La Bourse de Paris reste en retrait, au vu de la situation en Ukraine
La Bourse de Paris restait en retrait lundi à la mi-journée (-0,1%), en conservant une attitude prudente face à la situation tendue en Ukraine, dans une séance sans indicateur de poids.
A 11H54 (09H54 GMT), l'indice CAC 40 perdait 4,52 points à 4.472,87 points, dans un volume d'échanges de 747 millions d'euros. Vendredi, les investisseurs avaient déjà joué la prudence (-0,66%) avant le week-end à haut risque annoncé en Ukraine où s'est tenu dimanche un référendum sur l'indépendance dans l'est du pays.
"Les développements du week-end en Ukraine restent une inquiétude pour les acteurs du marché, qui gèrent sagement leur appétit pour le risque en ne mettant pas tous leurs jetons sur la table", commentent les analystes de ETX Capital.
La Russie a annoncé qu'elle allait "respecter" la volonté des Ukrainiens de l'Est au lendemain du oui massif à un référendum séparatiste ouvrant la voie à une partition du pays, tout en insistant sur le "dialogue" avec Kiev.
Kiev craint de voir se reproduire un scénario similaire à celui de la Crimée et les Occidentaux ont déjà prévu d'étendre les sanctions contre la Russie si la présidentielle en Ukraine ne s'est pas tenue à la fin du mois.
"On notera que le CAC 40, à l?instar des autres indices européens, a bien résisté au résultat sans surprise du référendum organisé dimanche dans l'Est de l'Ukraine. En dépit d'une violence accrue dans les régions de Donetsk et de Lougansk, le risque politique reste marginal pour les marchés financiers", tempère Christopher Dembik, un analyste de Saxo Banque.
Les spéculations vont également bon train sur une éventuelle action de la Banque centrale européenne (BCE).
"En l'absence d'indicateur majeur lundi, les investisseurs suivront avec attention le vice-président Vitor Constancio et les autres dirigeants qui se réunissent à Vienne pour discuter à nouveau d'une Union bancaire européenne", reprend ETX Capital.
Ewald Nowotny, un autre membre du conseil des gouverneurs de la BCE, doit également s'exprimer. Les déclarations des membres de l'institution monétaire sont susceptibles d'agiter le marché s'ils donnent des détails sur les mesures de soutien envisagées.
Parmi les valeurs, Alstom restait en tête du CAC 40 avec un gain de 2,94% à 29,07 euros. La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande ont estimé ce week-end que l'avenir de l'industriel, convoité par l'américain General Electric et l'allemand Siemens, était une décision qui appartenait à ses dirigeants.
Il était talonné par Alcatel-Lucent (+2,35% à 2,92 euros). L'équipentier télécoms et le fournisseur d'accès internet australien Nextgen vont déployer un réseau sous-marin de fibre optique haut débit vers les sites de production pétroliers et gaziers situés au nord-ouest de l'Australie.
Tarkett grimpait (+4,93% à 27,76 euros), grâce notamment au rachat de la participation minoritaire dans sa filiale qui commercialise ses produits en Chine ainsi que l'acquisition d'un outil de production de revêtements de sols vinyle près de Pékin.
Air France-KLM prenait 2,47% à 10,58 euros grâce à une hausse de 3% de son trafic passagers en avril, bénéficiant du dynamisme de la période entourant Pâques mais son trafic fret a accusé une légère baisse de 0,6%.
Edenred engrangeait 2,3% à 24,2 euros. La maison mère de Ticket Restaurant, a annoncé l'acquisition de 50% de la société C3 Card, ce qui lui permet de s'implanter aux Emirats arabes unis.
Theolia bondissait de 6,35% à 1,34 euro, après avoir réalisé au premier trimestre un chiffre d'affaires en hausse de 43%, en partie lié à l'intégration de la société allemande Breeze Two Energy, rachetée en 2013.
Générale de Santé grimpait fortement (+6,45% à 16,5 euros), grâce à la décision de ses actionnaires, qui se disent prêts à vendre leurs parts à l'australien Ramsay et à Crédit Agricole.
Euronext (CAC 40)