Se passer du nucléaire en France ? C’est possible selon un réseau d’experts

Se passer du nucléaire en France ? C’est possible selon un réseau d’experts

Le 20 octobre 2021 à 11h32

Modifié 20 octobre 2021 à 11h32

L’approvisionnement énergétique de la France pourrait venir uniquement des énergies renouvelables, sans nucléaire, aujourd’hui majoritaire, à condition de s’attaquer au gaspillage , estime l’association négaWatt, alors que le sujet s’annonce central dans la campagne pour la présidentielle du printemps 2022.

Le réseau d’experts, pionnier dans la réalisation de ce genre d’exercice prospectif, avance son nouveau scénario à horizon 2050 quelques jours avant que le gestionnaire du réseau électrique à haute tension français RTE présente les siens, très attendus par les pouvoirs publics.

NégaWatt constate d’abord que l’on pourrait réduire nettement les besoins énergétiques en rénovant efficacement les bâtiments : en passant de 30.000 à 800.000 rénovations thermiques globales par an d’ici 2030, avec des travaux globaux et pas par morceaux.

L’électrification des voitures, complétée par de l’hybride biogaz (pour éviter trop de recours au lithium), le report modal, ainsi qu’une redevance pour les transports routiers permettant de financer le ferroviaire (« l’idée n’étant pas de moins partir en vacances ») forment l’autre levier d’action sur la demande pour sortir des fossiles, sources du réchauffement.

In fine, la consommation d’énergie finale se trouve divisée par deux en 2050 par rapport à aujourd’hui.

L’approvisionnement, lui, repose sur les éoliennes dont il faudra doubler le nombre, à 18.500, quand l’Allemagne en compte déjà 30.000. « Ce n’est pas une invasion comme certains veulent le faire croire », commente Marc Jedliczka, un porte-parole.

Mais aussi le photovoltaïque, en doublant la croissance annuelle actuelle. Le scénario table aussi sur une forte hausse du biogaz agricole.

Corollaire : nul besoin de construire de réacteurs nucléaires, ni même de démarrer l’EPR de Flamanville (nord-ouest), qualifié d' »échec industriel majeur ».

Et « en fermant les anciens réacteurs entre leurs 40e et 50e années, le système électrique peut se passer de l’atome tout en assurant la sécurité d’approvisionnement via le stockage et le pilotage des flexibilités électriques » générées par les renouvelables, a calculé l’association.

L’atome produit aujourd’hui plus de 70% du courant en France, pays le plus nucléarisé du monde. Le gouvernement veut le ramener à 50% d’ici 2035, mais la suite fait l’objet de rugueux débats, ravivés dans le contexte électoral.

Selon l’association, la neutralité carbone du pays pourrait même être atteinte dès 2047, avec des puits de carbone permis par l’agroécologie et « zéro artificialisation nette ».

De son côté, RTE devrait présenter lundi plusieurs scénarios, pointant tous le nécessaire essor des renouvelables , allant du renouvelable à 100% jusqu’au renouvelable-nucléaire à 50-50, avec en ligne de mire, l’engagement de la France à parvenir à la neutralité carbone en 2050.

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