Le gouvernement défend ses mesures sur l’emploi au congrès conservateur de Manchester

(AFP)

Le 4 octobre 2021

Le ministre britannique des Finances, Rishi Sunak défend lundi les mesures de soutien à l’emploi du gouvernement de Boris Johnson au congrès du parti conservateur à Manchester, quelques jours après la fin du système de chômage partiel qui avait maintenu sous perfusion le marché du travail pendant la pandémie.

Il doit notamment dévoiler une nouvelle enveloppe de 500 millions de livres (584 millions d’euros) qui vise à accompagner « des centaines de milliers » d’employés ne disposant plus du chômage partiel, notamment des chômeurs de plus de 50 ans, jeunes travailleurs ou personnes à bas salaires, a précisé le parti conservateur, en congrès jusqu’à mercredi dans la ville du nord-ouest de l’Angleterre.

Le nouveau programme de soutien à l’emploi « a pour but de créer une économie basée sur de hautes qualifications et de hauts salaires, en donnant aux gens ce dont ils ont besoin pour trouver ces emplois bien rémunérés et avoir les compétences nécessaires pour les obtenir », a commenté Rishi Sunak sur Times Radio.

En 18 mois, le dispositif de chômage partiel qui s’est achevé jeudi a permis de soutenir près de douze millions d’emplois dans les secteurs contraints de fermer ou de diminuer leur activité à cause du Covid-19, pour un coût de 70 milliards de livres.

– Ramener les gens à l’emploi –

Mais l’arrêt de la mesure fait craindre à certains économistes une hausse du chômage malvenue au moment où les minima sociaux sont revus à la baisse et que le prix du gaz flambe.

Face aux critiques, le gouvernement britannique avait déjà annoncé la semaine dernière un fonds de 500 millions de livres pour les familles vulnérables.

« J’ai dit dès le début de cette crise qu’il ne serait pas possible pour moi ou pour n’importe quel chancelier de sauver chaque emploi, mais nos interventions ont fait une énorme différence », a fait valoir le ministre sur Sky News.

« Nous avons un taux de chômage plus bas au Royaume-Uni qu’en Amérique, au Canada, en France, en Espagne, en Italie, entre autres et nous avons un nombre record de postes vacants », a-t-il ajouté.

Le taux de chômage s’élevait à 4,6% en juillet, après un sommet à 5,2% fin 2020. Avant la pandémie, il se maintenait un peu en dessous de 4%. Le pays dénombre plus d’un million d’emplois vacants, un record.

L’économie britannique a redémarré plus vite que prévu au deuxième trimestre, avec une croissance de 5,5%. Elle a cependant perdu de l’élan en juillet avec une hausse du PIB de seulement 0,1%, notamment à cause de pénuries de travailleurs dans certains secteurs, comme le transport routier.

Ces manques de personnel causent des problèmes d’approvisionnement dans tout le pays et notamment un manque d’essence qui a poussé le gouvernement à déployer lundi 200 militaires pour assurer la livraison de carburant.

Ces pénuries « posent des défis à court terme », a reconnu Rishi Sunak sur Times Radio, disant vouloir « être pragmatique », alors que le gouvernement s’est finalement résolu fin septembre à accorder jusqu’à 10.500 visas de travail provisoires.

Un nombre et une durée jugés par nombre d’organisations professionnelles comme insuffisants pour faire revenir les travailleurs étrangers, européens notamment, qui ont quitté le Royaume-Uni pendant la pandémie et ne sont pas revenus à cause des complications du Brexit.

L’organisation patronale CBI a salué lundi l’adoption de la nouvelle mesure mais « avec des vacances d’emploi records et des pénuries de travailleurs généralisées, son succès se mesurera à leur capacité à ramener les gens dans l’emploi », selon elle.

Les organisations professionnelles ont déjà prévenu à plusieurs reprises que l’arrivée de nouveaux demandeurs d’emploi sur le marché du travail avec la fin du chômage partiel ne résoudrait pas forcément les pénuries de main d’œuvre en raison d’une inadéquation des compétences.

Certains secteurs souffrent aussi de conditions de travail et salaires peu attractifs et peinent structurellement à recruter, comme l’hôtellerie-restauration ou le transport routier, qui augmentent actuellement les salaires.

Nombre d’économistes et commentateurs estiment donc que l’argument de Downing Street qui veut un marché du travail fondé sur des meilleures qualifications et salaires est risqué sachant qu’il manque 100.000 conducteurs de camions et que les pénuries de travailleurs ne cessent de s’étendre.

Le 4 octobre 2021

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