Ukraine: Berlin veut des pourparlers de paix dimanche, cinq soldats tués
Le chef de la diplomatie allemande a appelé vendredi à Kiev à la reprise dès dimanche de pourparlers de paix alors que l'armée ukrainienne a perdu cinq soldats dans la journée la plus meurtrière depuis la trêve du 9 décembre dans l'Est séparatiste prorusse.
Frank-Walter Steinmeier, dont le pays est le principal médiateur européen dans la crise ukrainienne, a dit que tout devait être fait pour qu'ait lieu la rencontre à Minsk entre les rebelles et le Groupe de contact composé de représentants de l'Ukraine, de la Russie et de l'OSCE.
"Une visio-conférence entre les protagonistes se tient maintenant et je voudrais qu'une rencontre physique ait lieu entre les protagonistes, probablement dimanche", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse à l'issue d'une rencontre avec le président Petro Porochenko.
"Nous devons faire des efforts dans ce sens et il y a de bonnes prémisses pour cela," a-t-il poursuivi.
La visite surprise de M. Steinmeier intervient au moment où Kiev et les rebelles essayent de relancer les pourparlers de paix de Minsk pour tenter de mettre fin au conflit qui a fait plus de 4.700 morts depuis la mi-avril.
La nouvelle rencontre à Minsk, où avaient déjà été signés les accords de paix le 5 septembre, était initialement prévue le 9 décembre, le jour de l'instauration du nouveau cessez-le-feu.
Mais le processus de paix est au point mort bien que les protagonistes jugent que la trêve est globalement respectée, malgré quinze tués à ce jour du côté ukrainien.
Après avoir parlé au téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel, les présidents français François Hollande et russe Vladimir Poutine, M. Porochenko a aussi avancé la date de dimanche.
Mais interrogé par l'AFP, l'un des dirigeants séparatistes Denis Pouchiline a jugé que la rencontre de Minsk devait avoir lieu lundi tout en précisant que la date serait fixée au cours de la conférence Skype vendredi après-midi.
"Nous proposons le 22 décembre, c'est une des dates optimales du point de vue technique", a-t-il souligné.
La rencontre à Minsk a pour but de chercher une solution politique au conflit qui a provoqué la pire dégradation des relations entre Moscou et les Occidentaux depuis la fin de la Guerre froide.
- Renforts russes dans l'Est -
Assombrissant les perspectives diplomatiques, le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko a annoncé cinq soldats tués et sept blessés en 24 heures, ce qui constitue le pire bilan journalier pour l'armée depuis la trêve.
Il a par ailleurs accusé les rebelles de redéployer armes et troupes et la Russie de leur envoyer de nouveaux renforts.
Accusé par les autorités ukrainiennes et les Occidentaux d'armer les séparatistes dans l'Est et d'y avoir déployé des troupes - jusqu'à 10.000 selon Kiev -, Moscou dément catégoriquement.
Interrogé jeudi au cours d'une grande conférence de presse annuelle sur le nombre de militaires russes qui combattent aux côtés des séparatistes et sur ceux qui sont morts en Ukraine, Vladimir Poutine s'est contenté d'évoquer ceux qui "suivant l'appel de leur conscience, accomplissent leur devoir ou qui en tant que volontaires combattent dans l'est de l'Ukraine".
Déjà frappée par de lourdes sanctions économiques occidentales qui ont participé à aggraver une crise monétaire, la Russie risque de nouvelles mesures américaines contre ses entreprises énergétiques et militaires.
Moscou a dénoncé vendredi la signature la veille par Barack Obama de la loi autorisant de nouvelles sanctions contre la Russie qui, selon le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov peuvent "saper pour longtemps" les relations entre les deux pays.
Cette loi autorise également les États-Unis à fournir à l'Ukraine des armes létales, une éventualité à laquelle Barack Obama s'est jusqu'ici refusé.
M. Obama, qui n'envisage pas de nouvelles sanctions à l'encontre de Moscou dans l'immédiat, a indiqué à plusieurs reprises qu'il jugeait contre-productive l'imposition de sanctions américaines supplémentaires sans coordination avec l'Union européenne.
Le président François Hollande a estimé jeudi que si les gestes envoyés par la Russie étaient tels "que nous les attendons", il n'y aurait pas lieu de prononcer de nouvelles sanctions.
La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a aussi appelé cette semaine la Russie à "des actes" prouvant son désengagement dans le conflit ukrainien.