La SNCF n’a pas besoin d’aide de l’Etat, assure son PDG

Le 2 novembre 2021 à 6h45

Modifié 2 novembre 2021 à 6h45

La SNCF sera encore dans le rouge cette année mais devrait pouvoir se passer d’une nouvelle aide de l’Etat ou de cessions supplémentaires, estime son PDG Jean-Pierre Farandou dans une interview au Figaro mardi.

« Je crains que nous ne soyons encore en pertes cette année en raison du troisième confinement » au printemps, indique M Farandou.

« A ce stade, je ne demande pas de l’aide à l’Etat. On va emprunter l’équivalent de notre déficit pour faire face aux dépenses courantes », a-t-il ajouté.

Le groupe public avait bénéficié directement d’une recapitalisation de 4 milliards d’euros de l’Etat l’an dernier, destinée au réseau.

Il a encore perdu 780 millions d’euros au premier semestre 2021, après en avoir perdu 3 milliards en 2020, mais « est en situation de rebond », selon M. Farandou.

« Notre logisticien Geodis fait partie des gagnants de la crise » sanitaire. « Quand le poumon du TGV est un peu enrhumé, le poumon de la logistique fonctionne bien et ça fait respirer le groupe. Cela nous a permis d’amortir l’effet de la crise », remarque-t-il.

« Pour nous désendetter, nous avons très bien vendu Ermewa, un loueur de wagons de fret, qui n’était pas un actif stratégique », relève aussi M. Farandou. La cession d’Ermewa, finalisée le 22 octobre, va se traduire par un désendettement net d’environ 3,2 milliards d’euros pour la SNCF.

« Aujourd’hui, nous n’envisageons pas d’autres cessions », assure le dirigeant.

Jean-Pierre Farandou confirme par ailleurs l’objectif d’équilibre financier en 2022, convenu avec l’Etat lors de la réforme ferroviaire de 2018.

« On sera à l’équilibre l’année prochaine. Pour y arriver, nous travaillons à développer le chiffre d’affaires. On ne sera pas très loin de revenir en 2022 au niveau d’avant le Covid », assure-t-il.

« Et nous réduisons nos charges avec des plans d’économies », ajoute-t-il. « Nous avons aussi repoussé certains investissements dans le matériel roulant ou l’informatique. » La SNCF va également baisser le nombre d’employés de « 1,5% à 2% en ne remplaçant pas tous les départs à la retraite », rappelle-t-il.

S’il reconnaît que l’arrivée de la concurrence est « un choc », M. Farandou considère que son adversaire principal est « la route », l’objectif étant de doubler la part du rail en dix ans. Selon lui, la SNCF « transportera plus de passagers » si le marché grandit, même si elle perd des parts de marché.

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