Revue de presse quotidienne des éditos (OPED-Q)
- Les enjeux liés à la participation des jeunes aux prochaines élections, les enseignements à tirer de l'élection présidentielle en Tunisie et les résultats de l'étude nationale sur la violence sexuelle contre les enfants focalisent l'attention des éditorialistes de la presse quotidienne de ce mardi.
"Aujourd'hui le Maroc" souligne que les partis politiques "semblent être plus absorbés" en ce moment par le débat sur les textes électoraux et "ont donc tendance à délaisser ou plutôt retarder" la mobilisation de leur électorat.
L'éditorialiste relève qu'au-delà des résultats de l'opération de révision des listes électorales, l'une des premières grandes étapes avant les prochaines échéances électorales prévues en 2015, la participation aux prochaines élections fait naître des incertitudes, appelant les partis à "jouer leurs rôle en mobilisant les électeurs, notamment les jeunes".
"Bayane Al Yaoum", lui, estime qu'"il ne suffit pas de descendre dans la rue, dénoncer la corruption et les corrupteurs, brandir des slogans et des revendications et puis retourner chez soi et laisser les autres exercer la politique à sa place", mais vu le rôle qui leur incombe dans la construction de "notre avenir commun", les jeunes "sont tenus de se faire inscrire sur les listes électorales et aller le jour du scrutin choisir le candidat le plus probe, le plus compétent et le plus crédible".
"En agissant ainsi, les jeunes, et les citoyens en général, auront agi activement et concrètement dans le processus de changement et empêché les lobbies de la corruption et de la rente de faire main basse sur les collectivités locales et les différentes institutions représentatives", écrit-il.
Evoquant le même thème des élections, mais sous d'autres cieux, "Al Massae" note que les élections en Tunisie, qui se sont illustrées par leur transparence et un taux de participation important, ont démontré que "le changement n'est pas toujours synonyme d'anarchie et de destruction" et que "les peuples arabes, à l'image de tous les autres peuples dans le monde, ont besoin de démocratie".
Les Tunisiens ont le droit de choisir une troisième voie et d'élire une personnalité issue d'une ère antérieure après avoir mis en place des institutions et de nouvelles formes de contrôle populaire, ajoute l'auteur, qui salue ce genre de réconciliation populaire avec le passé ainsi qu'avec des hommes dont les mains n'ont pas été entachées de sang des Tunisiens et n'ont pas dilapidé l'argent du peuple.
Dans la même lignée, "Al Ahdath Al Maghribia" considère qu'à travers ces élections, la Tunisie donne une leçon qui mérite d'être méditée. Le pays s'est ainsi défait de décennies d'un régime policier devenu insupportable, et il est enfin sorti indemne de trois ans d'une transition difficile au cours de laquelle les attaques tous azimuts, matérielles ou pas, s'étaient multipliées, relève-t-il.
Le journal rend hommage aux deux candidats à la présidentielle, Moncef Marzouki et Béji Caid Essebssi, ainsi qu'au peuple tunisien et aux forces vives du pays, pour avoir réussi à faire en sorte que le pays sorte fort de ces épreuves et puisse reprendre son destin en main.
Analysant, par ailleurs, les causes du malentendu entre les entrepreneurs et les banques, "L'Economiste" souligne que les entrepreneurs avancent que les banques ne les financent pas assez et les banquiers que les entreprises ne sont pas assez sûres.
Les deux partenaires "se plaignent d'un même mal: la rareté des collaborateurs compétents, rapidement opérationnels, pour surmonter l'incompréhension", soutient l'éditorialiste.
Et de constater que "ceux qui investissent en Afrique ont souvent la bonne surprise de trouver des cadres dont l'adaptabilité est plus rapide que celle de leurs collègue marocains" étant donné qu'"ici, la formation donne des jeunes ayant des difficultés à maintenir dans le temps une procédure correcte".
Et pour cause, explique l'auteur, "à leur sortie d'école, une partie des futurs cadres moyens du Maroc rencontreront des difficultés pour adapter une procédure à un léger changement de contexte".
Sur autre sujet, "Al Alam" souligne que l'étude nationale réalisée sur la violence sexuelle contre les enfants au Maroc révèle que 30 mineurs subissent quotidiennement des violences sexuelles au Maroc, soit une moyenne de deux enfants par heure.
Ces chiffres alarmants sont, selon l'auteur, en-deçà de la réalité si l'on prend en considération les contraintes et les difficultés qui empêchent les témoins de rapporter des milliers d'autres cas.
L'analyse des causes à l'origine de ce phénomène relève de la compétence des centres de recherche et d'études, des universités et des sociologues, indique l'auteur, soulignant que les efforts entrepris au niveau officiel ne suffisent pas à rétablir les valeurs de la société, minées par les mutations survenues dans plusieurs domaines, notamment celui de la technologie. C'est, au premier chef, la responsabilité de la société tout entière, y compris la famille, l'école et la société civile, insiste-t-il. BD-AQ-MY---EXP/TRA. LL.
MAP 231032 GMT déc 2014