La filière automobile française réfléchit à son futur électrique

Le 26 octobre 2021 à 6h40

Modifié 26 octobre 2021 à 6h40

La filière automobile française doit présenter mardi sa feuille de route pour 2030, pour une électrification progressive, tandis que le marché des voitures neuves ne redécolle pas, et que les usines sont en partie fermées à cause de pénuries de pièces.

« Comment la France, qui a inventé l’automobile, pourrait se faire une place dans le futur de l’automobile? », a lancé Luc Chatel, le président de la Plateforme automobile (PFA), en présentant cette journée qu’il organise.

Le patron de Renault, Luca de Meo, mais aussi le commissaire européen Thierry Breton et potentiellement le ministre de l’Economie Bruno Le Maire doivent donner des éléments de réponse lors de cette journée. Un millier de professionnels sont attendus à la Cité des sciences, dans le nord de Paris.

Après la mise en œuvre, en mai 2020, d’un plan de relance automobile doté de huit milliards d’euros, la filière estime à 17 milliards d’euros les investissements à localiser en France dans les cinq ans, « sur les technologies clés de l’automobile du XXIe siècle ». La PFA évalue le besoin de soutien public à 30%.

« On ne demande pas une nouvelle baisse des impôts de production. On ne va pas rogner sur le modèle social. Mais si on ne fait pas ça, il faut faire autre chose », a souligné Luc Chatel, qui propose notamment la création de zones franches.

Une partie de la réponse sera donnée mardi: la filière devrait connaître la ventilation des deux milliards d’euros de soutien public à l’automobile annoncés par Emmanuel Macron dans son plan « France 2030 ».

– Hybrides et électriques –

Le président de la République vise notamment à « produire en France à l’horizon 2030 près de deux millions de véhicules électriques et hybrides », alors que les usines de Renault, Stellantis et Toyota ont produit 2,2 millions de véhicules en 2019, toutes motorisations comprises.

« Ce n’est pas hors de portée à condition qu’on y mette les moyens », souligne Luc Chatel. « Si on est capables d’attirer de grands projets, comme des usines de batteries, si on est capables de redevenir compétitifs, c’est possible mais ce sera difficile », a-t-il indiqué.

L’industrie automobile française a largement délocalisé sa production au cours des dernières décennies, et des sous-traitants traditionnels, comme certaines fonderies, qui fabriquent les moteurs à essence, sont menacées de fermeture. Si deux usines de batteries doivent ouvrir à court terme dans l’Hexagone, la fabrication des véhicules électriques nécessite moins de main-d’œuvre que les thermiques.

La transition énergétique pourrait mettre 65.000 personnes au chômage en France, selon la PFA. Mais « si le scénario du déclin l’emportait, on serait à 100.000 emplois de moins », selon Luc Chatel.

« On a perdu l’aura qu’on avait à un moment donné: il faut qu’on la reconquière », souligne de son côté Claude Cham, de la Fédération des équipementiers (FIEV). Il demande notamment des mesures sur le coût du travail et « contre l’instabilité fiscale ».

La filière a déjà réussi à convaincre le gouvernement qu’il fallait défendre les hybrides rechargeables au niveau européen, pour éviter leur interdiction en 2035. Bruxelles voudrait bannir les hybrides, qui émettent des gaz à effet de serre contrairement aux voitures électriques.

« Vouloir maintenir coûte que coûte une technologie qui ne sera plus valable demain, je ne suis pas sûre que ça sauve des emplois », répond Marie Chéron, responsable mobilité à la fondation Nicolas Hulot.

Avec la CFDT, la fondation a publié fin juin un plan conciliant transition écologique et emploi, et souligne qu' »il est essentiel que ces aides soient assorties d’exigences sociales et environnementales ».

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