pour gérer l’affaire », raconte cette source.

Contactée ce mardi 20 octobre, une autre source concernée assure que « la convention a été finalisée ». Reste à la soumettre aux contrôleurs (Douane, BCP et les salariés) qui ont exigé, dès le dépôt de la demande, de consulter le contrat avant sa conclusion. Sollicité, un des contrôleurs affirme n’avoir rien reçu à ce jour...

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