Wall Street en retrait à la veille des chiffres de l'emploi
Wall Street cédait un peu de terrain jeudi à la mi-journée, des investisseurs attentistes à la veille des chiffres mensuels de l'emploi ne trouvant aucune raison de se réjouir dans une poignée d'indicateurs ambigus: le Dow Jones cédait 0,35% et le Nasdaq 0,52%.
Vers 17H00 GMT, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average perdait 59,82 points à 16.839,50 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 24,35 points à 4.679,08 points.
L'indice élargi S&P 500, très suivi par les investisseurs, perdait 7,28 points, soit 0,37%, à 1.979,17 points.
"Les investisseurs se tiennent tranquilles avant les chiffres de l'emploi", a déclaré Jack Ablin, chez BMO Private Bank, estimant que "s'il y a plus de 200.000 créations d'emploi on entendra un soupir de soulagement".
Les analystes s'attendent à ce que l'économie américaine ait créé 190.000 emplois en février, plus qu'en janvier (151.000), où le chiffre avait déçu.
"Nous soupçonnons qu'émerge le sentiment que le temps est venu pour le marché d'entrer en phase de consolidation, après la progression de près de 10% depuis les plus bas atteints en séance le 11 février, alors que guette l'influent rapport sur l'emploi prévu vendredi", a commenté pour sa part Patrick O'Hare, chez Briefing.
La journée a été riche en indicateurs, mais ils ont été trop mitigés pour déclencher de forts mouvements à la hausse ou à la baisse.
La productivité du quatrième trimestre 2015 a été revue en baisse moins prononcée qu'on le craignait par rapport à l'été. Le chiffre hebdomadaire des demandes d'allocations chômage a été plus élevé que prévu, mais sans que cela inquiète beaucoup puisque mercredi la société de services en ressources humaines ADP avait publié des chiffres mensuels meilleurs que prévu.
Après l'ouverture, l'indice des directeurs d'achats publié par l'association professionnelle ISM a révélé un léger ralentissement de l'activité dans les services en février, revenue au plus bas depuis deux ans. Mais "la croissance est toujours là", soulignaient les analystes de Charles Schwab.
Enfin les commandes industrielles ont rebondi en janvier, mais un peu moins que prévu, grâce aux commandes dans les transports.
- Léger retrait des financières -
Un appel du gourou du marché obligataire Bill Gross à boycotter les valeurs bancaires, selon lui très pénalisées par les taux d'intérêt négatifs imposés par plusieurs banques centrales, était largement ignoré: Goldman Sachs, Bank of America et Citigroup gagnaient respectivement 0,23%, 0,52% et 0,17%, même si Morgan Stanley cédait 0,31%. Le secteur financier dans son ensemble affichait un recul de 0,08%.
La société de compléments alimentaires et de produits minceur Herbalife, objet d'une enquête pour fraude pyramidale, a reconnu jeudi avoir grossi la croissance de ses abonnés et de ses distributeurs. Le titre plongeait de 7,79% à 51,99 dollars.
Le distributeur en semi-gros Costco perdait 1,99% à 149,75 dollars après des résultats trimestriels décevants, tout comme ses ventes de février.
L'épicier Kroger chutait de 9,05% à 36,97 dollars après des prévisions décevantes pour cette année.
Dans l'habillement, American Eagle Outfitters perdait 3,11% à 14,96 dollars malgré un bénéfice trimestriel conforme aux attentes, les ventes ayant un peu déçu.
Le fabricant de bagages de luxe Tumi s'envolait de 27,22% à 25,61 dollars, après des informations du Wall Street Journal selon lesquelles il pourrait être acheté moyennant 2 milliards de dollars par le leader mondial du secteur Samsonite.
Le spécialiste des équipements pour les mines Joy Global bondissait de 15,17% à 15,34 dollars, malgré des pertes et un chiffre d'affaires bien pires qu'attendu. La direction a annoncé qu'elle réduisait ses coûts et ses investissements pour mieux résister à la crise des matières premières qui touche ses clients.
Le marché obligataire était en petite hausse. Le rendement des bons du Trésor à dix ans reculait à 1,828%, contre 1,833% mercredi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,652%, contre 2,676% précédemment.
NasdaqNyse