Lait: Bel, poids-lourd du secteur, maintiendra ses prix jusqu'à la fin du mois
En peine crise de l'élevage, un poids-lourd de l'industrie fromagère, le groupe Bel qui produit notamment la Vache-Qui-Rit, a annoncé mercredi son engagement à maintenir le prix d'achat du lait aux producteurs à 300 euros les 1.000 litres, pour les mois de janvier et février.
"En ce début d'année 2016, dans un environnement qui reste difficile pour les producteurs, Bel France s'est déjà engagé à maintenir un prix du lait à 300 euros/1000 litres pour les mois de janvier et février" indique-t-il dans un communiqué, soit un prix supérieur à celui convenu par contrat avec les producteurs qui l'approvisionnent.
Bel rappelle en outre qu'il avait déjà procédé fin 2015 au versement d'une "prime exceptionnelle" à son millier de fournisseurs, dont le directeur général Europe du groupe, Etienne Lecomte, n'a pas souhaité révéler le montant à l'AFP pour des "raisons de concurrence".
"Au dernier trimestre 2015 on a payé très largement au dessus de nos contrats" a-t-il déclaré sans autre précision, en rappelant que tous les producteurs qui fournissent le groupe, un millier environ, sont contractualisés depuis 2013.
La mesure vaut jusqu'à la fin février, mais "notre volonté est de poursuivre cet effort sur l'ensemble de l'année" a affirmé M. Lecomte.
Cependant, reconnait-il, cette annonce est également liée à la négociation sur les prix en cours avec les distributeurs: ouverte en novembre elle devra être conclue le 29 février, dans un contexte de guerre de prix qui pèse sur les transformateurs et donc, par ricochet, sur les producteurs.
"On est en cours de négociation et c'était important de rappeler notre engagement auprès des éleveurs, convient Etienne Lecomte "On espère qu'elle nous permettra de poursuivre nos efforts sur la filière tout au long de l'année" a-t-il ajouté.
Le groupe appelle d'ailleurs, dans son communiqué, "l'ensemble des acteurs (à) adopter une attitude responsable".
Dans un contexte mondial globalement défavorable, accentué par la fin des quotas de production laitiers au sein de l'Union européenne et une réduction des achats de la part de la Chine notamment, les cours du lait ont fortement baisser au cours des derniers mois et posent de graves problèmes de survie à de nombreuses exploitations.