Les sages-femmes afghanes demandent aux talibans de pouvoir continuer à travailler

Le 21 octobre 2021 à 8h32

Modifié 21 octobre 2021 à 8h32

En Afghanistan, où moins de 60% des naissances sont supervisées par des professionnels de la santé qualifiés, des sages-femmes demandent au nouveau régime taliban de garantir les avancées de ces dernières années et de les laisser travailler en paix.

Dans la province reculée du Wardak, au centre du pays, les enseignantes de l’école pour sage-femmes de Maidan Shar, qui ont déjà formé 200 professionnelles au suivi de grossesse et à l’accouchement, sont résolues à poursuivre leur mission.

Dans la salle de cours, recouverte de posters sur l’ovulation, l’accouchement, ou encore l’hygiène féminine, une dizaine d’étudiantes en blouses et hijabs se penchent sur des mannequins pédagogiques.

« Je fais ce travail, parce que je suis animée de valeurs humanistes, de patriotisme et par devoir vis-à-vis de ma communauté et de ceux que la société opprime le plus: les femmes et les enfants », explique à l’AFP leur enseignante Shafiqa Bironi.

« Ce que nous demandons aujourd’hui aux talibans, c’est de nous garantir un espace sécurisé pour permettre aux femmes de servir d’autres femmes », ajoute la sage-femme de 52 ans.

Les talibans, qui avaient strictement banni lors de leur précédent régime (1996-2001) l’éducation et le travail des femmes, n’ont pas encore statué sur l’avenir de l’école.

Vingt-cinq étudiantes doivent y obtenir en 2022 leurs diplômes, au terme d’un cursus de deux ans qui a été sans-cesse interrompu par la situation sécuritaire.

« Ca a été très pénible », relate la directrice des études, Khatool Fazly. « Il n’y a pas eu un jour sans combats ».

En 2013, une explosion visant une prison où se trouvait des talibans a pulvérisé l’ancien bâtiment de l’école de sage-femmes. Dans le bureau de la responsable, les impacts de balles sont encore bien visibles aux murs.

-Mortalité maternelle –

Le nouveau régime taliban semble n’avoir pas encore proprement statué sur la présence de femmes dans les professions médicales. Celles pouvant s’occuper de patientes, une configuration préférée par les fondamentalistes, n’ont généralement pas été interdites de venir travailler.

Mme Fazly confirme que le centre a reçu l’appui d’un influent conseil local des anciens et que les talibans, qui se sont emparés de la province en mai, disent compter sur leurs services.

Le principal défi à la survie de cette école de sage-femmes reste à ce jour son financement.

Comme l’ensemble des fonctionnaires du pays, aucun salaire ne leur a été versé depuis deux mois.

L’Agence suédoise de développement et coopération internationale (SIDA), qui finance l’école, est comme le reste des ONG qui maintenaient les structures de santé afghanes sous perfusion, limitée dans ses opérations par l’absence de liquidité et l’embargo économique.

Selon les données de l’ONU, l’Afghanistan a l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde: quelque 638 femmes meurent pour 100.000 naissances vivantes et un enfant sur 17 meurt avant l’âge de cinq ans.

La pauvreté, le manque d’accès aux services de santé et l’inégalité entre les sexes contribuent tous à ces chiffres tragiquement élevés.

Khatool Fazly, qui a mis sur pied le centre en 2004 pour « surmonter ces graves difficultés » estime que la plupart des complications de grossesse et décès pourraient être évitées avec un suivi normal des femmes enceintes.

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