Yémen: 25 morts, dont 15 écolières, dans un attentat anti-chiite
Vingt-cinq personnes, dont 15 écolières, ont été tuées mardi dans un attentat à la voiture piégée contre une position de la milice chiite Ansaruallah dans le centre du Yémen, ont annoncé des sources sécuritaires.
Quinze enfants ont péri lorsque leur bus scolaire a été soufflé dans l'attentat commis à Rada, dans la province de Baïda et qui visait la maison d'Abdallah Idriss, un chef de cette milice également connue sous le nom de "houthis", a indiqué à l'AFP une source des services de sécurité.
L'attentat a fait "25 morts, dont les 15 enfants", a déclaré cette source, ajoutant que l'attentat portait "l'empreinte d'Al-Qaïda".
Le ministère de la Défense a confirmé sur son site internet 26sep.net ce bilan en évoquant "une lâche attaque terroriste contre la maison d'un citoyen et un bus scolaire".
"Il en a résulté la mort de 15 écolières et de 10 citoyens", a déclaré un responsable militaire, cité sur le site du ministère, qui en a accusé "des terroristes du réseau Al-Qaïda".
Les miliciens chiites comme Al-Qaïda (sunnite) cherchent depuis des mois à prendre le contrôle de Rada, théâtre de fréquents affrontements et opérations armées meurtrières entre les deux forces protagonistes.
Ces opérations se sont accentuées depuis que les miliciens chiites ont renforcé à l'automne leur présence à Rada, dans le cadre de leur fulgurante offensive qui, lancée depuis leur fief à Saada (nord), leur a permis le 21 septembre de prendre le contrôle de la capitale, Sanaa, avant d'avancer dans le centre et l'ouest du pays.
Dans leur progression, ils se sont heurtés à l'hostilité des tribus sunnites et à Al-Qaïda, qui recrute parmi ces tribus et qui a promis de livrer une guerre sans merci aux houthis.
Leur rivalité a affaibli encore l'autorité de l'Etat. Ainsi, des houthis armés ont brièvement encerclé mardi le siège du ministère de la Défense après qu'ils se sont vus interdire l'accès à ce ministère, a indiqué à l'AFP une source militaire.
Un autre groupe de miliciens chiites armés a fait irruption mardi au siège du quotidien officiel Al-Thouara, et ordonné le limogeage le président du Conseil d'administration du journal, Fayçal Makram, a annoncé à l'AFP une source de la rédaction.
Ces miliciens, qui ont nommé un nouveau président à la tête du journal, ont indiqué agir à la demande du chef d'Ansaruallah, Abdel Malek al-Houthi, qui leur "a ordonné d'entrer dans toutes les institutions de l'Etat pour y mettre fin à la corruption", a ajouté la même source.