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Présidentielle en Grèce: le gouvernement prêt à des concessions

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Le 23 décembre 2014 à 6h45

Les députés grecs votent mardi pour le deuxième tour de l'élection présidentielle, et afin d'éviter que ce scrutin vire au fiasco dans un contexte économique toujours fragile, le gouvernement est prêt désormais à avancer un peu les prochaines législatives.

Faute de l'élection du président de la République, il y aura en effet une dissolution du Parlement, puis des législatives anticipées, peut-être dès le 25 janvier, alors qu'elles doivent normalement se tenir en juin 2016.

Dans une allocution télévisée surprise, dimanche après-midi, le Premier ministre conservateur Antonis Samaras a donc exhorté les députés à "écouter la voix de leur conscience", et à se plier à l'élection du président, pour épargner une nouvelle période d'instabilité au pays, toujours dans une situation incertaine.

La Grèce, sort à peine de six ans de récession, aura besoin de deux mois supplémentaires pour s'affranchir de la tutelle de l'UE, qui devait cesser en décembre, et fait encore l'objet d'un plan d'aide du FMI jusqu'en 2016. Elle doit aussi procéder dans les prochaines semaines à une réforme constitutionnelle.

"C'est quand nous serons à l'abri économiquement et politiquement que nous trouverons le moment approprié pour les élections générales", a lancé M. Samaras, tout en concédant que ce moment pourrait être avancé à "fin 2015".

Il a aussi suggéré "d'élargir le gouvernement à davantage de personnes croyant aux perspectives européennes du pays", après l'élection présidentielle, ce qui pourrait cibler certains des 31 indépendants et non-inscrits, ou les 10 députés du parti de gauche démocratique DIMAR.

- 'Il redoute le jugement du peuple' -

Mais Syriza, le parti de gauche radicale qui devance de deux à trois points dans les sondages le parti Nouvelle Démocratie de M. Samaras, n'a aucun intérêt à ces propositions.

Pour provoquer une dissolution immédiate du Parlement, les députés de Syriza et ses alliés n'ont donc qu'une chose à faire : répondre simplement "présent" ("parôn") à l'appel de leur nom, mardi et au troisième tour, le 29 décembre.

Ils manifesteront ainsi leur opposition à l'élection de Stavros Dimas, ancien commissaire européen et candidat du gouvernement au poste honorifique de président de la République, pour succéder à Carolos Papoulias dont le deuxième mandat de quatre ans s'achève en mars.

Au premier tour le 17 décembre, seulement 160 députés sur 300 ont voté pour lui, loin de la majorité de 200 exigée aux deux premiers tours. Au troisième tour, 180 voix suffisent, mais cela paraît encore difficile.

Syriza a d'emblée rejeté les propositions du Premier ministre : "M. Samaras réalise qu'il n'obtiendra pas les 180 votes nécessaires (...) et il redoute le jugement du peuple, qu'il ne pourra pourtant pas éviter".

DIMAR a fait la sourde oreille aux sirènes d'une possible entrée au gouvernement : "Les politiques qui maintiennent l'économie et la société dans un véritable bourbier doivent cesser".

Même fermeté de la part du parti souverainiste des Grecs indépendants (ANEL), très à droite mais prêt à s'allier à Syriza. "Après avoir échoué à attirer les députés par la menace ou les tentatives de corruption, M. Samaras met à présent aux enchères les postes ministériels", a ironisé le président Panos Kammenos.

ANEL est au cœur d'une affaire qui empoisonne la campagne : un de ses 12 députés accuse le gouvernement d'avoir tenté d'acheter son vote pour deux à trois millions d'euros. M. Samaras a annoncé des poursuites contre lui.

L'allocution du Premier ministre a quand même porté ses fruits : deux députés indépendants ont annoncé dès dimanche leur ralliement à M. Dimas.

L'analyste politique Ilias Nikolakopoulos, responsable de l'institut Opinion, reste prudent : "Samaras a fait un pas, mais il va falloir attendre" le vote. Pour lui, à moins de 170 voix mardi, le Premier ministre n'aura pratiquement aucune chance d'atteindre 180 voix au troisième tour.

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Le 23 décembre 2014 à 6h45

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