Japon: qui sont les quatre candidats au poste de Premier ministre?

(AFP)

Le 29 septembre 2021

Un accro à Twitter, un diplomate feutré, une ultra-nationaliste fan de heavy metal et une féministe: voici les quatre candidats à la présidence du parti au pouvoir au Japon lors d’une élection interne mercredi, qui déterminera aussi le nouveau Premier ministre.

Taro Kono, le champion de la com’

Taro Kono, 58 ans, est populaire auprès de la base du Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice) et du grand public, mais beaucoup au sein de sa propre famille politique qui se méfie de ses envies réformistes et de ses opinions parfois en rupture avec la ligne du parti, même s’il a atténué récemment certaines d’entre elles, comme son opposition à l’énergie nucléaire.

En tant que ministre de la Réforme administrative depuis septembre 2020, il a déclaré la guerre à des pratiques administratives désuètes mais toujours courantes au Japon, comme l’usage des sceaux personnels (hanko) pour valider à l’encre des documents officiels.

Il était aussi chargé dans le gouvernement sortant de Yoshihide Suga de piloter la campagne nationale de vaccination anti-Covid. Après un démarrage poussif, il y a eu une accélération ces derniers mois: près de 60% de la population japonaise a désormais reçu deux doses.

Ayant aussi occupé précédemment les portefeuilles des Affaires étrangères et de la Défense, M. Kono communique fréquemment et habilement sur les réseaux sociaux: son compte Twitter en japonais est suivi par 2,4 millions de personnes, un record pour une personnalité politique dans le pays.

Libéral sur certaines questions de société – il s’est notamment prononcé pour le mariage homosexuel au Japon, interdit pour l’instant – ce descendant d’une grande lignée d’hommes politiques japonais est diplômé de la prestigieuse université américaine de Georgetown et très à l’aise en anglais, une exception dans le paysage politique nippon.

– Fumio Kishida, le modéré –

Agé de 64 ans, Fumio Kishida a été longtemps ministre des Affaires étrangères (2012-2017) dans le gouvernement de Shinzo Abe, qui l’avait considéré un temps comme son héritier naturel.

Son image d’homme de consensus au sein du PLD est un précieux atout, et lui-même se targue d’avoir une grande capacité d’écoute. Cet ancien banquier qui veut notamment lutter contre les inégalités sociales avec une « politique de générosité » cherche aussi à gommer l’impression terne qu’il dégage.

Ce modéré assure qu’il a changé depuis sa défaite à la précédente élection du président du PLD il y a un an, se disant persuadé désormais qu’il est « le leader qu’il faut à présent » pour le Japon.

Militant pour le désarmement nucléaire dans le monde, cet élu de Hiroshima (ouest du Japon) avait été l’artisan de la venue historique du président américain Barack Obama en 2016 dans cette ville dévastée par la bombe atomique en 1945.

Quand il était le chef de la diplomatie japonaise, M. Kishida avait aussi cherché à améliorer les relations entre Tokyo et Séoul, empoisonnées depuis des années par des contentieux historiques, mais les succès qu’il avait obtenus n’ont guère duré.

Sanae Takaichi, la « metal Lady »

Fervente admiratrice de Margaret Thatcher, Sanae Takaichi, 60 ans, a affirmé que comme l’ancienne « Dame de fer » britannique, elle n’hésiterait pas à prendre des mesures impopulaires si elle les jugeait nécessaires.

Cette fan de heavy metal et de moto dans sa jeunesse qui a occupé divers portefeuilles ministériels par le passé divise au sein du PLD, du fait notamment de ses positions ultra-nationalistes.

Elle refuse ainsi que le Japon s’excuse pour son passé militariste, comme l’ancien Premier ministre Shinzo Abe qui la soutient et qu’elle prend pour modèle.

Elle visite fréquemment le sanctuaire shinto de Yasukuni à Tokyo, un lieu honni par Séoul et Pékin car honorant notamment la mémoire de responsables politiques et militaires japonais condamnés pour crimes de guerre par les Alliés après la Seconde Guerre mondiale.

Seiko Noda, la féministe

Seiko Noda, ancienne ministre des Affaires intérieures également chargée de l’égalité hommes-femmes (2017-2018), n’a déclaré sa candidature qu’au dernier moment, ayant eu du mal à récolter le minimum requis de parrainages au sein du PLD. Ses chances paraissent ainsi très minces.

Agée de 61 ans, elle est notamment connue au Japon pour son long combat personnel pour devenir mère, à l’âge de 50 ans, grâce à une procréation médicalement assistée avec don d’ovules aux Etats-Unis, une procédure encore mal encadrée par la législation japonaise.

Elle a émis le voeu d’une société japonaise plus inclusive envers les femmes, mais aussi les enfants, les seniors et les personnes handicapées.

Le 29 septembre 2021

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