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L'Etat fait monter les enchères pour Alstom

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Le 6 mai 2014 à 17h03

L'Etat a fait monter les enchères pour Alstom, mettant la pression pour que l'américain General Electric améliore son offre de rachat de la branche énergie du groupe industriel français dans le cadre d'un "partenariat équilibré" qui permette aussi de renforcer son pôle transports.

"Elle n'est pas suffisante, donc elle n'est pas acceptable", a insisté mardi le président de la République à propos de l'offre de 12,35 milliards d'euros de GE.

"J'ai pu obtenir un délai, un délai d'un mois pour (...) faire en sorte que les offres puissent être enrichies pour l'emploi", a ajouté François Hollande sur BFMTV-RMC.

"Aujourd'hui, nous avons suffisamment de moyens de pression pour faire en sorte qu'à la fin du processus, ce soit bon pour Alstom, bon pour l'industrie française et bon pour la diversification énergétique du pays", a-t-il poursuivi.

Le gouvernement a demandé à GE de renforcer le pôle transports d'Alstom, craignant pour ces activités si elles devaient se retrouver seules après la vente du pôle énergie. Ce dernier représente 70% de son chiffre d'affaires (14,8 milliards d'euros pour 2012-2013) et emploie 65.000 personnes dans le monde, dont près de 9.000 en France (sur 18.000).

De leur côté, les opérateurs publics - SNCF, RATP, RFF - clients d'Alstom, ont affirmé leur "attachement à Alstom Transport", estimant qu'une "approche européenne" méritait "tout l'attention des pouvoirs publics et du groupe Alstom".

Le conseil d'administration d'Alstom s'est donné jusqu'à la fin mai pour étudier d'éventuelles offres de rachat pour sa branche énergie, avant d'entrer en négociations exclusives avec le mieux disant.

Le fabricant de turbines électriques et de TGV a donné sa préférence à GE, mais la révélations de discussions avancées depuis mars avec le groupe américain a conduit le conseil d'administration à surseoir à une décision définitive.

Appuyé par Paris et Berlin, Siemens est passé à la contre-offensive, en proposant de racheter les activités énergie d'Alstom, qu'il évalue entre 10,5 et 11 milliards d'euros, mais n'a pas encore déposé d'offre formelle.

En échange, il est prêt à céder à Alstom ses trains à grande vitesse, locomotives, métros et trains de banlieue, et à prendre une part allant jusqu'à 19% de ce groupe de transport nouvellement constitué. En contrepartie, Siemens voudrait récupérer l'activité de signalisation d'Alstom.

"Il y a une autre offre: on va essayer de la faire apparaître si elle est meilleure", a souligné le chef de l'Etat à propos de Siemens, qui doit présenter mercredi sa stratégie pour accompagner son redressement.

Selon une source proche du dossier, Siemens avait pris contact dès l'été 2012 avec le gouvernement français pour discuter du secteur énergétique européen, et notamment de l'avenir d'Alstom.

M. Hollande a exclu pour l'heure une prise de participation publique dans le groupe français, dont l'Etat s'était désengagé en 2006 avoir opéré son sauvetage, tout en justifiant son intervention dans ce dossier par la commande publique qu'il fait au groupe.

"Aujourd'hui, je préfère améliorer les offres", a-t-il insisté. "Moi je pense aux salariés d'Alstom".

- 'Seul dans un monde de géants' -

Dans tous les cas, le gouvernement exclut une cession "pure et simple" de la branche énergie d'Alstom, "qui, en l'état, conduirait à la disparition" du groupe, a écrit le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg au PDG de General Electric.

GE, implanté de longue date en France, a promis d'y augmenter l'emploi. Avec la volonté de créer "un leader mondial de l'énergie", il s'est engagé à y localiser ses centres mondiaux pour ses activités turbine à vapeur, énergie hydraulique, éolien offshore et réseaux électriques.

Le conglomérat s'était aussi dit disposé à étudier avec Alstom la possibilité de créer une coentreprise avec son activité mondiale de signalisation.

C'est insuffisant pour le gouvernement, qui préfère développer "un partenariat équilibré": M. Montebourg demande des engagements plus précis sur l'emploi et suggère que GE apporte tout son secteur transport à Alstom (dont les trains de fret et la signalisation), qui représente selon lui un chiffre d'affaires de 3,9 milliards d'euros.

"Il ne s'agissait pas d'une alliance, mais d'une coupure en deux avec la grande solitude d'Alstom Transport qui allait subsister seul dans un monde de géants. Pour nous, il n'était pas acceptable que nous ne puissions pas sortir Alstom Transport renforcé de cette opération", a-t-il à nouveau expliqué mardi devant l'Assemblée.

GE s'est dit prêt à "poursuivre le dialogue" avec l'Etat.

Toutefois, l'exécutif ne précise pas comment il pourrait imposer ses vues. "Le conseil d'administration d'Alstom est en effet souverain. En théorie en tout cas", ont relevé les analystes du cabinet Aurel BGC.

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Le 6 mai 2014 à 17h03

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