La Bourse de Paris accélère, galvanisée par la Fed
La Bourse de Paris accentuait nettement sa hausse (+2,49%) jeudi à la mi-journée, rassérénée par le discours de la banque centrale américaine et une nouvelle hausse du moral des entrepreneurs allemands.
A 12H20 (11H20 GMT), l'indice CAC 40 prenait 102,25 points à 4.214,16 points, dans un volume d'échanges de 1,6 milliard d'euros. La veille, il avait gagné 0,46%.
Après plusieurs séances erratiques, le marché a ouvert en hausse, rassuré par les propos de la Réserve fédérale américaine (Fed), avant de franchir le seuil des 2% en fin de matinée.
Les investisseurs craignaient que la Fed ne durcisse le ton, alors même que les marchés sont déstabilisés depuis plusieurs jours par la chute brutale du prix du pétrole et la crise financière en Russie.
La Fed a finalement indiqué qu'elle serait "patiente" avant de relever ses taux.
Sa présidente, Janet Yellen, a même indiqué, lors d'une conférence de presse qui a suivi la réunion de la banque centrale américaine, qu'il était "peu probable" qu'elle relève pour la première fois ses taux "au cours des deux prochaines réunions", ce qui repousserait une première hausse à après le 18 mars.
"Les marchés craignaient que la Fed ne durcisse le ton alors que la situation était compliquée avec la chute brutale du prix du pétrole et la crise financière en Russie, sans parler des élections grecques : un contexte de marché très fragile...", commente Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse.
"Les déclarations encourageantes de la Fed d’une part, ainsi que le rebond des cours du pétrole et la stabilisation du rouble d’autre part, rassurent pour un temps les marchés", ajoute-t-il.
Le discours de la Fed atténuait le risque de déception après le premier tour mercredi de l'élection présidentielle anticipée en Grèce, au terme duquel les députés ont échoué, sans grande surprise, à élire un nouveau président de la République.
Du côté des indicateurs, le baromètre Ifo du moral des entrepreneurs allemands, très suivi, a de nouveau grimpé en décembre, semblant confirmer l'éclaircissement des perspectives pour la première économie européenne.
Il s'est établi à 105,5 points ce mois-ci, contre 104,7 points en novembre.
"L'optimisme entourant la récente chute de l'euro et les perspectives de rachats d'actifs de la BCE pourraient donc avoir plus que compensé les inquiétudes concernant les événements en Grèce et en Russie, pour l'instant", analyse Jonathan Loynes, économiste en chef chez Capital Economics.
Les investisseurs ont également suivi avec attention l'intervention de Vladimir Poutine jeudi.
Le président russe a promis lors de sa conférence de presse annuelle que la Russie, qui traverse sa plus sévère crise monétaire depuis 1998 avec l'effondrement du rouble, renouerait avec la croissance dans le pire des cas dans deux ans.
"Nous allons utiliser les mesures que nous avons employées avec succès en 2008", a-t-il indiqué, se montrant cependant flou sur sa vision de l'évolution de la situation.
Outre-Atlantique sont également attendues plusieurs données macroéconomiques avec les demandes hebdomadaires d'allocations chômage, l'indicateur composite de l'activité économique en novembre et l'activité industrielle dans la région de Philadelphie pour le mois de décembre.
Du côté des valeurs, les bancaires soutenaient la progression du marché, à l'image de Société Générale (+3,73% à 35,15 euros), Crédit Agricole (+2,61% à 10,66 euros) et BNP Paribas (+2,94% à 48,88 euros).
Les valeurs industrielles étaient recherchées, comme Saint-Gobain (+3,60% à 34,79 euros) et Vinci (+3,89% à 44,82 euros).
Axa gagnait 4,39% à 19,03 euros, alors que Goldman Sachs l'a ajouté à sa liste de valeurs préférées en Europe.
Compagnie des Alpes était aussi en nette hausse (+4,28% à 15,10 euros). Le groupe s'est redressé en 2014 après une année 2013 en net recul et a relevé l'un de ses objectifs.
Plastivaloire prenait 4,77% 34,72 euros. La société a commencé à recueillir les fruits des restructurations engagées, qui lui ont permis de démultiplier sa rentabilité et de dépasser largement les objectifs qu'il s'était fixés.
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