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Les céréaliers deviennent les plus mal payés du monde agricole

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Le 15 décembre 2014 à 16h56

Les céréaliers, producteurs de fruits et éleveurs bovins devraient gagner au mieux 15.000 euros pour l'année 2014, un "séisme" commente la FNSEA, principal syndicat des agriculteurs.

Lundi, le gouvernement a publié ses estimations pour les exploitants agricoles. L'Insee s'attend à un revenu net par actif non salarié en hausse de 6% mais le réseau comptable d'information agricole, table lui sur un résultat courant avant impôts (RCAI) en baisse de 5%, à 24.400 euros.

Mais derrière ces moyennes se cachent d'incroyables disparités.

Les céréaliers, considérés comme les "nantis" du monde agricole ces dernières années, ont subi une perte de revenus d'environ 60% en 2014 et plafonneraient à 11.500 euros annuels, au plus bas de l'échelle de leur secteur, selon des prévisions du service statistiques du ministère de l'Agriculture (Agreste) publiées lundi.

Cette estimation reste toutefois supérieure à l'année 2009 où leurs revenus avaient chuté à 10.000 euros.

Les arboriculteurs aussi mordent la poussière avec des revenus en baisse de 56%, à 13.400 euros. Les éleveurs bovins viande restent eux dans une situation très difficile avec des revenus attendus en baisse de 21% à 14.500 euros.

"Il y a une baisse généralisée des revenus en agriculture, en repli de près de 25% par rapport aux trois dernières années. Même si quelques secteurs tirent leur épingle du jeu, il s’agit bien d’un séisme", commente la FNSEA dans un communiqué.

L'union des producteurs de céréales et oléagineux (Orama) estime elle que le revenu des céréaliers témoigne bien "d’une réalité très éloignée de certains clichés". Pour elle, "il faut cesser de discriminer les producteurs de notre secteur dans l’application de la PAC (Politique agricole commune" en France.

Et de concert, les producteurs en profitent pour rappeler leurs revendications: "Il est temps de vraiment baisser les charges, simplifier les règles, pour garder des exploitations agricoles compétitives", écrit la FNSEA.

"Il faut en finir avec l’accumulation de ces normes inutilement contraignantes qui nous empêchent de produire plus, produire mieux", pour Orama.

Le ministère de l'Agriculture, lui, se montre plus optimiste. "Après trois années historiquement élevées et une baisse marquée en 2013, les résultats seraient globalement stables en 2014", commente-t-il dans un communiqué.

- Vin, lait, ovin s'en sortent -

Seuls trois secteurs tirent leur épingle du jeu. Les viticulteurs d'abord, qui verraient leurs revenus progresser en moyenne de 27% à 46.200 euros.

La récolte est "en forte hausse" mais les prix "resteraient bien orientés sur la campagne", selon Agreste.

Les éleveurs ovins/caprins voient eux leur situation s'améliorer "grâce à une légère hausse des prix et une revalorisation des subventions", qui devraient doper leurs rémunérations de 23% à 20.000 euros.

Les producteurs de lait ont pour leur part profité de la hausse des prix du lait, avec un résultat par actif non salarié en hausse de près de 30%, à 30.100 euros.

Situation qui devrait toutefois se retourner dans les mois à venir. Parce que les cours du lait reculent depuis le début de l'année, en raison d'une offre abondante et d'une demande qui n'augmente plus autant, notamment parce que les Chinois ont beaucoup stocké.

L'embargo russe sur les produits alimentaires depuis août a enfoncé le clou et la fin des quotas laitiers en avril prochain en Europe ne devrait pas améliorer les choses.

Dans les autres filières, en revanche, la situation reste tendue.

Les éleveurs porcins subissent eux aussi de plein fouet l'embargo et la concurrence de l'Allemagne ou de l'Espagne. Résultat, leurs revenus devraient reculer de 18% à 22.100 euros.

Les maraîchers et horticulteurs perdraient 5,5% de rémunération à 21.300 euros. Pour les producteurs de poulet et œufs, le revenu reste stable à 20.700 euros.

Cette estimation devrait être ajustée l'été prochain, avant une publication définitive dans un an.

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Le 15 décembre 2014 à 16h56

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