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Guerre en Ukraine : la situation sur le terrain au 106e jour

(AFP)

AFP

Le 9 juin 2022

Le sort du Donbass se joue-t-il dans la ville clé de Severodonetsk ? Le président ukrainien Volodymyr Zelenski l'affirme et Kiev comme Moscou y concentrent leurs forces dans des combats acharnés et meurtriers avec pour objectif final le contrôle de cette région frontalière.

Voici un point de la situation au 106e jour de la guerre à partir d’informations des journalistes de l’AFP sur place, de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d’analystes et d’organisations internationales.

 Front est

L’Ukraine pourrait reprendre Severodonetsk « en 2, 3 jours » dès qu’elle disposera d’armes d’artillerie occidentales « de longue portée », a affirmé jeudi Sergueiï Gaïdaï, gouverneur de la région de Lougansk.

Mais en attendant, l’armée russe a repris du terrain ces derniers jours dans cette cité industrielle, essentielle pour le contrôle de l’ensemble du bassin minier du Donbass, et contrôle à nouveau « en grande partie » la ville, selon le gouverneur.

La situation y était jeudi « très dynamique » avec des combats de rue et des bombardements russes « constants » sur les zones encore contrôlées par les Ukrainiens.

La ville voisine de Lyssytchansk est entièrement contrôlée par l’armée ukrainienne mais subit des bombardements « puissants », a-t-il encore indiqué, accusant les forces russes de viser « délibérément » les hôpitaux et les centres d’aide humanitaire.

Les Russes mettent aussi la pression sur les deux fronts, Nord et Sud, destinés à prendre en étau les forces ukrainiennes dans l’Est.

Ils « ont augmenté leurs efforts pour avancer au sud d’Izioum », estime le ministère britannique de la Défense.

L’institut américain pour l’étude de la guerre (ISW) évoque pour sa part une volonté russe de « déborder les positions ukrainiennes dans la région » pour éviter des combats frontaux et traverser la rivière Siversky Donets.

L’ISW évoque aussi des combats autour des villes de Sviatohirsk, Lyman, Izioum et Slovyansk. Plus au sud, la région de Zaporijia est la cible d’attaques au sol et à l’artillerie des forces russes.

Front alimentaire

« L’impact de la guerre sur la sécurité alimentaire, l’énergie et les finances est systémique, grave et s’accélère », a alerté mercredi le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. « Pour les populations du monde entier, la guerre menace de déclencher une vague sans précédent de faim et de misère, laissant dans son sillage le chaos social et économique ».

Le blocage des ports ukrainiens par la flotte russe de la mer Noire, dont Odessa, principal port du pays, paralyse ses exportations de céréales, notamment de blé dont elle était avant la guerre en passe de devenir le troisième exportateur mondial.

Le président Zelensky a demandé l’exclusion de la Russie de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Kiev accusant Moscou de bloquer mais aussi de voler des céréales ukrainiennes. « Quelle y serait la place de la Russie si elle provoque la famine pour au moins 400 millions de personnes, voire plus d’un milliard? », a-t-il lancé.

 Otan et Russes en Baltique

Plusieurs dizaines de navires russes prenaient part jeudi à des exercices militaires dans la mer Baltique, zone stratégique qui fait l’objet de tensions croissantes et où l’Otan mène aussi des manœuvres.

Selon le ministère russe de la Défense, environ 60 navires et 40 avions et hélicoptères prennent part à ces exercices qui se déroulent également sur terre, dans des centres d’entraînement du territoire russe de Kaliningrad enclavé dans l’UE.

L’Otan se livre elle à l’exercice maritime Baltops 2022 jusqu’au 17 juin, hébergé par la Suède, candidate à l’Alliance avec la Finlande, et rassemblant 45 navires et 75 aéronefs de 16 pays.

Des dizaines de milliers de morts

Il n’existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit. Pour la seule ville de Marioupol (sud-est), tombée en mai au terme d’un terrible siège, les autorités ukrainiennes évoquent un bilan de l’ordre de 20.000 morts.

Sur le plan militaire, des sources militaires occidentales évoquent 12.000 à 15.000 soldats russes tués, quand Kiev affirme avoir abattu plus de 30.000 militaires ennemis.

Les forces ukrainiennes perdent chaque jour jusqu’à 100 soldats tués et 500 blessés, a déclaré jeudi le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov. Aucune statistique indépendante n’est disponible.

Un tiers des Ukrainiens déplacés ou réfugiés

Près de 5 millions d’Ukrainiens ont été enregistrés comme réfugiés dans 44 pays d’Europe depuis l’invasion russe du 24 février, a indiqué jeudi le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) de l’ONU.

Ils sont bien plus à avoir quitté le pays: plus de 7,3 millions de passages sans retour avaient été enregistrés à la date du 7 juin aux frontières ukrainiennes. 2,3 millions sont rentrés, précise le HCR.

L’Organisation internationale pour les migrations de l’ONU (IOM) estime par ailleurs que plus de 8 millions d’Ukrainiens ont été déplacés à l’intérieur du pays.

Avant l’invasion russe, l’Ukraine comptait 37 millions d’habitants sans compter les territoires qui n’étaient plus sous le contrôle de Kiev depuis 2014 et l’annexion de la Crimée par la Russie.

Le 9 juin 2022

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