Wall Street part dans le rouge, inquiète pour la croissance mondiale
Wall Street reprenait son souffle mercredi en mi-séance après avoir atteint un nouveau record la veille, des prévisions décevantes sur la croissance de la Banque mondiale contribuant à lui couper l'appétit: le Dow Jones cédait 0,54%, le Nasdaq 0,06%.
Vers 16H00 GMT, le Dow Jones Industrial Average abandonnait 91,36 points, à 16.854,56 points, et le Nasdaq 2,72 points à 4.335,28 points.
L'indice élargi Standard & Poor's 500, cédait 0,32% ou 6,20 points, à 1.944,59 points. Il avait échoué la veille à grimper vers un cinquième sommet d'affilée.
L'indice vedette de Wall Street, le Dow Jones, avait battu de justesse et in extremis un nouveau sommet historique mardi, à l'issue d'une séance peu animée et faible en volume en l'absence de nouvelles économiques de poids.
"Un calendrier toujours léger aux Etats-Unis et la révision en baisse des prévisions de la Banque mondiale (BM) sur la croissance pèsent sur l'humeur du marché", ont noté les experts de la maison de courtage Charles Schwab.
En effet, "la BM a réajusté ses prévisions de croissance mondiale de 3,2% à 2,8% en 2014, citant les effets d'un hiver très rigoureux aux Etats-Unis, des craintes géopolitiques et des inquiétudes sur la croissance chinoise", ont-ils détaillé.
Même si "tout le monde parle des chiffres de la Banque Mondiale, ce n'est pas pour autant la panique et il est normal que le marché respire un peu" après une série de plusieurs records d'affilée, a précisé Steven Rosen, de la Société Générale à New York.
D'autre part, le marché était sous pression du fait "des incertitudes accrues sur le front politique" aux Etats-Unis après le choc de la défaite largement inattendue du numéro deux de la Chambre des représentants, le républicain Eric Cantor, lors d'une primaire au profit d'un candidat du Tea Party, un mouvement anti-establishment conservateur, a relevé Patrick o'Hare, de Briefing.com.
En effet, cette nouvelle était jugée de "mauvais augure pour d'éventuels accords bipartisans sur le lancement de réformes" et le débat récurrent sur le plafond de la dette dans le pays et "constitue une bonne excuse pour le marché pour procéder à des prises de bénéfices", a-t-il ajouté.
- Amazon a la cote -
Le géant de la distribution sur internet Amazon s'appréciait de 1,69% à 338,03 dollars. Le groupe a interrompu, selon le New York Times, les pré-commandes de films produits par le groupe de médias Time Warner, dans ce qui apparait comme une tentative de pression dans le cadre de négociations commerciales en cours.
L'assureur américain AIG, sauvé de la faillite par l'Etat fédéral lors de la crise financière et qui a nommé l'ancien banquier Peter Hancock à sa tête, reculait de 0,95% à 54,49 dollars.
Apple ou Starbucks, faisant l'objet d'une enquête de la Commission européenne qui a décidé de se pencher sur les pratiques de multinationales profitant des spécificités fiscales de certains pays européens pour réduire leurs impôts, évoluaient autour de l'équilibre: le premier grignotait 0,17% à 94,41 dollars et le second lâchait 0,08% à 74,54 dollars.
Bank of America cédait 1,60% à 15,67 dollars. La banque avait engagé des négociations avec les autorités américaines pour éviter des poursuites pour ses errements passés dans le secteur immobilier mais ces discussions butent devant le montant de la pénalité réclamée, selon le New York Times.
Le constructeur aéronautique Boeing reculait de 2,17% à 134,27 dollars, ne bénéficiant que peu de l'annonce de l'annulation par Emirates d'une commande de 70 A350 de son concurrent Airbus, long-courriers vedettes censés entrer en service cette année et modèles rivaux de son Dreamliner 787.
La chaîne de restauration rapide spécialisée dans les beignets et le café Dunkin'Donuts se repliait de 0,53% à 45,28 dollars en dépit de l'annonce mardi de son retour en Californie avant la fin 2014, via des franchises, après 12 ans d'absence dans cet Etat.
Le marché obligataire progressait. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans reculait à 2,620% contre 2,635% mardi et celui à 30 ans à 3,451% contre 3,466% la veille.
NasdaqNyse