Aide aux ménages sans Ramed : la plateforme lancée avant la fin de semaine

La plateforme réservée à la déclaration des ménages sans Ramed impactés par la crise du Coronavirus pour bénéficier de l'aide de l'Etat, sera lancée avant la fin de semaine. Les autorités locales s'assureront de l'éligibilité des demandeurs.

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Aide aux ménages sans Ramed : la plateforme lancée avant la fin de semaine

Le 01 avril 2020 à 19:39

Modifié le 01 avril 2020 à 21:25

L'aide financière de subsistance mise en place par le gouvernement pour soutenir les différentes catégories de personnes dont les revenus sont impactés par les mesures de l'état d'urgence sanitaire se met en place progressivement.

Les démarches pour bénéficier de ces aides ont été annoncées pour les salariés déclarés à la CNSS en arrêt de travail et les ménages ayant le Ramed qui pâtissent des répercussions de la crise.

Il reste les sans Ramed opérant dans l’informel qui ont perdu leurs revenus à cause du confinement. L'on sait qu'ils bénéficieront des mêmes montants d'aide que les Ramédistes allant de 800 à 1.200 DH selon la taille du ménage. Dans son communiqué, le ministère de l'Economie et des Finances a déclaré le 27 mars dernier "le lancement d’une plateforme électronique dédiée au dépôt des déclarations (qui) sera annoncé incessamment". 

Au 1er avril, aucune nouvelle annonce officielle n'a été faite à ce sujet. Des sources sûres assurent à Médias24 que "la plateforme de déclaration de cette catégorie sera prête cette semaine". 

On nous confirme aussi qu'un "mécanisme sera mis en place, peut-être via les autorités locales, pour vérifier les déclarations et l'éligibilité des demandeurs pour bénéficier des aides".

Des filtres existent aussi pour les autres catégories."En cette période de solidarité, et de grande mobilisation, toute déclaration volontairement non fondée est passible de poursuites judiciaires", avait insisté le ministère des Finances.

Des millions de bénéficiaires

A date et alors que les déclarations se poursuivent, les salariés déclarés à la CNSS et en arrêt de travail sont au nombre de 578.208 personnes. Ces derniers bénéficieront de 1.000 DH au titre de l'aide pour le mois de mars. Ils recevront 2.000 DH à partir du mois d'avril. 

Aucun décompte n'a été donné pour les Ramédistes pour lesquels l'opération de déclaration a démarré le 30 mars. Mais on parle d'une cible de 5,49 millions de ménages représentant 14,4 millions de bénéficiaires du Ramed, selon les chiffres contenus dans la documentation accompagnant le PLF2020. On ne connait pas combien d'entre eux détiennent des carte Ramed valable au 31 décembre 2019, une des conditions pour bénéficier de l'aide. 

Pour les sans Ramed, la tâche de les identifier est plus difficile encore. Car, dans cette catégorie, il y a les travailleurs de l'informel qui ne remplissent pas les conditions d'éligibilité pour le Ramed.

Et il y a les salariés non déclarés qui travaillent dans des entités formelles ou qui ont une existence juridique ou fiscale. Il s'agit des serveurs des cafés et restaurants, les vendeurs des magasins et commerces, les chauffeurs, les livreurs, ouvrières et ouvriers des usines,...

Mais selon une déclaration de Mohamed Benchaâboun à l'AFP, précisée par Médias24, la cible totale de l'aide financière de l'Etat s'élève à quelque 4 millions de ménages.

Ces personnes plus particulièrement sont aujourd'hui "abandonnées" à leur sort par leur employeurs et beaucoup d'entre elles n'ont pas reçu leur rémunération pour le mois de mars bien qu'une partie du mois a été travaillée dans des conditions normales.

"J'ai pris contact et j'ai été contacté par beaucoup de personnes de ma circonscription, parmi elles il y a des serveurs de cafés, vendeurs dans des magasins et commerces, employés de maison,... l'extrême majorité n'a pas été payée. Leurs employeurs ne leur répondent même pas au téléphone. Moi même j'ai essayé de joindre certains d'entre eux notamment les propriétaires de café au niveau de Agdal-Ryad, sans succès", témoigne Omar Balafrej, parlementaire qui précise qu'une catégorie d'employeurs a pris la peine tout de même d'assumer ses responsabilités. 

Pour Balafrej, certains employeurs doivent être "poussés" à prendre leur responsabilité et assurer les revenus de leur employés même s'ils sont payés au noir. "Il y a des propriétaires de commerces pour qui c'est une activité annexe. Leur revenu à eux est assuré par une autre activité. Ils doivent donc contribuer à l'effort solidaire en maintenant les salaires de leurs employés ou a défaut de moyens recourir aux outils bancaires mis en place pour financer le paiement des salaires", poursuit-il. "Je pense qu'un café ou restaurant à Agdal-Ryad dont le pas-de-porte coûte dans les 5 millions de DH pourrait continuer à verser les salaires ou une partie des salaires à ses employés", insiste-t-il. 

Il pousse la réflexion en demandant à ce que l'Etat intervienne, par le biais du ministère de l'emploi ou de l'intérieur pour "mettre la pression", une "pression positive", sur "ces patrons qui auraient les moyens de prendre en charge leurs employés grâce à des solutions comme un crédit à 0%, par exemple". 

Si l'on se base sur les données du HCP sur le secteur informel, cette catégorie des travailleurs informels et des salariés non déclarés pourrait comprendre jusqu'à 5 millions de personnes. 

>>Lire aussi : Coronavirus : Des millions de personnes dans la précarité attendent un soutien

Aide aux ménages sans Ramed : la plateforme lancée avant la fin de semaine

Le 01 avril 2020 à20:10

Modifié le 01 avril 2020 à 21:25

La plateforme réservée à la déclaration des ménages sans Ramed impactés par la crise du Coronavirus pour bénéficier de l'aide de l'Etat, sera lancée avant la fin de semaine. Les autorités locales s'assureront de l'éligibilité des demandeurs.

L'aide financière de subsistance mise en place par le gouvernement pour soutenir les différentes catégories de personnes dont les revenus sont impactés par les mesures de l'état d'urgence sanitaire se met en place progressivement.

Les démarches pour bénéficier de ces aides ont été annoncées pour les salariés déclarés à la CNSS en arrêt de travail et les ménages ayant le Ramed qui pâtissent des répercussions de la crise.

Il reste les sans Ramed opérant dans l’informel qui ont perdu leurs revenus à cause du confinement. L'on sait qu'ils bénéficieront des mêmes montants d'aide que les Ramédistes allant de 800 à 1.200 DH selon la taille du ménage. Dans son communiqué, le ministère de l'Economie et des Finances a déclaré le 27 mars dernier "le lancement d’une plateforme électronique dédiée au dépôt des déclarations (qui) sera annoncé incessamment". 

Au 1er avril, aucune nouvelle annonce officielle n'a été faite à ce sujet. Des sources sûres assurent à Médias24 que "la plateforme de déclaration de cette catégorie sera prête cette semaine". 

On nous confirme aussi qu'un "mécanisme sera mis en place, peut-être via les autorités locales, pour vérifier les déclarations et l'éligibilité des demandeurs pour bénéficier des aides".

Des filtres existent aussi pour les autres catégories."En cette période de solidarité, et de grande mobilisation, toute déclaration volontairement non fondée est passible de poursuites judiciaires", avait insisté le ministère des Finances.

Des millions de bénéficiaires

A date et alors que les déclarations se poursuivent, les salariés déclarés à la CNSS et en arrêt de travail sont au nombre de 578.208 personnes. Ces derniers bénéficieront de 1.000 DH au titre de l'aide pour le mois de mars. Ils recevront 2.000 DH à partir du mois d'avril. 

Aucun décompte n'a été donné pour les Ramédistes pour lesquels l'opération de déclaration a démarré le 30 mars. Mais on parle d'une cible de 5,49 millions de ménages représentant 14,4 millions de bénéficiaires du Ramed, selon les chiffres contenus dans la documentation accompagnant le PLF2020. On ne connait pas combien d'entre eux détiennent des carte Ramed valable au 31 décembre 2019, une des conditions pour bénéficier de l'aide. 

Pour les sans Ramed, la tâche de les identifier est plus difficile encore. Car, dans cette catégorie, il y a les travailleurs de l'informel qui ne remplissent pas les conditions d'éligibilité pour le Ramed.

Et il y a les salariés non déclarés qui travaillent dans des entités formelles ou qui ont une existence juridique ou fiscale. Il s'agit des serveurs des cafés et restaurants, les vendeurs des magasins et commerces, les chauffeurs, les livreurs, ouvrières et ouvriers des usines,...

Mais selon une déclaration de Mohamed Benchaâboun à l'AFP, précisée par Médias24, la cible totale de l'aide financière de l'Etat s'élève à quelque 4 millions de ménages.

Ces personnes plus particulièrement sont aujourd'hui "abandonnées" à leur sort par leur employeurs et beaucoup d'entre elles n'ont pas reçu leur rémunération pour le mois de mars bien qu'une partie du mois a été travaillée dans des conditions normales.

"J'ai pris contact et j'ai été contacté par beaucoup de personnes de ma circonscription, parmi elles il y a des serveurs de cafés, vendeurs dans des magasins et commerces, employés de maison,... l'extrême majorité n'a pas été payée. Leurs employeurs ne leur répondent même pas au téléphone. Moi même j'ai essayé de joindre certains d'entre eux notamment les propriétaires de café au niveau de Agdal-Ryad, sans succès", témoigne Omar Balafrej, parlementaire qui précise qu'une catégorie d'employeurs a pris la peine tout de même d'assumer ses responsabilités. 

Pour Balafrej, certains employeurs doivent être "poussés" à prendre leur responsabilité et assurer les revenus de leur employés même s'ils sont payés au noir. "Il y a des propriétaires de commerces pour qui c'est une activité annexe. Leur revenu à eux est assuré par une autre activité. Ils doivent donc contribuer à l'effort solidaire en maintenant les salaires de leurs employés ou a défaut de moyens recourir aux outils bancaires mis en place pour financer le paiement des salaires", poursuit-il. "Je pense qu'un café ou restaurant à Agdal-Ryad dont le pas-de-porte coûte dans les 5 millions de DH pourrait continuer à verser les salaires ou une partie des salaires à ses employés", insiste-t-il. 

Il pousse la réflexion en demandant à ce que l'Etat intervienne, par le biais du ministère de l'emploi ou de l'intérieur pour "mettre la pression", une "pression positive", sur "ces patrons qui auraient les moyens de prendre en charge leurs employés grâce à des solutions comme un crédit à 0%, par exemple". 

Si l'on se base sur les données du HCP sur le secteur informel, cette catégorie des travailleurs informels et des salariés non déclarés pourrait comprendre jusqu'à 5 millions de personnes. 

>>Lire aussi : Coronavirus : Des millions de personnes dans la précarité attendent un soutien

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