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SNCM: l'Etat devant un choix crucial

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Le 12 mai 2014 à 9h49

La position du gouvernement s'annonce décisive lundi lors du renouvellement du directoire de la compagnie maritime SNCM, que son principal actionnaire, l'opérateur de transport Transdev veut remplacer, un choix lourd de conséquence pour l'avenir de l'entreprise.

Lors d'un conseil se surveillance (CS) lundi, doit être abordé le sujet important du financement des nouveaux navires, partie essentielle du plan de redressement à long terme porté par la direction actuelle.

Le temps presse: la lettre d'intention pour la commande de deux navires et deux en option aux chantier naval STX de Saint-Nazaire doit être confirmée avant fin mai par la validation du financement, sur lequel ont planché l'Etat, la Caisse des dépôts et la Banque publique d'investissement (BpiFrance). Faute de quoi les délais de livraison ne pourront être tenus.

Mais les membres du conseil vont également renouveler le directoire de la compagnie, dont la mandat se termine fin mai. Et l'atmosphère risque d'être lourde. Car le principal actionnaire (66%), Transdev, fort de sept représentants au conseil, s'opposera très certainement à la reconduction du mandat président du directoire Marc Dufour et de son équipe.

Dans un entretien à La Provence lundi, celui-ci ne nourrit d'ailleurs guère d'illusion sur son sort: "J'ai espéré qu'il (son mandat, ndlr) serait renouvelé, mais je pense que la probabilité est très forte que ce ne soit pas le cas. Les actionnaires Transdev et Veolia sont en désaccord avec le plan de redressement que j'ai proposé. (...) Mon départ sera un mauvais signe pour l'avenir de la compagnie. Il va laisser à penser qu'on veut effectivement faire disparaître la SNCM".

Le groupe international Transdev ne veut en effet plus entendre parler de ce plan - pourtant voté à l'été 2013 - auquel il "ne croit pas". Il souhaite même se désengager de la compagnie maritime, opératrice historique des lignes entre la Corse et le Continent, estimant ne "pas avoir les moyens de financer" le développement de l'entreprise, ni les risques qui l'accompagnent.

La SNCM est en effet sous le coup d'une condamnation de Bruxelles à rembourser deux fois 220 millions d'aides publiques, ce que le PDG de Transdev Jean-Marc Janaillac considère comme "une menace létale". Antoine Frérot, le PDG du coactionnaire de Transdev, Veolia, a d'ailleurs publiquement demandé la "mise sous protection du tribunal de commerce". Une position ardemment soutenue, également, par le président de la Collectivité territoriale de Corse (CTC) Paul Giacobbi et qui conduirait l'entreprise à ne conserver que 500 salariés contre un peu plus de 2.000 actuellement.

- L'Etat en position d'arbitre -

Ce désaccord entre la SNCM et son actionnaire, d'abord feutrée, s'est durcie ces derniers mois avec la tentative infructueuse d'éviction du président du CS Gérard Couturier, l'un des sept représentants de Transdev au conseil, mais qui a pris fait et cause pour la direction.

Entre les deux, l'Etat, actionnaire à 25%, se trouve en position d'arbitre. En janvier, après une grève de dix jours, le ministre - aujourd'hui secrétaire d'Etat - des Transports Frédéric Cuvillier, avait clairement soutenu le projet de la direction et lancé les études de financement, un sujet également à l'ordre du jour lundi.

Mais depuis, les syndicats et la direction ont par moment douté de ces engagements et il a fallu une nouvelle grève en avril, pour que l'Etat promette à nouveau de "se mobiliser pour trouver d'ici la fin de l'année un actionnariat industriel portant le redressement de l'entreprise sur les bases de son plan long terme".

Cette fois-ci, le gouvernement devra clairement faire son choix, car les votes de ses trois représentants seront la clef du scrutin, les quatre voix des représentants des salariés et actionnaires salariés (9%) semblant acquises au directoire actuel.

L'Etat, qui n'a rien laissé filtrer de ses intentions, donnerait ainsi de facto les rênes de l'entreprise à Transdev s'il s'abstenait. Ce "serait synonyme d'abandon du plan (que la direction) porte pour la SNCM", analyse, à l'instar de beaucoup d'autres, Robert Martinetti, président du collectif des sous-traitants de la SNCM, représentant 1.200 emplois.

Pour sortir de cet affrontement avec leur actionnaire de référence et enfin mettre en place le plan qu'ils défendent avant la prochaine assemblée générale qui rebattra les cartes au CS, syndicats et direction plaident pour la modification rapide de l'actionnariat.

Selon Marc Dufour, "plusieurs actionnaires" potentiels, notamment le norvégien Siem, qui a publiquement fait part de son intérêt pour la société et son projet industriel. Ces candidats "valident totalement les options que nous avons retenues", d'après lui.

"Seule condition" pour leur arrivée ? le règlement du contentieux européen, un dossier dont l'Etat détient également les clefs.

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Le 12 mai 2014 à 9h49

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