L'Afrique gagnera beaucoup en r
Les pays africains ont beaucoup à gagner en réalisant eux-mêmes des projets d'ingénierie pour doter le continent d'infrastructures fiables et viables dans les secteurs clés de développement, a affirmé le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), Carlos Lopes, dimanche à l'ouverture du sommet de Dakar sur le financement des infrastructures.
Le continent dépense chaque année près de 4 milliards de dollars pour employer plus de 5 mille experts non africains à l'appui des projets d'infrastructures alors que sa diaspora compte plus de 300.000 cadres hautement qualifiés, dont près de 30.000 sont titulaires d'un Doctorat, a souligné M. Carlos, estimant qu'il est capital de veiller à ce que les Africains soient en mesure d'entreprendre eux-mêmes des projets d'ingénierie.
Selon lui, l'Afrique a besoin d'accords régionaux solides pour coordonner et harmoniser les politiques visant à mobiliser les ressources pour que la transformation structurelle soit une réalité qui puisse favoriser l'industrialisation du continent.
Il n'est pas normal, a-t-il dit, qu'un pays comme la Thaïlande exporte des produits manufacturiers plus que l'ensemble du continent africain, et il est temps que cette donne change, notant que le sommet de Dakar constitue un cadre parfait pour débattre de ces questions qui revêtent une grande importance pour imprimer un élan à la mobilisation des ressources et la mise en œuvre effective des projets régionaux d'infrastructures qui sont à l'ordre du jour.
L'investissement dans les infrastructures demeure essentiel pour la croissance économique du contient, a-t-il expliqué, relevant que la résorption du déficit de l'Afrique en infrastructures permettra d'augmenter de 2 pc par an la croissance économique par habitant sur le continent et de relever la productivité des entreprises de 40 pc.
Le sommet de Dakar intervient à point nommé car il est crucial de stimuler l'investissement dans les infrastructures et d'autres domaines pour garantir la réussite du programme de transformation du contient énoncé dans l'Agenda 2063 de l'Union africaine.
Le plan global de développement à long terme adopté par l'Afrique dans le secteur des infrastructures requiert des fonds nécessaires, a-t-il estimé, notant qu'il est appréciable que le continent prenne la responsabilité de financer ses propres infrastructures.
On ignore souvent que les pays africains financent eux même une part importante de leurs projets d'infrastructures, poursuit-il, précisant que des ressources intérieures représentent près de la moitié des 90 milliards de dollars dépensés au titre de projets d'infrastructures en Afrique.
Selon M. Carlos, l'étude sur la mobilisation des ressources nationales pour la mise en œuvre de projets régionaux élaborés par l'Agence du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) et la CEA fait ressortir que les ressources engagées à cette fin, soit 1 trillion de dollars environ, sont disponibles sur le continent et le forum de Dakar promet de favoriser l'application d'une partie des recommandations de l'étude.
Le responsable onusien a toutefois indiqué que l'Afrique a besoin d'investissements externes, appelant à rendre le cadre juridique plus attractif et le climat d'investissement beaucoup plus durable.
Pour M. Carlos, l'attitude du continent à lever des fonds au profit des projets d'infrastructures dépend aussi dans une large mesure des normes et cadres institutionnels mis en place.
Initié par le président sénégalais, Macky Sall, le sommet de Dakar vise à promouvoir la participation du secteur privé dans le financement et le développement des infrastructures en Afrique.
Ce forum soutenu, entre autres, par la Banque africaine de développement (BAD), la CEA, la Banque mondiale et d'autres partenaires, est la réponse des dirigeants africains concernant les résultats de l'étude des ressources nationales du NEPAD et de la CEA qui a fait des recommandations visant à mettre à profit les ressources nationales en vue de financer le développement de l'Afrique notamment le développement des infrastructures qui est un facteur clé pour l'accélération de l'intégration régionale et la compétitivité. MN/LS---BI. LC.
MAP 160836 GMT jui 2014