La chute des prix du pétrole fait dévisser Wall Street
La Bourse de New York a dévissé vendredi, saisie d'angoisse en pleine déroute du marché du pétrole, les investisseurs craignant un choc brutal sur les secteurs énergétique et financier notamment: le Dow Jones a lâché 1,79% et le Nasdaq 1,16%.
Selon les résultats à la clôture, le Dow Jones Industrial Average a plongé de 315,51 points, à 17.280,83 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, de 54,57 points, à 4,653,60 points.
L'indice élargi S&P 500 a plongé de 1,62%, ou 33,00 points, à 2.002,33 points.
Après un début en légère baisse, les indices ont lourdement creusé leurs pertes, plombés par les secteurs de l'énergie, des matières premières et des valeurs financières.
Avec une perte de 3,52%, "il s'agit de la pire semaine depuis mai 2012" pour le S&P 500, lorsque l'indice avait perdu 4,30%", a précisé Howard Silverblatt, de S&P Dow Jones Indices.
La volatilité, mesurée par l'indice VIX, dit "indice de la peur", s'est affiché en nette hausse (4,98%) à des niveaux élevés (21,08).
"La nervosité s'est emparée du marché: et plus encore que le déclin des prix du pétrole, c'est la vitesse à laquelle il dérape qui fait peur", a relevé Michael James, de Wedbush Securities.
Assommés par la surabondance de l'offre mondiale en or noir face à des perspectives de demande peu vigoureuses, les prix du brut coté à New York, le WTI, ont trébuché vendredi à des niveaux plus vus depuis cinq ans et demi, sous les 58 dollars. Le baril a perdu près de la moitié (46%) de sa valeur depuis son dernier pic de la mi-juin.
Si la perspective d'un baril de brut, et donc par ricochet d'un carburant moins cher, laisse entrevoir une consommation des ménages plus dynamique, la crainte de l'impact d'un choc trop important sur le secteur de l'énergie fait trembler les investisseurs.
"On s'inquiète aussi pour tous les projets qui risquent d'être interrompus, et pour les sociétés qui les financent. Cela crée de l'incertitude et de la volatilité, et les gens se mettent à vendre", a continué Michael James.
"Il semble que le marché est voué à poursuivre son recul tant que l'on ne voit pas de stabilisation des prix du pétrole, les secteurs énergétiques et financiers représentant à eux deux environ 25% du S&P 500", a commenté Art Hogan, de Wunderlich Securities.
Dans ce contexte, l'annonce d'un bond du moral des ménages américains en décembre, largement au-dessus des attentes des analystes, est passée au second plan.
Des annonces de ralentissement de la production industrielle dans la zone euro, en octobre, et en Chine, en novembre, ont encore ajouté au pessimisme, assommant les valeurs minières.
Le marché obligataire a nettement progressé. Signe d'une demande vigoureuse, le rendement des bons du Trésor à 10 ans a reculé à 2,103% contre 2,178% jeudi soir, après avoir touché un plus bas en séance depuis la mi-octobre (à 2,083%) et celui des bons à 30 ans à 2,756% contre 2,825% à la précédente clôture.
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