La BCE dope la Bourse de Paris qui finit à son plus haut depuis juin 2008
La Bourse de Paris a clôturé à son plus haut niveau depuis juin 2008 (+1,06%), propulsée par les annonces de la Banque centrale européenne attendues depuis des semaines par les investisseurs,
L'indice CAC 40 a pris 47,73 points à 4.548,73 points, soit son plus haut niveau en clôture depuis le 19 juin 2008, dans un volume d'échanges plus soutenu qu'à l'accoutumée de 4,1 milliards d'euros. La veille, il avait terminé à l'équilibre (-0,06%) avant cette réunion décisive de l'institution européenne.
Le marché a tourné au ralenti toute la matinée. Les premières annonces de la BCE sur ses taux lui ont donné un premier coup de fouet, et les déclarations peu après de son président, Mario Draghi, ont porté l'indice vers un nouveau record en séance (4.577,7 points) et en clôture, mais sans céder à l'euphorie non plus.
"C'est un paquet de mesures très puissantes qui ont été annoncées, avec un montant relativement élevé de mesures entre 400 et 500 milliards d'euros", a commenté Alexandre Baradez, un analyste de IG.
"La hausse qui s'en est suivie a été nette mais sans être phénoménale, avec un premier jet sous l'effet de la baisse des taux et un deuxième jet lors de la conférence de presse de Mario Draghi", a-t-il poursuivi.
Le fait que l'ensemble des membres de la BCE aient manifesté leur unanimité "renforce la crédibilité des mesures", mais comme une "grande partie de ces mesure a déjà été anticipée, cela limite un peu l'envolée", a-t-il estimé.
L'indice est néanmoins revenu à des "niveaux symboliques importants", et la question est "maintenant de voir si cet ensemble de mesures aura un impact sur la croissance et va arriver à relancer le crédit en zone euro", selon lui.
"Le marché assimile les informations mais tout n'est pas encore terminé", a-t-il averti, puisque vendredi, l?enquête mensuelle sur l'emploi américain en mai est à l'agenda et ces chiffres "peuvent encore créer la surprise demain", avec un "risque de correction à l'horizon", a-t-il averti.
Dans ce contexte, les premiers pas en légère hausse de Wall Street sont un peu passés inaperçus, comme l'ont été avant cela les statistiques pour la zone euro publiées dans la matinée et marquées par un net rebond des commandes industrielles en Allemagne en avril ou la progression des ventes de détail dans la zone euro de 0,4% pendant le même mois.
Parmi les valeurs, Rémy Cointreau a joué au yoyo et terminé finalement en baisse (-0,53% à 67,24 euros), les investisseurs hésitant entre le retour à la croissance espéré par le producteur de spiritueux dès son prochain exercice et les performances actuelles médiocres, pénalisées par un marché chinois difficile.
Renault a largement bénéficié (+2,40% à 70,5) du relèvement de sa perspective à "positive par l'agence d'évaluation financière Standard & Poor's.
Les valeurs cycliques qui avaient beaucoup souffert de l'euro fort ont connu une embellie après les déclarations du président de la BCE et leurs conséquences sur la devise européenne en nette baisse. Schneider, par exemple a gagné 1,01% à 69,86 euros, Safran 1,90% à 50,58 euros et Airbus 1,77% à 53,48 euros.
Alcatel-Lucent a pris 1,99% à 2,92 euros, après que deux de ses syndicats ont donné leur aval aux mesures d'accompagnement du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) prévoyant finalement 600 suppressions de postes au lieu de 700.
Euronext (CAC 40)