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L'Etat est prêt à injecter des fonds “au besoin” pour aider EDF

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Le 17 mars 2016 à 14h16

L'Etat français, actionnaire à plus de 84% du groupe EDF, est prêt à injecter des fonds pour redresser les comptes de l'électricien qui affronte de nombreux défis dont le sauvetage d'Areva et le programme de maintenance des centrales nucléaires, a assuré jeudi le ministre de l'Economie Emmanuel Macron.

"S'il y a besoin de recapitaliser, nous le ferons", a-t-il affirmé, lors d'une visite à la centrale nucléaire de Civaux (Vienne), alors que la démission du directeur financier d'EDF Thomas Piquemal, la semaine dernière a ravivé les craintes concernant la situation financière de l'entreprise et la pertinence du projet de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point, en Angleterre.

En fin de semaine passée, le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, avait expliqué, dans une lettre aux salariés, que le groupe "négoci(ait) avec l'Etat pour obtenir des engagements de sa part (lui) permettant de sécuriser (sa) situation financière" avant toute décision définitive sur Hinkley Point.

"S'il y a besoin de renoncer encore aux dividendes, nous le ferons", a expliqué jeudi M. Macron. Les décisions et arbitrages sur EDF seront pris "d'ici le début du mois de mai, à la fois en clarifiant cette stratégie industrielle et en explicitant toutes les mesures nécessaires pour y faire face", a ajouté le ministre.

Le mois dernier, l'Etat a choisi de recevoir le dividende d'EDF en actions plutôt qu'en numéraire, évitant ainsi au groupe de débourser 1,8 milliard d'euros.

Invité à réagir, M. Lévy, qui a accueilli le ministre à son arrivée à la centrale, s'est refusé à tout commentaire.

Selon le magazine Challenges, l'Etat pourrait s'engager à recevoir le dividende en actions "sur les cinq prochaines années", ce qui représenterait "11,7 milliards" de trésorerie préservée pour EDF. "Ma calculette ne dit pas la même chose", a dit M. Lévy à ce propos.

"On va tous faire des efforts. L'Etat actionnaire (...) on a commencé à le faire", a poursuivi M. Macron devant des salariés de la centrale, en allusion au renoncement à un dividende en numéraire.

- Colère de salariés -

Outre Hinkley Point, EDF, qui affiche un endettement net de 37,4 milliards d'euros, doit aussi financer le rachat de la branche réacteurs d'Areva et le programme de maintenance lourde des 58 réacteurs français.

Ces dernières années, "l'Etat actionnaire a été trop court-termiste" dans sa stratégie à l'égard d'EDF, a aussi jugé le ministre. "La dynamique salariale a été déconnectée" de la situation économique de l'entreprise. "Le compromis social a été trop généreux", a-t-il insisté, après avoir été reçu à son arrivée par des cris de colère d'une centaine de salariés EDF pour des propos semblables tenus la semaine dernière à l'Assemblée nationale.

"Quel mépris pour les femmes et les hommes d'EDF!", a jugé Sébastien Menesplier, secrétaire général adjoint de la Fédération CGT mines-énergie, devant les grilles de la centrale. Ces propos sont "inadmissibles" et le ministre "doit comprendre notre opposition, notre colère" face à la stratégie de l'Etat concernant EDF, a-t-il ajouté.

Les salariés présents ont aussi rappelé leur volonté de voir reporter le projet controversé d'Hinkley Point, ainsi qu'une possible ouverture du capital de RTE, la filiale de l'électricien qui gère le réseau de transport d'électricité, dont EDF est actionnaire à 100%.

Sur le premier sujet, les problèmes d'EDF "existaient avant et sans Hinkley Point", a assuré M. Macron, rappelant que la faiblesse des prix du marché de l'électricité et l'exposition croissante d'EDF à la concurrence plaçaient le groupe "dans une situation difficile".

"Le problème que nous avons à résoudre c'est: +c'est quoi EDF avec un prix de marché à 26 euros (le MWh) ?", jugé trop bas, a renchéri M. Lévy.

Concernant RTE, M. Macron a souligné que l'ouverture du capital à des investisseurs publics, et "peut-être pas uniquement", pouvait constituer "un levier".

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Le 17 mars 2016 à 14h16

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