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Grève SNCF: fin de l'examen de la réforme à l'Assemblée, une porte de sortie s'entrouvre

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Le 19 juin 2014 à 8h55

Au neuvième jour de grève à la SNCF, la mobilisation s'essouffle et une porte de sortie s'entrouvre: le patron de la CGT évoque un "tournant" après des avancées obtenues à l'Assemblée, où les députés doivent terminer jeudi l'examen du projet de réforme ferroviaire.

Les députés ont voté mercredi soir des amendements destinés à rassurer la CGT-Cheminots et Sud-Rail, à l'origine de cette grève, la plus longue depuis 2010 à la SNCF.

"Il y a effectivement des amendements qui aujourd'hui sont pris en compte", une "différence majeure" entre "ce qui était proposé" par le gouvernement et ce qui a été "voté", a déclaré jeudi matin sur RTL le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, pour qui l'action des cheminots "commence à payer".

Le mouvement va-t-il maintenant s'arrêter? "Sans doute qu'on arrive à un tournant dans la manière dont les cheminots vont s'exprimer", a-t-il estimé. Mais "les cheminots vont décider eux-mêmes" lors des assemblées générales sur tous les sites, a-t-il rappelé.

Ces déclarations ont agacé Sud-Rail. "Les médias, le gouvernement, la gauche, la droite, et même un responsable syndical national mettent en avant ce matin un amendement voté hier à l'Assemblée nationale pour justifier une possible fin de la grève", relève le troisième syndicat de l'entreprise dans un communiqué.

Même amendé, le projet est "loin de la revendication des grévistes" de créer "une seule entreprise publique", estime Sud-Rail, qui "appelle à maintenir l?unité syndicale et à poursuivre le mouvement de grève".

L'Unsa-Cheminots, deuxième syndicat, qui n'appelait pas à la grève mais portait avec la CGT et Sud des revendications communes, a salué jeudi des "avancées significatives".

Pour le président de la SNCF, Guillaume Pepy, "il est temps de se remettre au travail". Le patron de la SNCF estime à 153 millions d'euros le coût de la grève, "un tiers de notre résultat de l'année dernière. C'est énorme", affirme-t-il dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui en France.

De jour en jour, le taux de grévistes diminue. Selon les chiffres de la direction, il a baissé mercredi à 11,8% pour l'ensemble du personnel, contre près de 28% au premier jour.

Pour jeudi, sept trains sur dix devaient circuler en moyenne sur les grandes lignes, davantage pour les TGV est et nord, moins sur les liaisons sud-est et province-province.

Sur les lignes Intercités, le trafic reste dégradé, à peine supérieur à un train sur deux. Côté TER, deux trains sur trois devaient rouler en moyenne (trafic normal en Bretagne).

- A Paris, manifestation de soutien aux grévistes -

En Ile-de-France, où les prévisions font état de près de deux trains sur trois, des associations d'usagers du réseau Saint-Lazare, qui dessert le nord et l'ouest de la région, ont demandé mercredi "l'arrêt immédiat" du "calvaire" vécu "depuis maintenant une semaine".

A l'inverse, les unions régionales CGT, FO et Solidaires ont appelé les salariés à manifester à Paris pour soutenir les cheminots en grève.

Le projet du gouvernement vise à stabiliser la dette du secteur ferroviaire (44 milliards d'euros) et à préparer son ouverture totale à la concurrence. La réforme regroupe dans une holding publique la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), qui gère le réseau. Les deux entreprises avaient été séparées en 1997.

Le projet prévoit une organisation complexe avec trois établissements publics à caractère industriel (Epic), dont un, nommé SNCF, chapeautera deux filiales, "SNCF Mobilités" et "SNCF Réseau". Une "réunification de façade" qui ne résout pas l'endettement, selon la CGT-Cheminots et Sud-Rail.

Pour apaiser les craintes des cheminots, le secrétaire d'Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, a soutenu mercredi des amendements présentés par la majorité pour prévenir un éclatement du groupe. Il s'y était engagé dans un accord signé la semaine dernière avec la CFDT et l'Unsa.

Les députés ont ainsi adopté un texte écologiste soulignant "le caractère indissociable et solidaire" des trois entités.

Le Front de gauche a fait voter un amendement confirmant que le groupe SNCF est "l'employeur des agents et des salariés des trois Epic", une disposition qu'il jugeait importante pour convaincre les grévistes de cesser leur mouvement.

Les députés ont également voté la création d'un comité central d'entreprise au niveau du groupe.

Reste maintenant à connaître la réaction jeudi des grévistes réunis en assemblées générales.

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Le 19 juin 2014 à 8h55

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