img_pub
Rubriques

SNCF: grève reconduite mais reprise du dialogue syndicats-direction

m24-En-continu
Par
Le 16 juin 2014 à 13h27

Les cheminots en grève ont reconduit leur mouvement jusqu'à mardi, jour d'examen à l'Assemblée de la réforme ferroviaire contestée par la CGT et SUD-Rail, et ces deux syndicats ont été reçus pour la première fois lundi par la direction de la SNCF.

Pour tenter de sortir de la crise, les deux syndicats ont été reçus à leur demande, dans la matinée, pour évoquer la "politique sociale de l'entreprise", a indiqué la direction de la SNCF.

Différents sujets ont été abordés, notamment les augmentations de salaires, le temps de travail, les embauches, mais pas la réforme ferroviaire, à l'origine du conflit qui dure depuis six jours, a précisé la direction.

Réunis en assemblées générales, les cheminots ont cependant reconduit leur mouvement pour une septième journée, mardi, "à une large majorité", selon la CGT.

Cette réforme est "indispensable", cette grève "n'est pas utile et pas responsable, surtout un jour de bac", avait déclaré le Premier ministre Manuel Valls auparavant. "On n'en voit pas le sens, alors que le dialogue est maintenu et que la porte du gouvernement reste ouverte."

A la suite des discussions la semaine dernière entre le secrétaire d'Etat aux Transports Frédéric Cuvillier et les syndicats, dans la grève ou non, "des avancées ont été obtenues", que l'Unsa et la CFDT ont avalisées, estime M. Valls.

La grève a continué de s'effriter lundi, avec un taux de participation en recul à 14%. Elle était de 27,64% mercredi dernier. "15.000 personnes ont repris le travail depuis mercredi" et "86% des cheminots sont au travail aujourd'hui", selon la direction. Cette grève "est très minoritaire même si elle génère des perturbations importantes", le conflit étant "concentré sur les conducteurs et les contrôleurs", a-t-elle expliqué.

Le président de la SNCF Guillaume Pepy a estimé le coût de la grève à "déjà 80 millions d'euros", entre le manque à gagner des trains ne circulant pas et l'indemnisation exceptionnelle des voyageurs abonnés.

"Il faut que cette grève s'arrête", a également plaidé le patron de la CFDT Laurent Berger. Selon lui, il commence à y avoir "un peu de tension dans les dépôts" entre grévistes et non grévistes.

Des associations d'usagers ont fait entendre leur voix. Ainsi, l'Association des voyageurs usagers des chemins de fer (Avuc) a "déploré le jusqu'au-boutisme des organisations syndicales à l'origine de ce mouvement". Après avoir appelé vendredi à "la grève du billet" pour manifester son mécontentement, elle réclame "une indemnisation à la hauteur du préjudice subi", même si la SNCF a consenti un remise forfaitaire sur les abonnements en juillet.

- La parole aux parlementaires mardi -

A situation exceptionnelle, dispositif exceptionnel : pour aider les lycéens à trouver un train pour rejoindre leur centre d'examen, la SNCF a mobilisé 10.000 gilets rouges.

Le ministre de l'Education nationale, Benoît Hamon, s'est dit "plutôt content et satisfait" du faible nombre de retards enregistrés dans la matinée pour la première épreuve du baccalauréat.

Lundi, le trafic devait être en moyenne de deux TGV sur trois sur l?axe Est, 1 sur 2 sur les axes Nord et Atlantique, 1 sur 3 sur l?axe Sud-Est et les relations province-province. Quatre trains Intercités sur 10 devaient rouler, de même qu'un TER sur deux, et en Ile-de-France 4 trains sur 10.

Le trafic devait être normal sur Thalys et Eurostar. Sur Lyria, un train sur deux était prévu et en direction de l'Italie et de l'Espagne, un sur trois.

La CGT et SUD-Rail, pour qui "gouvernement et direction de la SNCF portent l?entière responsabilité" du conflit, appellent à un rassemblement mardi matin aux ateliers de maintenance de l'Ourcq, au nord-est de Paris.

Mardi, la parole sera aux parlementaires: ils débuteront l'examen de cette réforme, qui vise à stabiliser la dette du secteur (44 milliards d'euros) et à préparer son ouverture totale à la concurrence. Pour cela, elle prévoit de regrouper dans une holding publique la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), qui gère le réseau.

A droite, Luc Chatel, secrétaire général intérimaire de l'UMP, a déjà créé la surprise en demandant lundi le retrait de ce texte, à contrepied de plusieurs responsables de son parti, comme l'ancien ministre Xavier Bertrand, qui s'est dit prêt à le voter.

A gauche en revanche, Pierre Laurent, numéro un du PCF, a exprimé son soutien aux grévistes et appelé à "prendre une, deux semaines de plus".

La Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT), elle, a demandé "aux parlementaires d'amender le projet de loi afin que l'Etat et les régions reprennent la maîtrise de la politique ferroviaire, la SNCF se concentrant sur un réel développement de ses activités ferroviaires, notamment nationales".

Par
Le 16 juin 2014 à 13h27

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité