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Ukraine: tractations diplomatiques à Vienne pour éviter la guerre civile

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Le 6 mai 2014 à 9h09

De nouvelles tractations diplomatiques s'ouvraient mardi dans l'espoir d'empêcher l'Ukraine de glisser dans la guerre civile, après des combats qui ont fait la veille plus de 30 morts dans la ville séparatiste pro-russe de Slaviansk.

Une trentaine de ministres des Affaires étrangères, y compris le Russe Sergueï Lavrov et l'Ukrainien Andriï Dechtchitsa, se trouvaient mardi à Vienne pour une réunion du comité ministériel du Conseil de l'Europe, dont la crise ukrainienne devrait constituer le plat de résistance.

"La grande majorité des pays" réunis mardi adressent "très fortement le message que l'élection (présidentielle) ukrainienne doit pouvoir se tenir" comme prévu le 25 mai, a déclaré le chef de la diplomatie britannique William Hague, qui est aussi attendu à Kiev dans la soirée pour rencontrer les dirigeants du pays.

L'Ukraine serait plongée dans le "chaos" avec un "risque de guerre civile" si l'élection n'avait pas lieu, a averti mardi le président français François Hollande.

A Slaviansk même, épicentre actuel des affrontements qui opposent les séparatistes pro-russes aux forces régulières ukrainiennes, la situation semblait calme mardi matin, ont constaté des correspondants de l'AFP.

Lundi, d'intenses combats à l'arme lourde s'étaient déroulés dans la périphérie. Ils ont fait quatre tués et 20 blessés du côté de l'armée, qui a également perdu son quatrième hélicoptère en l'espace de quelques jours. Dans le camp adverse, "selon nos estimations, plus de 30 terroristes ont été tués et des dizaines blessés", a écrit le ministre de l'Intérieur Arsen Avakov sur sa page Facebook mardi.

Il y avait beaucoup (de gens) de Crimée et de Russie", y compris des "Tchétchènes", a-t-il ajouté, suggérant une nouvelle fois que les troubles qui déstabilisent l'est et le sud de l'Ukraine sont pilotés depuis la Russie, bien que celle-ci démente fermement toute implication.

Pour le commandant des forces de l'Otan en Europe, le général Philip Breedlove, le président russe Vladimir Poutine est en mesure d'atteindre ses objectifs dans l'est de l'Ukraine sans traverser la frontière.

"Le déroulé le plus probable, est qu'il (M. Poutine, ndlr) continuera à faire ce qu'il fait : discréditer le gouvernement, provoquer le chaos et essayer de préparer le terrain pour un mouvement séparatiste", a-t-il estimé.

Moscou affirme pour sa part que l'Ukraine est en proie à des "forces ultranationalistes, extrémistes et néonazies" qui se rendent coupables de violations "massives" des droits de l'homme. Quant aux villes encerclées par l'armée, elles risquent une "crise humanitaire" faute d'approvisionnements en vivres et en médicaments.

- Opération plus vaste -

L'offensive en cours à Slaviansk fait partie d'une "opération antiterroriste" plus vaste destinée à ramener l'est du pays sous le contrôle des autorités.

Les insurgés ont pris ces dernières semaines le contrôle de bâtiments publics dans une douzaine de villes, y compris dans les chefs-lieux régionaux de Donetsk et Lougansk, et les manifestations et incidents violents s'y sont multipliés. A l'aéroport de Donetsk, les vols ont été "suspendus temporairement" mardi matin, sans que l'on sache immédiatement pour quel motif.

Le bassin minier du Donbass, frontalier de la Russie, est actuellement la zone la plus touchée par les troubles séparatistes, mais la ville portuaire d'Odessa (sud) a également été affectée ces derniers jours avec un incendie criminel qui a coûté la vie vendredi à une quarantaine de militants pro-russes.

Le président ukrainien par intérim, Olexandre Tourtchinov, avait dénoncé lundi une "guerre" visant notamment à "renverser le gouvernement à Kiev". Il a mis en garde contre des provocations et des incidents sur tout le territoire, notamment à l'occasion du 9 mai, jour férié commémorant en Ukraine et en Russie la victoire sur l'Allemagne nazie.

- Ban Ki-Moon prêt à entrer en piste -

Face à la dégradation de la situation, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a offert sa médiation pour trouver une solution. "Je suis prêt à jouer un rôle si c'est nécessaire", a-t-il déclaré lundi à l'AFP à Abou Dhabi.

Le président de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Didier Burkhalter, président de la Confédération helvétique, est pour sa part attendu mercredi à Moscou, où il doit évoquer le dossier ukrainien avec M. Poutine.

Les deux hommes doivent discuter "de la mise en place de tables rondes sous le parrainage de l'OSCE, qui doivent faciliter un dialogue national avant l'élection présidentielle" anticipée prévue le 25 mai en Ukraine, selon Berlin.

Dimanche, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, avait plaidé en faveur d'une deuxième conférence de Genève, malgré l'absence de résultats concrets à la suite de la première, qui avait eu lieu à la mi-avril.

Parallèlement, les Occidentaux poursuivent leur politique de sanctions contre la Russie. Le sous-secrétaire américain au Trésor chargé des sanctions, David Cohen, se rendra en France, en Allemagne et au Royaume-Uni du 6 au 9 mai pour coordonner "l'application des sanctions en réponse aux actions illégales de la Russie en Ukraine", selon un communiqué du Trésor.

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Le 6 mai 2014 à 9h09

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