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Les jihadistes avancent vers Bagdad, possibles frappes aériennes

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Le 12 juin 2014 à 8h31

Les rebelles jihadistes sunnites avançaient jeudi vers la capitale Bagdad après s'être emparés de larges territoires du nord-ouest de l'Irak face à une armée en déroute, les Etats-Unis n'excluant pas de frappes aériennes pour enrayer l'offensive extrémiste.

Le Parlement irakien doit se réunir en milieu de journée pour décréter, à l'appel du gouvernement du chiite Nouri al-Maliki, l'état d'urgence dans le pays, plongé dans la tourmente depuis la prise mardi de la deuxième ville du pays, Mossoul, de sa province, Ninive, et de régions des provinces voisines de Kirkouk et Salaheddine.

Face à cette offensive d'envergure de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), et l'impuissance de l'armée à la contenir, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira à huis clos à partir de 15H30 GMT, avec une intervention de l'envoyé spécial de l'ONU en Irak, Nickolay Mladenov, par vidéo-conférence.

Dans un enregistrement sonore daté de mercredi et diffusé par le réseau américain de surveillance des sites islamistes SITE, l'un des dirigeants de l'EIIL, Abou Mohammed al-Adnani, a appelé les insurgés à "marcher sur Bagdad", critiquant M. Maliki pour son "incompétence".

Jeudi, les jihadistes étaient à moins de 100 km de Bagdad, après avoir pris la veille au soir Dhoulouiya, selon un colonel de police et des habitants joints au téléphone par l'AFP. Dans cette ville située à 90 km au nord de la capitale, les hommes armés sillonnaient les rues, a raconté un habitant.

- Turcs en otages à Mossoul -

Les insurgés avaient auparavant tenté de s'emparer de Samarra mais en avaient été finalement empêchés par l'armée. Ils l'ont alors contournée et ont marché sur Dhoulouiya, selon un responsable.

Alors que les forces de sécurité ne parviennent le plus souvent pas à stopper la progression fulgurante des extrémistes, M. Maliki, honni par les jihadistes, a appelé mercredi "toutes les tribus" à apporter leur soutien armé aux forces de sécurité et à "former des unités de volontaires" pour combattre les insurgés.

Outre des territoires du nord, les combattants aguerris de l'EIIL, considéré comme l'un des groupes "les plus dangereux au monde" par les Etats-Unis, contrôlent déjà des régions de la province occidentale d'Al-Anbar, dont la ville de Fallouja depuis janvier.

A Mossoul, l'EIIL continuait de détenir une cinquantaine de citoyens turcs pris en otages au consulat, de même que 31 chauffeurs turcs dans la province. Ankara a menacé le groupe de "représailles les plus sévères" s'il leur est fait le moindre mal.

Environ un demi-million d'habitants de Mossoul ont fui leurs foyers, craignant pour leur vie et en raison des pénuries qui frappent la cité.

En vue d'enrayer l'offensive islamiste, les Etats-Unis qui avaient retiré leurs troupes d'Irak fin 2011 au terme d'un très lourd engagement militaire pendant huit ans, envisagent plusieurs options pour aider Bagdad, éventuellement par le biais de frappes effectuées par des drones, selon un responsable américain.

- Pas de troupes au sol -

La diplomatie américaine s'est défendue d'avoir été prise par surprise, affirmant avoir exprimé depuis des mois ses "inquiétudes" sur la "menace terroriste" que pose l'EIIL pour toute la région. En conséquence, Washington "se tient prêt" à venir en aide à Bagdad, selon le département d'Etat.

Mais les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont exclu de renvoyer des troupes au sol dans ce pays.

L'EIIL, qui ambitionne d'installer un Etat islamique, a l'appui de tribus anti-gouvernementales et jouit d'un certain soutien parmi la minorité sunnite qui s'estime marginalisée par le pouvoir chiite.

Basé dans l'ouest irakien, il s'est infiltré en Syrie voisine via la frontière très poreuse, où il combat aujourd'hui d'autres groupes rebelles qui l'accusent de multiples abus -rapts et exécutions.

Il tient en Syrie de larges secteurs de la province pétrolière de Deir Ezzor (nord-est), faisant craindre une unité territoriale avec le nord-ouest irakien.

Selon des experts, l'EIIL est constitué en grande partie en Irak d'ex-cadres et membres des services de sécurité du président Saddam Hussein, renversé après l'invasion américaine en 2003.

Les troupes irakiennes, formées par les Etats-Unis à partir de zéro et après l'exclusion des soldats sous Saddam Hussein, n'ont jamais réussi à devenir une véritable force armée.

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Le 12 juin 2014 à 8h31

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