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SNCF: la grève reconduite mais Cuvillier évoque une possible “sortie de crise”

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Le 12 juin 2014 à 16h35

Le secrétaire d'Etat aux Transports Frédéric Cuvillier a fait part jeudi d'une "avancée sensible" des discussions avec les syndicats de cheminots ouvrant "la voie à une sortie de crise", alors que les grévistes, opposés à la réforme ferroviaire, ont reconduit le mouvement pour vendredi.

Le mouvement a débuté mardi soir, mais après d'importantes perturbations mercredi, la SNCF a fait état d'une baisse de la mobilisation des cheminots (22,64% contre 27,84% la veille) et d'une "amélioration" du trafic jeudi avec notamment 1 TGV sur 2 en moyenne sur les axes Nord et Atlantique.

Pour vendredi la direction annonce un trafic "sensiblement amélioré" avec plus d'un train sur deux en moyenne sur les grandes lignes, un TER sur deux et 4 Intercités sur dix, tout en maintenant sa recommandation aux voyageurs de reporter leurs déplacements si possible.

La SNCF ajoute qu'en cas de reprise du service dans la journée, "le trafic sera alors amélioré dans l?après-midi de vendredi afin de permettre de renforcer les trains du vendredi soir".

Pour tenter de résoudre la situation, M. Cuvillier s'est longuement entretenu depuis mercredi soir avec la CGT, SUD-Rail et l'Unsa d'une part, et la CFDT favorable à la réforme d'autre part.

Après ce dialogue "franc et exigeant", il a souligné qu'"un certain nombre d'organisations syndicales ont déjà acté que les propositions (faites) ce matin étaient de nature (...) à ouvrir la voie à une sortie de crise".

Il a exclu tout report de l'examen du texte sur la réforme ferroviaire, prévu à partir du 17 juin à l'Assemblée nationale, évoquant une réforme "indispensable". La CGT, qui a appelé à la grève avec SUD, FO et First, avait durci le ton et réclamé ce report dans la matinée, tandis que SUD claquait la porte.

La CGT a fait savoir qu'elle se prononcerait dans la soirée sur le document "enrichi" du gouvernement. Dans le même temps, les cheminots "ont massivement reconduit le mouvement pour 24 heures", selon un communiqué de l'organisation. Ils devront à nouveau se prononcer dans la matinée vendredi lors d'assemblées générales.

- Le Bac en ligne de mire lundi-

Plusieurs centaines de cheminots (800 selon la police) se sont également rassemblés en début d'après-midi près du ministère des Transports à l'appel de SUD-Rail et la CGT.

Le ministre des Finances, Michel Sapin, a dit comprendre "l'inquiétude" des grévistes mais a assuré que la réforme contestée allait y "répondre". Selon lui, "l'objectif du gouvernement est de sauvegarder une grande entreprise nationale publique du transport ferroviaire", "capable de faire face à la concurrence".

Destinée à stabiliser la dette du secteur (44 milliards d'euros) et à préparer son ouverture totale à la concurrence, la réforme prévoit de regrouper dans une nouvelle structure la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), qui gère le réseau.

Pour les syndicats, ce projet ne règle pas le problème de l'endettement et ne va pas assez loin dans la réunification.

Ils craignent aussi que le financement futur du réseau se fasse "sur le dos des cheminots", par des gains de productivité et des suppressions d'emploi.

M. Cuvillier a souligné avoir apporté des réponses "de nature à dissiper tous les doutes sur l'unité sociale du groupe". Il a également indiqué que le Parlement aurait "à se prononcer sur des mesures de suivi de la trajectoire financière".

Le secrétaire d'Etat a également mis en exergue l'inquiétude des Français "par rapport à la grève (...) notamment à l'approche du baccalauréat". Le ministre de l'Education nationale Benoît Hamon a transmis de son côté "par prudence et par anticipation" des consignes aux rectorats en cas de retard des candidats si la grève devait se prolonger jusqu'au début des examens lundi.

Sur le terrain, les usagers ont dû faire face à une deuxième journée difficile jeudi et le ton est parfois monté. Ainsi à Narbonne (Aude), cinquante à cent cheminots CGT en grève ont bloqué pendant près de trois heures le dépôt de cars du groupe Keolis (filiale de la SNCF) pour s'opposer à l'affrètement de cars de substitution.

L'Ile-de-France, où transitent 3 millions d'usagers chaque jour, est resté "le point le plus difficile", avec 1 train sur 3 en moyenne. Seul le RER A connaissait un service normal.

"Demain je reste chez moi", lançait jeudi soir une habitante d'Orry-la-Ville (Oise) à la recherche d'un train gare du Nord, tandis qu'un voyageur venu d'Amiens soupirait : "une troisième journée de grève, cela commence à faire beaucoup".

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Le 12 juin 2014 à 16h35

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