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Telecom Italia: fin immédiate des fonctions de Patuano, qui recevra 6 millions d'euros

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Le 22 mars 2016 à 10h42

Telecom Italia a annoncé mardi la fin immédiate des fonctions de Marco Patuano, qui a démissionné lundi de son poste de numéro un de l'opérateur italien, en précisant qu'il partirait avec la somme de six millions d'euros bruts.

"Le conseil d'administration de Telecom Italie annonce que la compagnie et Marco Patuano sont parvenus à un accord pour mettre un terme à la relation de M. Patuano comme employé et directeur à partir d'aujourd'hui", a expliqué l'opérateur dans un communiqué.

"Outre le paiement lié la rémunération, fixe et variable (...), l'accord prévoit le paiement d'une somme additionnelle de 1,233 million d'euros bruts en lien avec la fin de son poste de directeur et de 4,765 millions d'euros bruts en lien avec la fin de son contrat d'employé, soit 6 millions d'euros bruts", a ajouté Telecom Italia.

L'intérim à la tête du groupe sera assuré par le président de l'opérateur, Giuseppe Recchi. La presse italienne insiste sur le fait que le groupe souhaite une transition courte.

Marco Patuano, 51 ans, dont 25 au sein du groupe italien, a démissionné lundi en raison de divergences stratégiques avec le groupe français Vivendi, devenu l'an passé l'actionnaire de référence de l'opérateur.

Plusieurs noms ont été avancés pour lui succéder, comme celui de Flavio Cattaneo, patron du transporteur ferroviaire privé NTV, qui a démenti mais qui selon la presse italienne aurait les faveurs de Vincent Bolloré, le patron de Vivendi.

Ont également été cités: Max Ibarra, l'actuel directeur général de l'opérateur Wind qui a également démenti, Corrado Sciolla, président de Bt Global Services Europe, l'ex-directeur de la Rai Luigi Gubitosi, ou l'ex-patron de Deutsche Telekom, René Obermann.

- Employés inquiets -

Vivendi a fait son entrée en juin 2015 au capital de Telecom Italia, en recevant une participation de 8,4% dans le cadre de la vente de sa filiale brésilienne GVT à l'espagnol Telefonica. Il a ensuite augmenté progressivement sa participation, pour atteindre 24,9% du capital au 9 mars.

Le groupe français a obtenu quatre sièges au conseil d'administration en décembre et est parvenu à neutraliser une manœuvre qui aurait dilué sa participation.

Vivendi, qui plaide pour une convergence médias-télécoms et travaille à une collaboration avec le groupe italien de télévision Mediaset, réclame une nouvelle stratégie à l'opérateur, avec des coupes supplémentaires dans les dépenses.

Il souhaiterait également que Telecom Italia se sépare de sa filiale brésilienne Tim Participacoes, stratégie à laquelle M. Patuano était hostile.

Selon des chiffres révisés jeudi, Telecom Italia a enregistré en 2015 une perte nette de 72 millions d'euros contre un bénéfice de 1,35 milliard en 2014, avec des ventes en recul de 8,6%, à 19,718 milliards d'euros.

L'agence de notation extra-financière Standard Ethics a annoncé mardi la suspension temporaire de sa notation de l'opérateur et a souligné: "Au cours de ces dix dernières années, les actionnaires de référence se sont révélés erratiques et se sont à chaque fois disputé le contrôle de la société", ce qui a nui à sa stratégie à long terme.

Plusieurs centaines d'employés de l'opérateur ont d'ailleurs adressé un courriel au chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, pour exprimer leur inquiétude pour l'emploi face aux projets de Vivendi et réclamer une intervention, soulignant que l'opérateur était "encore une entreprise stratégique pour le pays".

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Le 22 mars 2016 à 10h42

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