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Grève: retards mais pas de perturbation majeure à Paris-Charles de Gaulle

(AFP)

AFP

Le 9 juin 2022

La grève de personnels de l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle a provoqué jeudi des retards sur les vols allant de 30 à 45 minutes en moyenne mais les points de contrôle restaient fluides, malgré la présence de 7 à 800 manifestants réclamant des hausses de salaire.

Les retards sont censés « se résorber vers 14h00 », a précisé le Groupe ADP qui s’est félicité d’avoir bien anticipé cette journée de grève, évitant ainsi de trop nombreux désagréments pour les voyageurs.

Mercredi, le gestionnaire de l’aéroport avait annoncé l’annulation d’une centaine de vols jeudi matin, soit un quart du programme prévu, afin de limiter les perturbations du trafic liées au mouvement social.

Dans le cortège des manifestants, appelés à se mobiliser devant le terminal 2E par sept organisations syndicales (CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa et SUD), le mot d’ordre était simple: 300 euros d’augmentation pour tous les salariés travaillant sur la plateforme de Roissy.

« Si on n’augmente pas les salaires, personne ne viendra », prévient Yves Joulin, secrétaire général Unsa à Air France. Avec la reprise rapide du trafic aérien, les aéroports se retrouvent submergés et en sous-effectif pour gérer les flux de voyageurs après deux ans de crise liée au Covid-19 lors desquels de nombreux salariés de l’aérien ont perdu leur emploi.

« Ca fait deux ans qu’on est en sous-effectif, on est tout le temps sous pression et le salaire ne suit pas », décrit Oumar Aw, salarié de Transdev Cargo, un sous-traitant d’Air France chargé du fret.

« Dans le fret on n’a pas connu la crise, on a toujours travaillé », ajoute son collègue, le délégué syndical CGT Hassan Echatoui. « Les masques livrés pendant la pandémie depuis la Chine, c’est nous », insiste-t-il, dénonçant des salaires minables, « les plus bas de toute la plateforme ».

Parmi les salariés mobilisés, beaucoup sont issus de la sous-traitance qui a beaucoup souffert pendant la crise sanitaire. Les donneurs d’ordre comme Air France, dont l’activité a été quasiment réduite à zéro en mars 2020, ont d’abord cherché à faire des économies dans les contrats les liant à ces sociétés.

« On n’a eu aucune augmentation de salaire depuis cinq ans », s’indigne Imad Dachroune, agent de piste chez 3S Alizia et délégué syndical Sud Aérien.

« Dans certaines entreprises comme chez AHP à Orly, il y a 80% d’intérimaires », dénonce-t-il. Il souligne aussi la dégradation des conditions de travail avec le retour brutal de l’activité: « chez nous, la moitié des salariés (sur 155) sont en arrêt maladie ou en accident du travail ».

Le 9 juin 2022

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