La Bourse de Paris choisit d'aller de l'avant malgré la Grèce
La Bourse de Paris a finalement choisi d'aller de l'avant (+0,51%) lundi, après moult hésitations liées à l'échec du scrutin présidentiel grec qui ouvre la voie à des législatives anticipées.
L'indice CAC 40 a gagné 22,08 points à 4.317,93 points, dans un volume d'échanges faible de 2,1 milliards d'euros. Mercredi, lors d'une demi-séance, il avait perdu 0,44%. La place était restée fermée jeudi et vendredi.
Sur les autres places européennes, la Bourse de Francfort a fini à l'équilibre (+0,05%) et celle de Londres en hausse de 0,36%. Par ailleurs l'Eurostoxx a clôturé à l'équilibre (+0,02%).
Après une ouverture en très légère hausse, la cote parisienne a piqué du nez au moment du vote en Grèce, les députés s'étant prononcés contre le candidat proposé par le gouvernement.
Cet échec du parti au pouvoir va en effet conduire à des élections législatives anticipées qui pourraient déboucher sur l'arrivée au pouvoir du parti anti-austérité Syriza, une perspective qui inquiète les créanciers du pays, UE et FMI en tête.
Après ce résultat, la cote parisienne a beaucoup tergiversé pour finalement se ressaisir et refaire surface en toute fin de séance.
"Les marchés ne savaient pas trop sur quel pied danser car la situation est encore très incertaine en Grèce", a résumé Alexandre Baradez, un analyste d'IG France.
"Les investisseurs ne sont pas si sûrs que cela que la gauche radicale va arriver au pouvoir" et, si elle y parvenait, elle devrait en outre former une coalition, a-t-il développé.
Et "le cas grec n'a pas du tout la même portée" qu'au moment de la crise de la dette et "l'effet contagieux est désormais assez limité", a-t-il complété.
Par contre, "la situation grecque complique la tâche de la Banque centrale européenne car si la BCE dégaine trop tôt son vaste programme de rachats d'actifs", soit lors de sa première réunion de l'année le 22 janvier, "l'effet pourrait être gommé par l'incertitude autour des législatives grecques", a-t-il noté.
Syriza "pourrait vouloir renégocier les détails du plan d'aide au pays et demander une nouvelle restructuration de sa dette", a prévenu pour sa part Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque.
"Les tourments à propos de l'élection présidentielle en Grèce ne sont, au final, qu'un énième soubresaut de la crise souveraine européenne qui, contrairement à ce que l'on croit, est encore loin d'être terminée", selon lui.
Le caractère erratique du marché a été en outre accentué par la faiblesse des volumes d'échanges en cette période de fin d'année et dans une séance dépourvue d'autre actualité ou d'indicateur macroéconomique.
La Grèce pourrait être décisive pour les performances des marchés en 2014 alors que l'indice CAC 40 est stable depuis le 1er janvier, après avoir fortement progressé en 2012 et 2013.
Tout ceci concourt en effet à "une fin d'année atypique" avec un indice qui "pourrait se maintenir à peu de chose près dans la zone actuelle" car, pour les investisseurs, "l'année 2014 est déjà faite et beaucoup d'opérateurs sont absents, donc le mouvement sur ces quelques jours ne sera pas forcément représentatif des grandes tendances de 2015", a noté M. Baradez.
L'actualité microéconomique a aussi été limitée.
Soitec a bondi (+6,98% à 0,92 euro), retrouvant des forces après s'être effondré la semaine dernière, victime d'une révision à la baisse de ses objectifs financiers.
Airbus a fini à l'équilibre (-0,01% à 41,53 euros). Un avion d'AirAsia, un Airbus A320-200, a disparu entre l'Indonésie et Singapour avec 162 personnes à son bord et est probablement "au fond de la mer" selon les autorités indonésiennes.
Publicis a gagné 1,35% à 60,71 euros après avoir prolongé son offre publique d'achat du groupe américain Sapient, spécialiste de marketing et communication numériques, jusqu'au 7 janvier, afin de finaliser des démarches auprès des autorités américaines.
SES a enregistré une hausse (+2,24% à 30,84 euros). Le groupe luxembourgeois, deuxième opérateur mondial de satellites, a annoncé le lancement avec succès de son satellite Astra 2G, qui doit fournir des services de radiodiffusion nouvelle génération depuis le cosmodrome de Baïkonour.
Enfin, Pierre et Vacances a gagné 2,26% à 21,74 euros. Le groupe va se pourvoir en cassation à la suite de la décision du tribunal administratif de Grenoble de suspendre un arrêté de la préfecture de l'Isère qui autorisait la construction d'un Center Parcs.
Technicolor a fait un bond de 7,07% à 4,68 euros, poursuivant sa remontée dynamique entamée à la mi-décembre.
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