Titanesque opération de sauvetage des passagers d'un ferry au large de la Grèce
"Nous sommes sur le pont, nous avons froid et nous toussons à cause de la fumée" : des centaines de personnes restaient bloquées dimanche en début d'après-midi, dans des conditions météorologiques dantesques, à bord d'un ferry victime d'un incendie dans le canal d'Otrante, entre la Grèce et l'Italie.
Parmi les 478 personnes personnes ayant pris place sur le "Norman Atlantic" (422 passagers de très nombreuses nationalités et 56 membres d'équipage), aucune victime n'était encore signalée, mais le sauvetage semblait particulièrement ardu.
En particulier, un hélicoptère Super Puma de l'armée grecque tentait vers 11h15 GMT de secourir deux passagers qui avaient glissé en bas de la rampe de mise à l'eau et étaient menacés par les vagues, a indiqué le ministère de la Mer grec, tandis qu'un Italien de 58 ans a été hélitreuillé vers l'Italie, victime d'hypothermie.
Un remorquage était envisagé, mais en début d'après-midi, le "Norman Atlantic" dérivait vers l'Albanie. Les conditions du sauvetage étaient terribles : vent de 10 sur l'échelle de Beaufort qui en compte 12, pluie torrentielle, grêle, vagues de 6 mètres de haut.
Le porte-parole de la marine italienne Riccardo Rizzotto a confirmé que quatre hélicoptères et plusieurs navires marchands étaient sur zone. Des patrouilleurs, des remorqueurs équipés de matériel anti-incendie étaient en route, de Grèce et d'Italie.
"Les conditions météorologiques sont si mauvaises que nous avons besoin d'un soutien extraordinaire, ce qui est actuellement en train de se mettre en place", a déclaré M. Rizzotto à la presse italienne, ajoutant que "la principale tâche des navires marchands va être de former une barrière pour protéger le ferry qui a été touché".
Anek, la compagnie grecque qui affrétait le navire, a publié un bref communiqué : "Tôt le 28 décembre, un incendie s'est déclaré sur le ferry "+Norman Atlantic+ battant pavillon italien, propriété de la société Visemar di Navigazione et affrété par Anek, qui effectuait la liaison Patras-Igoumenitsa-Ancône, alors qu'il se trouvait à 35 milles au nord de l'île de Corfou, dans les eaux internationales, avec 422 passagers à bord, et 56 membres d'équipage".
"L'évacuation du bateau est en cours par les membres d'équipage et la compagnie, en coopération avec les autorités grecques et italiennes", ajoutait le communiqué.
A bord se trouvaient principalement des passagers grecs, mais aussi italiens, français, albanais, allemands, britanniques, russes, danois, ou hollandais.
Le ferry a lancé son signal de détresse alors qu'il se trouvait dans le canal d'Otrante, près de la petite île grecque d'Othoni. Il semble que l'incendie ait pris dans le garage.
- Chaussures qui fondent -
Environ 150 personnes ont pu prendre place à bord d'un canot de sauvetage et un porte-conteneur battant pavillon singapourien, "l'Esprit du Pirée", essayait de les récupérer, mais difficilement. Vers 11h30 GMT, en comptant les hélitreuillés, 56 personnes étaient saines et sauves, a indiqué à la presse le ministre de la Mer grec, Miltiadis Varvitsiotis.
Les passagers joints au téléphone par les medias grecs semblaient moins effrayés par le feu lui-même, évoquant des flammes "qui diminuent", que par leur situation très difficile au milieu de la mer déchaînée.
"Nous sommes tous sur le pont, nous sommes mouillés, nous avons froid, nous toussons à cause de la fumée, il y a des femmes, des enfants et des personnes âgées", a ainsi indiqué à la télévision Mega sur un ton très fatigué un de ces passagers, Giorgos Styliaras.
"Nos chaussures commençaient à fondre, dans la cabine de réception", a raconté au même média un autre passager.
Le "Norman Atlantic", construit en 2009 et mesurant 186 mètres de long, peut accueillir 492 passagers, selon des sites spécialisés. Il était donc très rempli au moment de l'accident.
Selon le ministère grec de la Mer, un remorquage était envisagé, comme l'a confirmé en début d'après-midi un passager resté à bord, selon lequel "le capitaine nous a informés que nous serons remorqués dans une heure environ".
Le Premier ministre grec Antonis Samaras et son homologue italien Mattéo Renzi étaient "en contact permanent", a indiqué la porte-parole de M. Samaras.