Wall Street repart dans le rouge, minée par la chute des prix du brut
Wall Street repartait nettement dans le rouge lundi en mi-séance, après une ouverture en hausse, de bonnes nouvelles sur l'économie américaine ne suffisant pas à occulter la déroute du marché pétrolier: le Dow Jones perdait 0,75% et le Nasdaq 1,08%.
Vers 17H00 GMT, le Dow Jones Industrial Average abandonnait 128,99 points à 17.151,84 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 50,21 points à 4.603,38 points.
L'indice élargi S&P 500 se repliait de 0,79%, soit 15,77 points, et s'échangeait sous le seuil des 2.000 points pour la première fois depuis fin octobre, à 1.986,56 points.
En légère hausse en début de séance, les indices new-yorkais ont flanché en cours de matinée, déstabilisés par un énième plongeon des cours du brut. Les craintes suscitées par leur chute depuis la mi-juin avaient déjà assommé les marchés financiers la semaine dernière, Wall Street signant sa pire semaine depuis mai 2012.
"Nous continuons à recevoir toute une série de bonnes données sur l'économie américaine, mais à cette heure, tout le monde à les yeux rivés sur le marché de l'énergie", a fait valoir Art Hogan, de Wunderlich Securities.
Des statistiques publiées dans la matinée par la Réserve fédérale américaine (Fed) ont fait part d'une augmentation supérieure aux attentes de la production industrielle aux Etats-Unis en novembre, avec une hausse de 1,3%.
L'indice Empire State publié par la banque centrale a toutefois montré une chute de l'activité manufacturière de la région de New York en décembre, à la surprise des analystes, tombant en territoire négatif pour la première fois en presque deux ans.
Or, "comme on le voit depuis quelques temps, lorsque le secteur de l'énergie trébuche, tout le monde trébuche", a-t-il observé. "Et lorsque le brut a changé de direction ce matin, les indices boursiers ont suivi", a-t-il aussi relevé.
Des propos de membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ce week-end montrant que l'influent cartel -- qui pompe environ le tiers du brut mondial -- campe sur ses positions malgré le décrochage des prix, ont précipité un nouveau mouvement de ventes.
Le WTI, l'or noir coté à New York, cédait presque deux dollars vers la mi-séance, cotant à des niveaux plus vus depuis mai 2009.
- Vent baissier -
Face à ce vent baissier, l'optimisme né d'un regain d'activité dans les fusions-acquisitions ne suffisait pas à calmer les ardeurs vendeuses des investisseurs.
PetSmart, chaîne américaine de distribution d'alimentation et d'accessoires pour animaux familiers, gagnait 4,48% à 81,15 dollars, après son rachat par un consortium mené par le fonds d'investissements BC Partners pour 8,7 milliards de dollars ou 83 dollars par action, soit près de 7% de plus que le prix de clôture vendredi.
Le fabricant d'équipements et de logiciels en réseau Riverbed, qui a accepté de se vendre pour environ 3,6 milliards de dollars au fonds d'investissement américain Thoma Bravo et au fonds de pension canadien Teachers' Private Capital, s'envolait de 8,06% à 20,25 dollars.
Emerson Electric, groupe de services d'ingénierie, cédait 0,63% à 58,06 dollars, après la vente d'une filiale spécialisée dans les transmissions électriques au fabricant de moteurs Regal-Benoit, qui progressait de 4,11% à 71,19 dollars.
Boeing avançait de 0,10% à 120,89 dollars. L'avionneur a reçu une commande pour cinq avions moyen-courrier par la compagnie à bas coûts canadienne Jetlines.
Le groupe industriel Honeywell lâchait 0,26% à 95,63 dollars après l'abaissement de sa prévision de chiffre d'affaires pour 2014 et l'annonce d'un objectif pour 2015 inférieur aux attentes du marché.
Les marchés étaient aussi plombés par un chiffre décevant sur le sentiment manufacturier au Japon.
La confiance des grandes entreprises manufacturières japonaises a baissé d'un point dans la vague de décembre, selon l'indice "Tankan", publié au lendemain de la large victoire du parti du Premier ministre Shinzo Abe aux élections législatives anticipées.
Le marché obligataire repartait en forte hausse. Signe d'une forte demande, le rendement des bons du Trésor à 10 ans reculait à 2,092% contre 2,103% vendredi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,735 contre2.756% à la précédente clôture.
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