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Iran: les discussions nucléaires reprennent

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Le 16 juin 2014 à 7h02

Les négociations complexes et incertaines sur le nucléaire iranien reprennent lundi à Vienne, où Iraniens et Américains pourraient aussi ajouter à leur ordre du jour la défense d'un régime irakien en grand péril.

Une tâche ardue attend les négociateurs du "5+1" (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France et Allemagne) et de la République islamique, à l'approche de la date-butoir du 20 juillet, et tandis que des désaccords profonds persistent.

La représentante diplomatique européenne Catherine Ashton, qui pilote les négociations entre Téhéran et les "5+1", doit retrouver dans la journée le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif.

L'objectif est la transparence sur le programme nucléaire de Téhéran, et sa limitation pour garantir son caractère pacifique, en échange d'une levée des sanctions internationales.

L'accord espéré est négocié depuis le début de l'année, et en principe jusqu'au 20 juillet. S'il aboutissait, il pourrait mettre un point final à plus d'une décennie de tensions dangereuses autour de ce dossier.

Les deux parties négocient dans le cadre d'un accord provisoire conclu en novembre dernier. Elles ont envoyé pendant plusieurs mois des signaux encourageants.

La dernière session de négociations, en mai, devait même permettre de commencer la rédaction d'un accord. Mais l'avancée espérée n'a pas eu lieu, et tout paraît depuis très fragile.

"Il y a encore beaucoup de travail", convenait à la veille de revenir à Vienne une source diplomatique occidentale: "Sur les sujets les plus importants, il n'y a même pas d'esquisse de solution".

L'enrichissement d'uranium dans des centrifugeuses, qui permet à partir d'un haut degré de fabriquer le combustible d'une bombe atomique, reste le principal point d'achoppement.

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a réclamé cette semaine que l'Iran ramène son nombre de centrifugeuses à "quelques centaines", contre 20.000 actuellement.

La République islamique veut au contraire accroître leur nombre, pour alimenter une flotte de réacteurs produisant de l'énergie nucléaire à usage civil. L'argument laisse sceptiques les Occidentaux, qui soupçonnent l'Iran de vouloir enrichir de l'uranium à des fins militaires, ce qu'a toujours nié Téhéran.

"Tout accord avec l'Iran doit exiger un démantèlement significatif des infrastructures nucléaires iraniennes", a prévenu jeudi 12 juin le sénateur américain démocrate Robert Menendez, chef de la puissante Commission des Affaires étrangères du Sénat.

L'accord provisoire prévoit la possibilité de prolonger les discussions pendant six mois d'un commun accord.

- Entente Iran-USA sur l'Irak ? -

Mais cette option est politiquement risquée. Aux Etats-Unis, elle expose le président Barack Obama à devoir composer avec le prochain Congrès qui sera renouvelé en novembre, et devrait se montrer encore plus méfiant envers un accord avec l'Iran.

Et en Iran, le temps travaille aussi contre le président Rohani, qui est sous la pression de la frange conservatrice du régime, inquiète de l'avenir du programme nucléaire.

La flambée jihadiste en Irak, qui concerne directement Iraniens et Américains à travers leur allié commun à Bagdad, ajoute encore une inconnue à cette équation complexe.

Selon le Wall Street Journal dimanche soir, Washington et Téhéran, en froid depuis 34 ans, entameront sous peu des pourparlers directs sur une aide que les deux pays pourraient apporter au régime chiite de Bagdad, confronté à la progression fulgurante des jihadistes sunnites.

Samedi, le président Hassan Rohani semblait ne pas exlure une coopération avec les Etats-Unis sur ce sujet. Mais deux autres responsables ont exprimé dimanche des positions inverses.

"Nous n'avons pas engagé (de dialogue) et n'avons rien à présenter", a dit de son côté à l'AFP un responsable américain après les informations du "WSJ".

Le quotidien économique américain n'en affirme pas moins que des discussions sur l'Irak pourraient se tenir en marge des négociations nucléaires à Vienne.

Dans tous les cas, le début d'évacuation des ambassades occidentales à Bagdad, lundi matin, montre que le temps presse sur ce dossier.

Parmi la délégation américaine à Vienne figure Bill Burns, le chef-adjoint de la diplomatie américaine, qui a déjà mené un dialogue secret avec Téhéran.

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Le 16 juin 2014 à 7h02

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